
Les abstracts qu'il ne fallait pas manquer
Étude RASolute-302, Wolpin BM, Wainberg ZA, Hendifar A, et al.
Patients concernés : Cancer du pancréas métastatique (mPDAC), prétraité par une ligne de chimiothérapie à base de 5-FU ou de gemcitabine, tout statut mutationnel RAS confondu (population principale RAS G12).
Design : Essai de phase III (n = 500) évaluant le daraxonrasib (inhibiteur RAS(ON) multi-sélectif oral) versus chimiothérapie au choix de l'investigateur. Critères de jugement principaux co-primaires : survie gloable et survie sans progression dans la population RAS G12.
Résultats clés : Bénéfice majeur en SG dans la population RAS G12 (médiane 13,2 vs 6,6-6, 7 mois ; HR = 0,40 ; p inférieur à 0,0001), avec un taux de survie à 12 mois de 53,3 % vs 18,7 %. Bénéfice confirmé dans la population générale (HR = 0,40) et dans tous les sous-groupes, y compris indépendamment du statut mutationnel. Bénéfice également en SSP (HR = 0,45 en population RAS G12 ; HR = 0,49 en population générale) et amélioration de l'ORR. Profil de tolérance favorable : arrêts de traitement pour toxicité nettement réduits (1,2 % vs 11,2 %), un seul décès toxique (pneumopathie) vs aucun dans le bras daraxonrasib.
En pratique : Premier essai de phase III positif d'un inhibiteur RAS(ON) dans le cancer du pancréas métastatique prétraité, avec quasi-doublement de la survie globale et un profil de tolérance très favorable par rapport à la chimiothérapie standard. Résultats présentés en séance plénière, positionnant le daraxonrasib comme un nouveau standard potentiel en 2ème ligne du mPDAC.
Étude PEAK, Trent JC, Tap WD, Jones RL, et al.
Patients concernés : GIST avancée, en 2ème ligne après échec ou intolérance à l'imatinib.
Design : Essai de phase III (n = 413) évaluant l'association bézuclastinib-sunitinib versus sunitinib seul. Critère de jugement principal : survie sans progression (SSP) en revue centralisée indépendante en aveugle.
Résultats clés : Bénéfice significatif en SSP dans tous les sous-groupes (médiane 16,5 vs 9,2 mois ; HR = 0,50), avec réduction de 50 % du risque de progression ou de décès. ORR de 45,6 % (dont 6,4 % de réponse complète) vs 25,8 % pour le sunitinib seul. Bénéfice également observé en PFS 2 (temps jusqu'à progression sous la ligne suivante). Données de survie globale encore immatures (inférieur à 20 % d'événements). Toxicités de grade supérieur ou égale à3 comparables entre les deux bras.
En pratique : Premier essai de phase III positif en 2ème ligne de GIST depuis plus de 20 ans. Ces résultats pourraient faire de l'association bézuclastinib-sunitinib le nouveau standard de 2ème ligne, en remplacement du sunitinib seul.
Étude HERIZON-GEA-01, Rha SY, Shitara K, Liu T, Tabernero J, et al.
Patients concernés : Adénocarcinome gastro-œsophagien (œsophage/estomac) HER2-positif, localement avancé ou métastatique, non prétraité.
Design : Essai de phase III ouvert, randomisé (n = 914), comparant trois bras en 1ère ligne : zanidatamab (anticorps bispécifique anti-HER2) + tislelizumab (anti-PD-1) + chimiothérapie (CAPOX ou FP) ; zanidatamab + chimiothérapie seule ; trastuzumab + chimiothérapie (bras contrôle). Critères de jugement principaux : SSP et SG.
Résultats clés : Après un suivi médian de 26 mois, bénéfice significatif en SSP avec le zanidatamab +/- tislelizumab + chimiothérapie versus trastuzumab + chimiothérapie (médiane 12,4 vs 8,1 mois), soit une réduction du risque de progression ou de décès d'environ 35 %. Bénéfice également en OS (médiane 26,4 vs 19,2 mois pour le bras triplet), bien que non encore statistiquement significatif pour le bras zanidatamab + chimiothérapie seule à cette analyse, avec toutefois une tendance favorable. Davantage de toxicités de grade supérieur ou égale à3 dans les bras zanidatamab et davantage d'arrêts de traitement (8,5–11,9 % vs 2,3 %). Effet indésirable le plus fréquent : diarrhée, principalement au cycle 1, dans les trois bras.
En pratique : Première étude de phase III dans l'adénocarcinome gastro-œsophagien avancé à atteindre une PFS médiane supérieure à 1 an et une OS médiane supérieure à 2 ans. Le zanidatamab plus chimiothérapie, avec ou sans tislelizumab, se positionne comme un nouveau standard potentiel de 1ère ligne du mGEA HER2-positif, en remplacement du trastuzumab, sous réserve d'une gestion adaptée de la toxicité accrue.
Au-delà des incontournables
Étude EMERALD-3 STRIDE ± lenvatinib + TACE vs TACE dans le CHC non opérable éligible à l'embolisation. Abou-Alfa GK et al.
STRIDE + lenvatinib + TACE vs STRIDE + TACE vs TACE seul. Bénéfice en SSP dans les deux bras expérimentaux (HR = 0,70 et 0,71 vs TACE seul), tendance favorable en SG. Plus de toxicité dans les bras expérimentaux. Premier essai positif associant immunothérapie et TACE, potentiellement pratique-changeant.
Étude BREAKWATER (cohorte EC-FOLFIRI) Encorafenib + cétuximab + FOLFIRI en 1ère ligne du CCR métastatique BRAF V600E muté. Tabernero J et al.
Bénéfice en SSP (HR = 0,44) et en SG (HR = 0,56 ; médiane NA vs 20,3 mois) vs chimiothérapie ± bévacizumab, sans nouveau signal de toxicité. Confirme l'association encorafenib-cétuximab + chimiothérapie (FOLFOX ou FOLFIRI) comme standard de 1ère ligne.
Étude GALAXY (CIRCULATE-Japan) Association of circulating tumor DNA dynamics with clinical outcomes in the adjuvant setting for patients with colorectal cancer from an observational GALAXY study in CIRCULATE-Japan. Oki E et al.
Pas de bénéfice à prolonger la chimiothérapie adjuvante au-delà de 3 mois si ADNct négatif précoce ; bénéfice en revanche chez les répondeurs moléculaires partiels. Ouvre la voie à une durée de traitement adjuvant guidée par l'ADNct.
Étude CodeBreaK 300 (analyse ADNct) Circulating tumor DNA (ctDNA) clearance as an early indicator of sotorasib + panitumumab efficacy and prognosis in KRAS G12C–mutated colorectal cancer (mCRC): results from phase 3 CodeBreaK 300. Pietrantonio F et al.
Clairance de l'ADNct plus rapide et plus fréquente sous traitement, corrélée à la réponse scanographique et au pronostic (SSP/SG). Biomarqueur précoce potentiel dans cette population.

Chloé CHATELET

