Le silence des objets, l’écho de nos liens - Affeksjonverdi

Publié le 26 nov. 2025 à 12:35
Article paru dans la revue « AFFEP / Le Psy Déchaîné » / AFFEP - Le Psy Déchaîné N°35

Une critique de film signée Omar Saoudi, psychiatre, jeune marié et cinéphile passionné depuis l'enfance grâce à son père. Il nous emmène au cœur d'Affeksjonverdi, le dernier film haletant de Joachim Trier, sorti le 20 août 2025, qu'il a eu le plaisir de découvrir en avant-première.

Pour mon premier exercice en la matière, je voudrais vous présenter le nouveau film norvégien « Affeksjonverdi » (en anglais : « Sentimental Value »). Dans notre pratique, nous avons l'habitude de recueillir le point de vue du patient. Lorsqu'il s'agit des enfants et des adolescents, c'est la perspective du jeune et des parents que l'on reçoit. Dans son sixième long métrage, Joachim Trier nous propose le point de vue d'un objet neutre : d'une maison familiale. C'est un objet qui est, en théorie, dénué d'émotion. Comment se sentirait-elle s'il n'y avait personne à l'intérieur ? Ou au contraire, s'il y avait trop de monde ? Qu'éprouverait-elle si on cassait un verre ? De la douleur ? De la tristesse ? Le réalisateur prend la liberté d'explorer ce sujet dans les premières scènes du film et nous fait réfléchir sur les sentiments d'un objet inanimé.

Le silence des objets,  l’écho de nos liens - Affeksjonverdi

Tout au long du film, nous suivons la vie d'une jeune comédienne Nora, interprétée par Renate Reinsve. Nous observons ses relations familiales complexes, notamment celle avec son père, qui réapparaît dans sa vie après plusieurs années à la suite du décès de sa mère. Gustav Berg, interprété par Stellan Skarsgard, est le père de la protagoniste. C'est un grand comédien et réalisateur à la retraite reconnu sur le plan international. Après l'enterrement de son ex-épouse, il propose à sa fille de jouer le rôle principal dans son nouveau film. Nous comprenons assez vite que ce film représente une de ses œuvres les plus personnelles. Joachim Trier s'approprie admirablement le concept du film dans le film. Il passe d'une finesse des scènes du « vrai film » vers celui réalisé par Gustav. Des scènes parfois mutiques entre le père et sa fille représentent parfaitement la quintessence de leur relation : des silences qui sont plus violents que la colère ressentie par Nora envers son père. Ce film raconte également la nostalgie de revenir dans sa maison familiale, de se rappeler de ses souvenirs, ses aventures, ses expériences qui résonnent différemment pour chaque individu. D'un point de vue personnel, j'ai trouvé ce long métrage particulièrement émouvant. Il nous pousse à réfléchir sur nos relations interpersonnelles familiales, amoureuses et amicales, ainsi que sur nos relations avec des objets inanimés, comme une maison familiale, une vieille console ou encore un doudou que l'on possédait à l'âge de 6 ans.

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Le silence des objets,  l’écho de nos liens - Affeksjonverdi

1. Short term 12
Grace dirige un foyer pour adolescents en difficulté. L'arrivée d'une jeune fille rebelle bouleverse l'équilibre du centre et ravive les blessures passées de Grace. Un film de Destin Daniel Cretton.
2. Boyhood
De l'enfance à l'adolescence, Mason grandit entre séparations, déménagements et retrouvailles, au rythme des choix de ses parents. Un film de Richard Linklater.
3. Démolition
Brisé par la perte de sa femme, Davis, un banquier accompli, s'enfonce dans le désespoir malgré le soutient de son entourage. Un film de Jean-Marc Vallée.
4. I, Daniel Blake
Victime d'un système absurde, Daniel Blake, menuisier malade, lutte pour ses droits et noue une solidarité touchante avec une mère en difficulté. Un film de Ken Loach
5. Little miss sunshine
La famille Hoover embarque dans un road trip chaotique et touchant pour réaliser le rêve de la petite Olive de devenir Little Miss Sunshine. Un film de Valérie Faris et Jonathan Dayton.

Omar Saoudi

Publié le 1764156955000