
Quel est ton parcours ?
Dr Laurent SUCHET.- J'ai fait toutes mes études à Marseille, puis j'ai débuté après l'internat en tant que chef de clinique à la Timone dans l'unité de sclérose en plaques. Je me suis ensuite installé en ville en 2001 ; deux neurologues m'ont contacté et je me suis associé avec eux. Mon activité comportait uniquement des consultations au cabinet et je donnais des avis dans des hôpitaux privés, psychiatriques et SSR certaines journées. Au bout d'un moment, nous avons aussi développé une activité dans une MSP (gérée par des mutuelles) jusqu'en 2015. Ensuite, j'ai commencé à travailler à l'hôpital Européen (ESPIC – établissement de santé privé d'intérêt collectif) puisque les équipes cherchaient un neurologue, et j'ai complété l'équipe qui comportait 2 autres collègues. En plus de mon planning de consultations, je donnais des avis et suivait des patients hospitalisés dans un service étiqueté « neurochirurgie, rachis, neurologie et gériatrie ». Peu à peu l'hôpital, qui est récent, depuis 2013 seulement, s'est agrandi avec l'ouverture de service de gériatrie, post-UHTCD, médecine interne/infectiologie et hématologie, et depuis pas longtemps des HDJ post-réanimation géré par les réanimateurs ! Je travaille 4 jours par semaine à l'hôpital Européen et je peux hospitaliser mes patients en HDJ pour réaliser des bilans ou les traiter (biothérapie dans les SEP, anti-CGRP, ponctions lombaires, bilan cognitif, ...). Le fait de travailler dans une structure hospitalière, y compris en étant libéral, nous permet de prescrire des médicaments « à prescription hospitalière » par exemple. 90 % des médecins de l'hôpital européen sont des libéraux sans être salariés.
Quels sont les points positifs de ton activité ?
Dr L. S.- Je peux réaliser les bilans moi-même, participer à des staffs pluridisciplinaires et discuter de dossiers compliqués (typiquement ; je suis des patients qui ont des encéphalites auto-immunes, paranéoplasiques) en étant libéral.
Quels conseils pourrais-tu donner aux internes ?
Dr L. S.- Plusieurs éléments ; choisir son mode d'exercice en réfléchissant à la géographie, l'envie de garder ou non une activité hospitalière sans oublier sa personnalité.
Il faut trouver le bon endroit, se renseigner et ne pas hésiter à rencontrer les collègues, savoir si l'on préfère travailler seul en autonomie totale ou être entouré d'une équipe. Il existe pleins de projets partout, il faut rencontrer les personnes, ne pas se freiner, et il y a du besoin partout ! La neurologie ne s'exerce pas qu'à l'hôpital ! On peut faire beaucoup de choses sans garder les patients hospitalisés, les HDJ sont des beaux exemples !
As-tu développé d'autres activités en plus du soin ?
Dr L. S.- Dès le début de ma carrière, j'ai souhaité conseiller les laboratoires en donnant un point de vue médical sur des projets. Je participe régulièrement à des symposiums nationaux, je suis aussi sollicité pour participer à des études et publier.
Je travaille aussi avec des prestataires de services (j'ai par exemple participé à l'élaboration d'une plateforme sécurisée d'échanges pour le suivi de patients). Je vais souvent à des congrès internationaux (AAN, ECTRIMS,...) et je rapporte les avancées dans des réunions nationales ou régionales, des soirées post-congrès, des journaux (la lettre du neurologue par exemple !) ; je participe à l'éducation et à la pédagogie médicale. Avec le temps, je me suis aussi impliqué dans l'association des neurologues libéraux de langue française (ANLLF) et je suis maintenant le président. Je fais partie du conseil d'administration de la SFSEP et je participe à la commission de certification dans le développement professionnel continu de la FFN.
En dégageant du temps personnel, on peut développer ou intégrer plusieurs projets !

Dr Pierre-Andréa CERVELLERA
Marseille

