Actualités : Neuromodulation

Publié le 29 juil. 2026 à 18:27
Article paru dans la revue « AJMER / AJMERAMA » / AJMERAMA N°10

Les outils de neuromodulation de plus en plus accessibles font déjà partie du paysage de la MPR aussi bien en recherche clinique qu'en pratique courante : il s'agit par exemple de la TMS, TCDS et la SNV.

La Stimulation Magnétique Transcranienne (SMT)

La TMS, par le biais de la propagation d'un courant électrique dans une bobine de cuivre générant un champ magnétique modifiant celui d'un tissu excitable (ici les cellules cérébrales (neurone et interneurone). Cette variation du champ magnétique va produire un courant électrique responsable de la production d'un potentiel d'action à l'origine d'une activation ou d'une inhibition d'une zone cérébrale ciblée. Le potentiel activateur ou inhibiteur dépend de la fréquence, du type de stimulation (single pulse, répétitive/rTMS, burst/tbTMS), de son mode d'administration (continue, discontinue), mais également du moment à laquelle la stimulation est déclenchée dans une oscillation cérébrale. La TMS sera plus développée au prochain numéro… !


La stimulation du nerf vague (SNV)

À mi-chemin entre la stimulation invasive (si implantation chirurgicale autour du nerf vague) et non invasive (avec des dispositifs transauriculaires), la SNV est un outil de neuromodulation à l'étude tant chez l'animal que chez l'Homme. Le nerf vague, par la réception d'informations de ses fibres afférentes, envoie des informations au cortex cérébral après plusieurs relais au niveau du tronc cérébral. Le nerf vague est stimulé au moyen d'impulsions électriques (selon des paramètres prédéterminés). Lorsqu'elles sont administrées après des gestes précis et jugés comme correctement effectués avec le membre supérieur, la SNV permettrait même plusieurs années après un AVC de récupérer de la fonction motrice (Dawson et al, Lancet, 2021). L'une des hypothèses avancées est qu'elle permettrait d'abaisser le seuil d'excitabilité corticale et de favoriser la plasticité cérébrale. Au contraire, lorsque le nerf vague est stimulé lors d'une crise d'épilepsie, il permettrait d'augmenter le seuil d'excitabilité des neurones en cours de décharge. La SNV aurait aussi un rôle anti-inflammatoire périphérique. La compréhension physiologique du rôle d'adaptabilité de la SNV n'est pas encore comprise et est à l'étude.
Plus d'infos sur la SNV dans l'interview de Juliette LECLERC dans ce numéro !


Schambra and Hays, The Journal of Physiology, 2024

La stimulation directe transcranienne (SDtC)

Elle consiste en l'administration d'un courant électrique via l'apposition de deux électrodes : une anode et une cathode. Ce courant traverse le crâne et atteint les neurones en modifiant leur potentiel de membrane. Bien que son intensité soit insuffisante pour générer un potentiel d'action, cette modulation n'est pas sans effet. Elle pourrait influencer le timing et le seuil de déclenchement des potentiels d'action, mais aussi agir sur les oscillations cérébrales, la plasticité neuronale, ainsi que sur des mécanismes moléculaires et structurels au niveau des cellules cérébrales. De manière générale, une stimulation cathodique appliquée sur la zone cible tend à induire une inhibition, tandis qu'une stimulation anodique favorise plutôt une activation neuronale. Ces effets neurophysiologiques seraient à l'origine des modifications comportementales, cognitives et neuropsy-chologiques observées après l'administration de la tDCS. Enfin, la tDCS pourrait également influencer la vascularisation cérébrale, la circulation du liquide céphalo-rachidien, et avoir différents effets sur les cellules gliales et microgliales.

Références

Valero-Cabré et al., Revue Neurologique, 2011.
• Klooster et al., Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 2016.
• Zrenner et al., Brain Stimulation, 2018.
• Wang et al., Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 2021.
• Schambra and Hays., The Journal of Physiology, 2024.
• Wang et al.,Neuroscience, 2025.
• Lewis et al., Frontiers in Neuroscience, 2025.

Anne-Charlotte LERICK


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