
• L'intelligence arti cielle (IA) et les systèmes d'aide à la décision pharmaceutique ;
• L'IA générative ;
• Les télésoins ;
• La cybersécurité ;
• La robotisation – automatisation - digitalisation ;
• Et la responsabilité populationnelle.
Ces axes ont été sélectionnés lors d'un jeu interactif de priorisation, qui a permis d'évaluer les sujets selon leur potentiel d'innovation, leur impact sur les pratiques professionnelles, les attentes du terrain et la faisabilité de mise en œuvre.
L'IA au service des missions pharmaceutiques
Face à la montée en puissance des enjeux de la santé numérique et de l'IA, le SYNPREFH fait le choix d'un engagement structuré. L'IA ne doit pas être subie mais comprise, analysée, encadrée. À travers sa feuille de route numérique, le syndicat identifie l'IA comme un levier prioritaire de transformation des pratiques pharmaceutiques hospitalières. Elle s'invite à chaque maillon de la chaîne pharmaceutique hospitalière, apportant potentiellement son appui dans de nombreuses missions du pharmacien.
Qu'il s'agisse de systèmes d'aide à la décision, de synthèse automatisée de dossiers médicaux, de retranscription d'un entretien grâce à des outils de reconnaissance vocale enrichis par des modèles de langage avancés (LLM), de modélisation thérapeutique ou encore d'outils prédictifs sur la consommation de médicaments, les cas d'usage se multiplient. Mais leur développement suppose un écosystème cohérent : données ables, systèmes interopérables, professionnels formés. L'enjeu est double : améliorer la qualité de la prise en charge et préserver le rôle stratégique du pharmacien dans un hôpital numérique.
Le SYNPREFH propose une démarche collective : cartographier les besoins, mutualiser les retours d'expérience, renforcer les liens avec les concepteurs de solutions. Il défend l'émergence d'un « pharmacien augmenté », formé aux enjeux technologiques, capable de dialoguer avec les éditeurs et de sécuriser l'usage de l'IA dans le soin. Loin de remplacer le professionnel, l'IA doit être un outil au service de son expertise. C'est cette vision, exigeante et pragmatique, que porte aujourd'hui le syndicat.
Un plan d'action ciblé
Le plan d'action issu de l'atelier s'articule autour de la formation, de la communication, de l'évolution réglementaire et du soutien à l'innovation. Parmi les mesures proposées :
• Soutenir les projets intégrant l'IA et redéfinir le rôle du « pharmacien augmenté » ;
• Cartographier les usages de l'IA générative et former les professionnels ;
• Encourager l'intégration des pharmaciens dans les dispositifs de télésoin ;
• Participer à l'élaboration d'un guide de cybersécurité dédié aux pharmacies hospitalières ;
• Soutenir le déploiement à plus grande échelle de solution de digitalisation et d'automatisation en soutenant les appels à projets, promouvoir l'interopérabilité en soutenant l'objectif de coder le médicament dans son environnement clinique ;
• Promouvoir l'approche populationnelle comme levier d'action en santé publique.
Une dynamique collective à renforcer
Cet atelier aura permis non seulement de hiérarchiser les priorités, mais aussi d'initier une dynamique collective en faveur d'une digitalisation maîtrisée et pertinente. La transformation numérique est en marche : il s'agira désormais d'en faire une opportunité pour renforcer le rôle stratégique des pharmaciens hospitaliers dans un système de santé en pleine mutation.

Dre Mélissa BOISGONTIER
Pharmacienne et coordinatrice exécutive du SYNPREFH

