
Le 21 juin dernier, l'AGOF a organisé à Paris sa toute première Journée de Formation en Santé Sexuelle, un événement inédit conçu par et pour les jeunes gynécologues-obstétriciens et gynécologues médicaux.
L'objectif de cette journée était de proposer un espace de formation sur des thématiques encore trop peu abordées dans nos cursus, mais pourtant au cœur de notre pratique : genre, sexualité, parcours de soins, vécu corporel et identitaire. Le projet, né de l'impulsion de deux internes bénévoles de l'AGOF, Radostina Vasileva et Michel-Gabriel Cazenave, a pris forme grâce à une mobilisation collective et à l'appui logistique de partenaires engagés.
Une matinée de conférences plénières
La journée a débuté par une série de conférences engageantes, pensées pour éveiller la réflexion et nourrir la pratique clinique. Elle s'est ouverte par un format participatif original, le “Bingo des VSS” (violences sexistes et sexuelles), conçu pour questionner notre vigilance face à ces situations en consultation.
Le Dr Samuel Salama (AIUS) a ensuite proposé un topo général sur la santé sexuelle, suivi d'une intervention sur la ménopause et sa prise en charge. Le Dr Ségolène Thouvenot (Polyclinique Majorelle – ELSAN) a ensuite développé les liens entre PMA et santé sexuelle, avant que le Dr Charlotte Patte.
(Polyclinique Majorelle – ELSAN) n'aborde les enjeux de la statique pelvienne et de la sexualité. Enfin, le Dr Sandrine Guinebretière (Santé Atlantique – ELSAN / CoReSS) a présenté un topo sur les parcours de transition et la santé sexuelle, introduit par un quizz pédagogique interactif désormais disponible sur l'application AGOFlash.
Les conférences du matin ont été captées par Pédagogie Numérique en Santé (PNS) et feront l'objet d'un replay accessible aux membres de l'AGOF, de l'AIGM et de l'ANESF. Le lien sera diffusé prochainement et nous espérons qu'il sera largement consulté.

Un après-midi porté par les concernées
L'après-midi a été consacré à des ateliers en petits groupes de 45 minutes, animés non pas par des médecins, mais par des personnes concernées, patientes expertes ou membres d'associations engagées. Ce choix fort a permis de déplacer le regard pour ouvrir la formation à des vécus ancrés dans le réel.
Bunna De Medeiros et Fleur Pliskin, intervenantes au sein des projets Jasmine et Lotus Bus de Médecins du Monde, ont animé un atelier sur l'accueil et la prise en charge des travailleuses du sexe. Elles ont partagé leur expérience de terrain, particulièrement évolutif depuis le COVID et les attentes des patientes qu'elles accompagnent, et les freins au suivi gynécologique pour ces publics souvent stigmatisés et isolées.
Fanny Poirier, psychologue au sein de l'Espace Santé Trans, a présenté les grandes notions autour des identités LGBTQIA+, et rappelé les points de vigilance nécessaires pour garantir un accueil bienveillant et respectueux en consultation. Cet atelier faisait écho au topo du matin sur la transidentité et a permis un approfondissement concret des enjeux soulevés.
Sophie Kune, fondatrice de la plateforme Ménopause Stories, a abordé le vécu de la ménopause à travers les témoignages qu'elle collecte. Cet atelier a mis en lumière les besoins souvent invisibilisés des femmes ménopausées et l'importance d'une écoute globale en consultation.
Enfin, Coralie Marjorelle, intervenante auprès de l'association Imagyn, a partagé les parcours après un cancer gynécologique et les répercussions sur la sexualité. À travers son témoignage, elle a rappelé la nécessité de prendre en charge ces questions avec tact, continuité et ouverture.

Une mobilisation bénévole et collective
L'événement a rassemblé une trentaine de participantes, issus principalement des rangs de l'AGOF, mais aussi de l'AIGM (internes en gynécologie médicale) et de l'ANESF (étudiantes sages-femmes). L'organisation a été rendue possible grâce à l'engagement de 4 orateurices, 5 intervenantes d'ateliers, 3 encadrantes AGOF, 2 personnes d'ELSAN, 3 membres de PNS, soit 17 personnes bénévoles mobilisés avec passion pour rendre cette formation gratuite et accessible à toutes et tous.
Un immense merci à Anne Pourtavassoli pour l'accueil dans les locaux d'ELSAN, ainsi qu'à toutes les intervenantes pour leur temps et leur générosité.
Et surtout, un grand bravo à Radostina et Michel- Gabriel, cheville ouvrière de ce projet, qui ont su imaginer une journée vivante, engagée et profondément humaine.

Et après ?
Cette première édition a permis de faire émerger des discussions indispensables autour de la santé sexuelle, au croisement des pratiques médicales, du vécu des patientes, et des enjeux sociaux. Elle a démontré le besoin de formations transversales, contextualisées et ancrées dans le réel.
L'AGOF espère vivement reconduire cette journée chaque année. Et pour cela, nous avons besoin de forces vives ! Celles et ceux qui souhaitent contribuer à la prochaine édition peuvent nous écrire par message privé sur les réseaux sociaux ou à l'adresse suivante : [email protected]
Radostina VASILEVA
& Michel-Gabriel CAZENAVE
Pour l'AGOF

