KESAKO ?!? interne médaille d’or

Publié le 25 mai 2022 à 12:35


Pour qui ? Pourquoi ? Quand ? Comment ?

L’internat Médaille d’Or est un dispositif peu connu mis en place par les centres hospitaliers universitaires (CHU) français et permettant de réaliser une année supplémentaire d’internat à l’issu de son cursus normal de diplôme d’études spécialisées (DES).

Cette année supplémentaire s’obtient sur concours ; concours pour lequel toutes les spécialités médicales et chirurgicales sont rassemblées.

Précisons d’emblée que les modalités du concours, le nombre de places et le déroulement de l’année d’Internat Médaille d’Or sont très variables d’un CHU à l’autre.

 Dans l’optique du concours, il faut bien souvent réaliser un dossier de candidature décrivant votre projet, exposant votre curriculum vitae et vos titres et travaux. L’appui de lettre de recommandation est vivement conseillé. Une soutenance orale accompagne la plupart du temps ce dossier.

Comme nous le précisions plus haut, il n’y a aucune règle nationale qui régit ce type de concours. Sachez cependant qu’il n’est pas obligatoire d’être thésé avant de prendre son poste d’interne Médaille d’Or, cette année pouvant d’ailleurs parfaitement servir à terminer un travail de thèse. Cependant, la poursuite de travaux scientifiques (mise en place de protocole de recherche dans le cadre ou non d’un Master 2 ou d’une thèse de sciences/sciences humaines) est vivement encouragée. Si vous n’avez pas l’âme d’un scientifique, certains CHU acceptent que vous présentiez un projet de travail clinique innovant (d’autant plus s’il n’est pas déjà proposé au sein de l’institution).

En termes de rémunération, vous percevez généralement celle d’un interne de dernière année de votre spécialité (donc de 4e année pour la psychiatrie) avec les mêmes primes. Si vous avez votre thèse de médecine, vous pouvez parfaitement prendre des gardes de séniors, dans le cas contraire, vous pouvez rester sur le tour de garde des internes. La question des gardes n’est pas consensuelle, certaines subdivisions n’imposent pas à leurs internes Médaille d’Or de faire des gardes, d’autres le font.

D’un point de vue statutaire, il y a quelques subtilités : « interne Médaille d’Or » n’est qu’un statut de recrutement au sein d’un CHU, un contrat d’un an à part, qui fait bien souvent beaucoup référence au statut de l’interne dans le code de Santé Publique mais ne vous y trompez pas, vous n’êtes plus « interne DES  », si vous avez déjà votre thèse d’exercice vous n’êtes même plus étudiant (en médecine en tout cas).

Mais finalement à quoi cela sert-il ? A plusieurs choses en fait : démarrer ou poursuivre un travail de recherche, monter un dispositif de soin innovant, le tout possiblement en attendant un poste qui se libérera l’année suivante. La plupart du temps, l’interne Médaille d’Or dispose d’une très grande autonomie et cette année peut servir (si le règlement local l’autorise) à faire une disponibilité à l’étranger. Les équipes de recherche étrangères apprécient d’autant plus les internes Médaille d’Or qu’ils arrivent avec leur financement et sont donc un « bonus » non négligeable pour leur laboratoire.

Enfin, l’obtention du titre d’ancien interne Médaille d’Or peut être un plus dans un dossier hospitalo-universitaire. Pour l’anecdote, cette mention fait partie des quelques-unes véritablement autorisées à paraître sur votre plaque si vous choisissiez de vous installer un jour en libéral.

Pour conclure, si vous êtes intéressés, nous ne pouvons que vous conseiller de vous rapprocher des Directions des Affaires Médicales de vos CHU qui vous donneront les modalités précises de ce concours. Le calendrier est souvent le suivant : dépôt des candidatures en début d’année civile, concours en mai ou juin, début de l’année Médaille d’Or le 2 novembre. En fonction des subdivisions, les places peuvent être convoitées ou non mais du fait de la rigueur économique qui touche actuellement les CHU français, le nombre de poste Médaille d’Or a tendance à diminuer ces dernières années.

Alexis LEPETIT
Coordinateur Syndical AFFEP

Article paru dans la revue “Association Française Fédérative des Etudiants en Psychiatrie ” / AFFEP n°15

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