Oncologie digestive

Publié le 23 sept. 2026 à 10:43
Article paru dans la revue « AERIO / RIO » / AERIO - RIO N°11

Les abstracts qu'il ne fallait pas manquer

Étude RASolute-302, Wolpin BM, Wainberg ZA, Hendifar A, et al.

  • Patients concernés : Cancer du pancréas métastatique (mPDAC), prétraité par une ligne de chimiothérapie à base de 5-FU ou de gemcitabine, tout statut mutationnel RAS confondu (population principale RAS G12).

  • Design : Essai de phase III (n = 500) évaluant le dara­xonrasib (inhibiteur RAS(ON) multi-sélectif oral) versus chimiothérapie au choix de l'investigateur. Critères de jugement principaux co-primaires : survie gloable et survie sans progression dans la population RAS G12.

  • Résultats clés : Bénéfice majeur en SG dans la population RAS G12 (médiane 13,2 vs 6,6-6, 7 mois ; HR = 0,40 ; p inférieur à 0,0001), avec un taux de survie à 12 mois de 53,3 % vs 18,7 %. Bénéfice confirmé dans la population générale (HR = 0,40) et dans tous les sous-groupes, y compris indépendamment du statut mutationnel. Bénéfice également en SSP (HR = 0,45 en population RAS G12 ; HR = 0,49 en population générale) et amélioration de l'ORR. Profil de tolérance favorable : arrêts de traitement pour toxicité nettement réduits (1,2 % vs 11,2 %), un seul décès toxique (pneumopathie) vs aucun dans le bras daraxonrasib.

  • En pratique : Premier essai de phase III positif d'un inhibiteur RAS(ON) dans le cancer du pancréas métastatique prétraité, avec quasi-doublement de la survie globale et un profil de tolérance très favorable par rapport à la chimiothérapie standard. Résultats présentés en séance plénière, positionnant le daraxonrasib comme un nouveau standard potentiel en 2ème ligne du mPDAC.

Étude PEAK, Trent JC, Tap WD, Jones RL, et al.

  • Patients concernés : GIST avancée, en 2ème ligne après échec ou intolérance à l'imatinib.

  • Design : Essai de phase III (n = 413) évaluant l'association bézuclastinib-sunitinib versus sunitinib seul. Critère de jugement principal : survie sans progression (SSP) en revue centralisée indépendante en aveugle.

  • Résultats clés : Bénéfice significatif en SSP dans tous les sous-groupes (médiane 16,5 vs 9,2 mois ; HR = 0,50), avec réduction de 50 % du risque de progression ou de décès. ORR de 45,6 % (dont 6,4 % de réponse complète) vs 25,8 % pour le sunitinib seul. Bénéfice également observé en PFS 2 (temps jusqu'à progression sous la ligne suivante). Données de survie globale encore immatures (inférieur à 20 % d'événements). Toxicités de grade supérieur ou égale à3 comparables entre les deux bras.

  • En pratique : Premier essai de phase III positif en 2ème ligne de GIST depuis plus de 20 ans. Ces résultats pourraient faire de l'association bézuclastinib-sunitinib le nouveau standard de 2ème ligne, en remplacement du sunitinib seul.

Étude HERIZON-GEA-01, Rha SY, Shitara K, Liu T, Tabernero J, et al.

  • Patients concernés : Adénocarcinome gastro-œsophagien (œsophage/estomac) HER2-positif, localement avancé ou métastatique, non prétraité.

  • Design : Essai de phase III ouvert, randomisé (n = 914), comparant trois bras en 1ère ligne : zanidatamab (anticorps bispécifique anti-HER2) + tislelizumab (anti-PD-1) + chimiothérapie (CAPOX ou FP) ; zanidatamab + chimiothérapie seule ; trastuzumab + chimiothérapie (bras contrôle). Critères de jugement principaux : SSP et SG.

  • Résultats clés : Après un suivi médian de 26 mois, bénéfice significatif en SSP avec le zanidatamab +/- tislelizumab + chimiothérapie versus trastuzumab + chimiothérapie (médiane 12,4 vs 8,1 mois), soit une réduction du risque de progression ou de décès d'environ 35 %. Bénéfice également en OS (médiane 26,4 vs 19,2 mois pour le bras triplet), bien que non encore statistiquement significatif pour le bras zanidatamab + chimiothérapie seule à cette analyse, avec toutefois une tendance favorable. Davantage de toxicités de grade supérieur ou égale à3 dans les bras zanidatamab et davantage d'arrêts de traitement (8,5–11,9 % vs 2,3 %). Effet indésirable le plus fréquent : diarrhée, principalement au cycle 1, dans les trois bras.

  • En pratique : Première étude de phase III dans l'adénocarcinome gastro-œsophagien avancé à atteindre une PFS médiane supérieure à 1 an et une OS médiane supérieure à 2 ans. Le zanidatamab plus chimiothérapie, avec ou sans tislelizumab, se positionne comme un nouveau standard potentiel de 1ère ligne du mGEA HER2-positif, en remplacement du trastuzumab, sous réserve d'une gestion adaptée de la toxicité accrue.

Au-delà des incontournables

Étude EMERALD-3 STRIDE ± lenvatinib + TACE vs TACE dans le CHC non opérable éligible à l'embolisation. Abou-Alfa GK et al.
STRIDE + lenvatinib + TACE vs STRIDE + TACE vs TACE seul. Bénéfice en SSP dans les deux bras expérimentaux (HR = 0,70 et 0,71 vs TACE seul), tendance favorable en SG. Plus de toxicité dans les bras expérimentaux. Premier essai positif associant immunothérapie et TACE, potentiellement pratique-changeant.

Étude BREAKWATER (cohorte EC-FOLFIRI) Encorafenib + cétuximab + FOLFIRI en 1ère ligne du CCR métastatique BRAF V600E muté. Tabernero J et al.
Bénéfice en SSP (HR = 0,44) et en SG (HR = 0,56 ; médiane NA vs 20,3 mois) vs chimiothérapie ± bévacizumab, sans nouveau signal de toxicité. Confirme l'association encorafenib-cétuximab + chimiothérapie (FOLFOX ou FOLFIRI) comme standard de 1ère ligne.

Étude GALAXY (CIRCULATE-Japan) Association of circulating tumor DNA dynamics with clinical outcomes in the adjuvant setting for patients with colorectal cancer from an observational GALAXY study in CIRCULATE-Japan. Oki E et al.
Pas de bénéfice à prolonger la chimiothérapie adjuvante au-delà de 3 mois si ADNct négatif précoce ; bénéfice en revanche chez les répondeurs moléculaires partiels. Ouvre la voie à une durée de traitement adjuvant guidée par l'ADNct.

Étude CodeBreaK 300 (analyse ADNct) Circulating tumor DNA (ctDNA) clearance as an early indicator of sotorasib + panitumumab efficacy and prognosis in KRAS G12C–mutated colorectal ­cancer (mCRC): results from phase 3 CodeBreaK 300. Pietrantonio F et al.
Clairance de l'ADNct plus rapide et plus fréquente sous traitement, corrélée à la réponse scanographique et au pronostic (SSP/SG). Biomarqueur précoce potentiel dans cette population.

Oncologie digestive

Chloé CHATELET

Publié le 1790152996000