
Le risque de cancer du sein augmente avec l'âge : si toutes les femmes vivaient au-delà de 70 ans, 1 femme sur 8 aurait ou aurait eu un cancer du sein.
La collaboration entre oncologue et gériatre est capitale dans la prise en charge : il existe un réel bénéfice du traitement chez les personnes âgées :
- Un avis gériatrique après une RCP d'oncologie entraîne 28 à 40 % de modification de la proposition initiale et dans ces cas-là, 66 % de « désescalade » thérapeutique.
- Un effet positif est noté sur la réalisation du traitement, la toxicité, la satisfaction du patient et la communication.
- L'âge est un facteur prédictif indépendant des effets indésirables associés au traitement, notamment lorsqu'on s'appuie sur les résultats d'essais menés auprès d'adultes jeunes.
La réflexion autour d'un traitement adjuvant est souvent difficile. La chimiothérapie ne doit pas être abandonnée au prétexte de l'âge. Le gain éventuel de survie doit toujours être mis en balance avec l'espérance de vie et les toxicités.
Entre 70 et 80 ans, l'impact de l'inobservance des traitements adjuvants sur le surrisque de décès explose. L'observance des traitements est directement liée à la perception du risque par les patientes, transmise au travers de la consultation d'annonce par son oncologue. Les patients nécessitent une explication claire de la balance bénéfices (préservés voire supérieurs) et risques (modérés) du traitement sous couvert d'une surveillance étroite et d'un arrêt possible du traitement en cas de toxicité rédhibitoire.
Dr Selma BEN LETAIFA
Gériatre, Hôpital Émile Roux APHP
Pour l'association des jeunes gériatres

