
Réforme du troisième cycle
Quel qu'ait été notre avis pour la réforme du troisième cycle, celle-ci est entrée en application en novembre 2017. Il est de notre responsabilité vis-à-vis des internes « ancien régime » et « nouvelle formule » de la mener à pleine efficience. Les promotions plus anciennes ont, elles aussi, une exigence de qualité pour leur formation. Les premiers mois d’application de la réforme ont mis en exergue les égarements et les lacunes des nouveaux textes. Une grande partie du travail est donc de permettre à chacun de s’exprimer. Et dans une réforme de 44 spécialités dans 29 subdivisions cela n’est pas une mince affaire ! Il s’agit pour nous de collecter les informations, de sonder et d’amener devant le bon interlocuteur chaque spécialité. En ce sens, nous travaillons à faire émerger pour chaque DES un interlocuteur pour la plateforme SIDES. Il est absolument essentiel qu'il y ait un « retour utilisateur » des cours qui sont mis en ligne ! Même combat, les « comités de suivi de la réforme », qui voient leur première session actuellement, sont le lieu d’exprimer, spécialité par spécialité, les problèmes rencontrés. Une bonne représentation des internes dans les DES n’a jamais été aussi importante.
Parallèlement, nous n’oublions pas les trois spécialités en grève l’année dernière : Cardiologie, Hépato-gastro-entérologie et Néphrologie. Elles demandent une année supplémentaire. Nous les guidons dans la constitution de leur dossier et dans leur travail d’explication. Nous espérons une réponse pour courant juillet.
Mais construire la pédagogie c’est aussi s’intéresser à la structure même de la réforme. Les chantiers sont là : construire une méthode d’évaluation des stages et des enseignements par les internes qui puisse être exploitable nationalement, relancer les discussions autour de la phase III, négocier les modalités d’accès aux Formations spécifiques transversales (FST) et aux options.
Et encore quelques dossiers importants
Comment ferons-nous pour valider un second DES au cours de notre carrière ?
Les médecins seront-il « certifiés et recertifiés » ?
Et nous gardons un oeil sur la réforme du second cycle proposée par l’ANEMF.
Les risques psycho-sociaux : Nous revendiquons le droit d’être heureux en médecine
Pour cela, 4 axes
- Parce qu’il y a une difficulté incontournable, la souffrance de nos patients face à notre humanité : Comment apprendre à un jeune médecin à appréhender leur environnement extérieur stressant ?
- Parce que nous ne sommes pas des « super-héros » : Comment détecter et accompagner nos confrères en détresse ou simplement en questionnement ?
- Parce que nous devrons prévenir plutôt que guérir, les conditions de travail doivent être améliorées :
- Faire respecter le repos de garde.
- Faire respecter les 48 heures de travail hebdomadaires : OUI mais avec des plages additionnelles.
- Quel respect entre les professionnels ?
- Comment lutte-t-on contre le harcèlement ? - Parce que notre métier est avant toute chose de soigner, il faut remettre du sens à notre pratique et notre formation :
- Nous demandons un audit sur le temps médical réel réalisé par les internes l’hôpital.
- Et nous rejoignons la réforme du troisième cycle : Comment permettre à chacun d’avoir une formation adaptée à son projet professionnel :
- Les stages doivent être évalués (encore une fois).
- Nous devons permettre à chacun de faire un stage en libéral et dans le privé s’il le désire.
Plages additionnelles
L’Europe fixe la durée maximale de travail hebdomadaire à 48h. Nos études montrent que les dépassements excessifs du temps de travail sont un facteur indépendant de risques psychosociaux. Parce que les réformes abruptes sont le nid des tensions et vont à contresens de la lutte pour le bien-être à l’hôpital, nous revendiquons les mêmes mesures que pour les PH : Des plages additionnelles. Certains services ont besoin de temps, permettons- leur de payer les demies-journées « en trop » que réalisent leurs internes le temps de se réorganiser !
Territorialité : Proposer pour ne pas se faire imposer ! Repenser pour rénover !
Pourquoi les universitaires ne sont qu’au CHU ? Peut-on faire de la recherche et de l’enseignement en dehors du CHU ?
Je veux faire de l’enseignement mais pas de la recherche. Je veux faire de la recherche mais pas de l’enseignement à gogo : la fin de la triple valence enseignement, recherche clinique est-il une part de la solution ?
Je veux faire de la recherche mais je n’ai pas le temps avec mon activité clinique : ne doit-on pas contractualiser le temps universitaire ?
Comment désigne-t-on un chef de service ? Doit-il vraiment être « U » ?
Comment découvrir la médecine libérale si on n’y est jamais allé ?
On me propose un poste d’assistant partagé : cela correspond à quoi ? Que vais-je y faire ?
Comment faire travailler ensemble médecine de ville, médecine de campagne, PH d’hôpital général et PU de CHU ?
Ne devons-nous pas créer des « équipes territoriales » de soin ?
Comment faire pour que les médecins reviennent vraiment à une activité de soin réelle ?
Quels sont les missions du CHU ?
Quelles facturations ? Quelles rémunérations ?
Voilà les questions que posera l’ISNI dans son livre blanc en 2018.
Suite au prochain épisode.
Article paru dans la revue “Le magazine de l’InterSyndicale Nationale des Internes” / ISNI N°19

