Interaction entre hématologie et oncologie

Publié le 26 nov. 2025 à 13:00
Article paru dans la revue « AJG / La Gazette du jeune gériatre » / AJG N°39

Quelle gestion pratique des toxicités hématologiques à court et moyen terme ?

Thombopénie

La prise en charge d'une thrombopénie en oncologie relève principalement de la prévention de celle-ci et de l'adaptation des divers traitements du patient. Si nécessaire, il est possible de transfuser en plaquettes : prescription d'un produit déplasmatisé. En cas de transfusion inefficace, il faut réaliser une recherche anti-HLA. Il existe maintenant des agonistes TPO (thrombopoïétine) que l'on administre parfois dans un contexte de syndrome myélodysplasique (SMD) ou après des CART-Cell.

Neutropénie

Concernant les neutropénies induites par chimiothérapie cytotoxiques, il faut éviter l'injection de facteurs de croissance granulocytaires (GCS-F) avant J2 pour limiter l'impact médullaire. Les inhibiteurs de CDK4/6 (iCDK4/6) et les inhibiteurs de PARP (iPARP), induisent des neutropénies mais rarement fébriles.

Anémie

L'objectif des patients sous chimiothérapie est d'avoir une hémoglobine à supérieure à 12g/dl : on peut donc prescrire pour atteindre ce seuil (et sans le dépasser) de l'Epoiétine ou de la Darbopoiétine.

Si hémoglobine est inférieure à 11g/dl et la ferritine à 100ng/ml, il y a indication à administrer du fer IV.

En cas de supplémentation par fer per os, il ne faut pas dépasser une prise par jour et 1 jour sur 2 pour permettre une meilleure absorption et limiter la toxicité du fer per os.

Intérêt des chip

Les CHIP (Clonal Hematopoiesis of Indetermined Potentiel) sont des clones hématopoïétiques dans le sang ou la moelle avec un fraction de variant allélique (Variant Allelic Fraction - VAF) à plus de 2 %. Lorsque ces clones évoluent, ils peuvent aboutir à des cytopénies persistantes inexpliquées que nomme les CCUS (Cytopénie Clonale de Signification Indéterminée) voire une hémopathie par la suite.

Les CHIP sont des clones sur lesquelles on retrouve plusieurs mutations possibles. En filtrant ces CHIP on peut repérer les variants tumoraux, identifier les cibles thérapeutiques pour optimiser l'utilisation de certains traitements comme les inhibiteurs de PARP.

Ces CHIPS sont présentes dans 95 % de la population à tous les âges. Il ne faut pas les rechercher de manière systématique. Le score CHRS aide à déterminer le risque d'hémopathie à 10 ans de la découverte de leur CHIP. 

Dr Selma BEN LETAIFA
Gériatre, Hôpital Émile Roux APHP

Pour l'association des jeunes gériatres

Publié le 1764158451000