
Qu’est ce que l’économie vous évoque ?
Personnellement c’est un mot qui ne me donne pas très envie et me rappelle simplement que pour que nous puissions continuer à vivre librement et avec les privilèges que nous connaissons en France, il faut que l’économie se porte bien et pour cela le citoyen que je suis, va devoir fournir un travail durant une grande partie de sa vie pour la faire tourner.
Mais cette vision très capitaliste qui généralise largement l’économie de marché où la vie d’un pays et ses citoyen·ne·s est dictée par ses activités économiques et où l’allocation des ressources semble dépendre de la capacité d’un pays, d’une entité ou d’un individu à s’élever plus haut que les autres quitte à avancer seul·e, est-elle unique ?
Aujourd’hui l’économie de marché a prouvé sa supériorité pour obtenir une économie mondiale efficace mais l’humain y est délaissé, tout n’est que question de chiffre, de profits, de compétitivité et d’attractivité.
Heureusement il existe d’autres modes d’économie comme l’économie sociale et solidaire (ESS) dans laquelle les associations ont une place importante !
L’ESS est une économie dont la finalité sociale est fondamentale.
L’entreprise ou l’entité va utiliser ses bénéfices au service d’une cause. Son objectif premier n’est pas lucratif.
Elle porte un projet collectif le plus souvent à finalité sociale et/ou environnementale.
Ces entités se distinguent aujourd’hui principalement par leur forme juridique (associations, coopératives, mutuelles, fondations, ...), mais aussi par les valeurs de l’ESS qu’elles respectent.
Elles mettent en pratique une ou plusieurs des valeurs fédératrices de l’ESS :
>> Les hommes et les femmes sont au coeur de l’économie et en constituent la finalité: la personne et l’objet social priment sur le capital
>> L’adhésion aux projets et aux structures est ouverte et volontaire,
>> La gestion est démocratique : élection des dirigeant·e·s, une personne une voix (et non une action une voix), mise en place d’instances collectives de décision,
>> La répartition des profits est très règlementée : constitution de fonds propres impartageables, la majeure partie des excédents est non redistribuable
>> La gestion est autonome et indépendante des pouvoirs publics, mais la coopération avec les pouvoirs publics y est développée
>> Les principes de solidarité et de responsabilité guident la mise en place des actions
L’économie sociale et solidaire assume aussi des missions de service public que l’Etat n’est pas en capacité d’exercer ou qu’il exerce dans des conditions moins efficaces et moins favorables aux usagers, comme le fonctionnement des agoraé de la FAGE par exemple.
L’ESS est très diverse et sa définition fluctuante car on y trouve aussi bien des entreprises leaders dans l’économie de marché, que des associations de taille très variable.
Aujourd’hui les associations du réseau la FAGE comme l’ANESF ou la FAGE elle-même sont inscrites dans le champ de l’ESS de par leur modèle de fonctionnement et leurs projets.
Il est même question d’emploi dans l’ESS, pas uniquement de bénévoles puisqu’on estime qu’en 2015 entre 10 et 11% des emplois salariés en France s’inscrivaient dans le champ de l’ESS.
Comme quoi, il est possible d’allier les contraintes économiques mondiales actuelles avec des valeurs humaines et sociales !
Pour approfondir la réflexion, je vous conseille cet article d’Erick Roussel, journaliste et historien qui évoque l’ESS comme une autre approche de la richesse : https://www.cairn.info/ revue-marche-et-organisations-2008-2-page-61. htm
«Les AGORAé sont des espaces d’échanges et de solidarité qui se composent d’un lieu de vie ouvert à tou.te.s et d’une épicerie solidaire accessible sur critères sociaux. Portées et gérées par des jeunespour des jeunes, les AGORAé sont des lieux non-stigmatisants oeuvrant pour l’égalité des chances d’accès et de réussite dans l’enseignement supérieur.» d’après www.fage.org
Maxime DOUINE,
Trésorier de l’ANESF
Article paru dans la revue “L’Engagement” / ANESF n°41

