Nutrition infantile : les 1 000 premiers jours

Publié le 10 mai 2022 à 06:58

La nutrition précoce représente un moyen d’intervention privilégié pour agir sur la santé du nourrisson et celle de l’adulte à venir.

La qualité de la nutrition précoce est un déterminant majeur de la santé ultérieure de l’adulte. C’est le concept des 1 000 jours en pédiatrie. Ces 1 000 jours vont de la conception jusqu’à l’âge de 2 ans. Cette période clé du développement est considérée comme une fenêtre d’intervention privilégiée pour agir sur la santé du nourrisson et celle de l’adulte à venir. C’est ce qu’on appelle la « programmation nutritionnelle ». Le Dr Hugues Piloquet (CHU de Nantes) souligne « qu’un environnement nutritionnel optimisé à cette période de la vie peut réduire l’incidence future des maladies chroniques comme l’obésité, les dyslipidémies, les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 ».

Le lait maternel ou infantile a une place primordiale dans l’alimentation du nourrisson. Le lait maternel est l’aliment lacté de référence, recommandé par l’Organisation mondiale de la santé, de manière exclusive les six premiers mois et en complément d’une alimentation diversifiée jusqu’à l’âge de 2 ans. En pratique, le Dr Piloquet a insisté sur trois points.

1 - Les apports protéiques : « C’est lors des deux premières années que la croissance est la plus rapide et elle est étroitement liée aux apports protéiques », a-t-il expliqué. Une étude récente a montré que l’utilisation de formules lactées à taux de protéines élevé (jusqu’à 3,2 g/100 kcal) est associée à un gain de poids supérieur à celui qui est associé au lait maternel, pendant les deux premières années de vie. Et ce gain pondéral persiste. « Ces données, a souligné Hugues Piloquet, ont conduit à modifier les formules des laits infantiles et il faut utiliser celles qui ont un faible taux de protéines si le poids de l’enfant est normal à la naissance. ». Certaines se rapprochent maintenant du lait maternel avec 1,2 g de protéines pour 100 mL et sont intéressantes pour les enfants qui ne sont pas allaités au sein.

2 - La diversification alimentaire : elle doit être débutée entre 4 et 6 mois. C’est une période où les enfants acceptent facilement les nouveaux aliments. Les études montrent que lorsqu’elle a lieu avant 6 mois, la diversité alimentaire à 7 ans est plus importante.

3 - La prévention de l’allergie : il faut identifier les enfants à risque (un parent, un frère ou une soeur avec histoire de dermatite atopique, urticaire, rhinite allergique ou asthme). Pour ceux qui ne sont pas allaités au sein, il faut utiliser dès la naissance et jusqu’à l’âge de 6 mois un lait hypoallergénique (HA) parmi les formules dont l’efficacité préventive sur le risque allergique a été démontrée par des études cliniques.

D’après la communication du Dr Hugues Piloquet (CHU de Nantes) lors de la « Journée Médecins Généralistes et Internes » organisée par les laboratoires Guigoz (Nestlé).

Article paru dans la revue “Association des Juniors en Pédiatrie” / AJP n°11

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