RSNA 2018 - trois points majeurs

Publié le 16 mai 2022 à 08:42


Au coeur de la troisième ville des Etats-Unis et bordant le lac Michigan, Chicago accueille chaque année le RSNA. Pendant 5 jours la ville se transforme en un lieu d’innovation, de transformation et de recherche en radiologie.

Résumer en quelques lignes ce congrès est impossible mais ces trois points sauront vous montrer à quel point il m’a passionné.

L’intelligence Artificielle, thème majeur des JFR 18, poursuit son ascension dans le nombre de présentations et publications. Tous les acteurs sont unanimes, le radiologue de demain ne disparaîtra pas mais gagnera en efficacité grâce à des outils modernes, efficaces et pratiques.

La modernité s’illustre par la solution de Google “AutoML” (ML pour Machine Learning). Actuellement disponible pour des applications comme la traduction ou l’analyse de texte (repérage de lieu, de personnages,...) cette technologie s’adapte désormais à l’analyse d’image médicale.

Sans connaissance ou presque en Machine Learning et en utilisant les solutions clés-en main de Google, on peut par exemple déployer un algorithme de classification de densité mammaire grâce à ses propres images.

Faut-il pour autant considérer les solutions IA de Google comme aussi faciles qu’une requête sur leur moteur de recherche éponyme ? La constitution d’une base de données de qualité et la connaissance des limites actuelles de modèle sont les principales limites. Affaire à suivre !

Le PDG d’Arterys (acteur majeur actuellement du marché de l’IA), Fabian Becker insiste sur l’efficacité et le potentiel d’une plateforme de Cloud dans l’interprétation. Gain de temps, en efficacité et transformation majeure dans la gestion du temps du radiologue sont les thèmes majeurs. Une lésion se suit et se caractérise plus facilement par exemple.

NVIDIA, leader de l’informatique visuelle, qui occupe probablement la carte graphique de votre ordinateur, propose lui dans son “Deep Learning Institute” des outils de segmentation cérébrale, d’introduction au deep learning, d’annotation multiples d’examen et de gestion création de modèle d’analyse.

L’exposition technique est probablement le plus impressionnant quand on arrive à McCormick Place. Tous les constructeurs déploient leurs dernières nouveautés.

Lors du premier passage, car il en faut probablement une dizaine pour tout voir, on est attiré par les machines qui sont exposées telles des oeuvres d’art. Probablement moins artistiques que les oeuvres de Monet au ma gnifique Art Institute de Chicago, les dernières innovations sont impressionnantes.

L’IRM 7T, avec actuellement deux appareils en France, dont j’ai eu la chance de connaître des précisions technique grâce à un ingénieur de Stanford travaillant pour GE : multiples applications, notamment en neuroradiologie dans le domaine de l’épilepsie avec une netteté incroyable des noyaux gris.

La nouvelle IRM de Philips (Ingenia Ambition) réduit considérablement la quantité d'Hélium nécessaire au refroidissement de l’aimant. Un temps d’installation réduit et la gestion beaucoup plus efficace des incidents sont les avantages de la machine.

Grâce aux casques d’imagerie virtuelle, les images se projettent directement sur le patient lorsqu’il est en décubitus. Solution idéale pour le radiologue pour bien repérer la lésion, ces systèmes sont très impressionnants et une vraie plus-value pour le patient.

Enfin, un écran d’environ 3 mètre de diagonale, utilisé dans de nombreuses faculté aux USA qui affiche de magnifique reconstruction VRT au centre de l’écran et permet de défiler les coupes natives sur le côté. Amusant et ludique, surtout pour apprendre l’anatomie et facilement visualiser les structures d'intérêt.

The Bean et sa vue panoramique de la ville en reflet rendent Chicago magnifique.

Le RSNA donne lui aussi un miroir et un avenir radieux pour la radiologie.

Dans la formation, avec les nombreux cas cliniques du jour dans l’ensemble des spécialités. Des challenges y sont proposés et les cas sont plus ou moins accessibles.

Dans la recherche, avec beaucoup de contact avec des radiologues universitaires internationaux, des responsables d’industrie, des internes ou chefs internationaux.

Dans le devenir de la radiologie. Les publications sont beaucoup moins alarmistes que que les articles annonçant la disparition de notre profession, lucides sur la nécessité de nous former à l'informatique et pragmatique sur l'utilisation assistée des algorithmes.  Le radiologue est placé au centre du parcours patient avec son rôle qui évolue avant, pendant et après l’imagerie. C’est un problème dont les américains commencent à se soucier, la France ayant déjà pris les devant avec une formation clinique des radiologues et une organisation des soins dont l’objectif est d’être et de rester un médecin radiologue.

Enfin, en tant qu’interne, le congrès est très bien organisé. J’ai eu la chance d’y aller avec et grâce au Pr Pruvo, chef de neuroradiologie à Lille que je remercie fortement. On se construit son propre programme de présentation, l’ensemble des exposant est extrêmement ouvert pour discuter : aucun complexe à être jeune aux USA, on échange avec des ingénieurs de Google ou des radiologues internationaux sans soucis.

Concentré d’innovation, de savoir et de progrès, le RSNA est à l’image des concerts de jazz et boite de la ville de Chicago.

On assiste chaque jour à un véritable récital, grâce à l’ensemble des présentations de recherche internationales et des équipes françaises présentes en nombre mais aussi des innovations en intelligence artificielle et dans les développements techniques.

Article paru dans la revue “Union Nationale des Internes et Jeunes Radiologues” / UNIR N°34

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