
MALTE
L’Association Médicale Maltaise a lancé le 30 janvier dernier un appel à la grève après l’échec des négociations concernant la privatisation de 3 hôpitaux et leur reprise par la société américaine Steward Healthcare.
FINLANDE / ANGLETERRE
La British Medical Association (BMA) a apporté son soutien à Sakris Kupila, un étudiant en médecine finnois de 21 ans qui demande une revision du Finland trans Act. Actuellement un changement de genre à l’état civil n’est possible uniquement si une personne est reconnue comme souffrant de troubles mentaux et se fait stériliser.
Dans une lettre au Premier ministre finlandais, la BMA évoque des traitements médicaux qui sont contraires aux droits de l’Homme et demande, en ligne avec l’association Médicale Finlandaise, l’abrogation de ces obligations.
Le 24 janvier dernier l’Association Médicale Turque a publié un document mettant en garde contre les conséquences délétères de la guerre sur la santé physique, mentale, sociale et sur l’environnement. Suite à ce communiqué, les membres élus de l’Association Médicale Turque ont été harcelés, intimidés et finalement arrêtés le 30 janvier. Le ministère des Affaires internes de Turquie a déposé plainte contre l’Association Médicale Turque et le procureur général d’Ankara a ouvert une enquête. De plus, le ministère de la Santé a déposé une autre plainte, reprochant aux dirigeants de l’Association Médicale Turque de s’exprimer sur des sujets qui sont au-delà de leur spectre d’action.
Cependant, il est du devoir des médecins d’avertir les gouvernements en cas de situation mettant en péril la communauté.
La déclaration de Genève, version actualisée du serment d’Hippocrate, mentionne :
"JE PRENDS L’ENGAGEMENT SOLENNEL de consacrer ma vie au service de l’humanité ;
JE CONSIDÉRERAI la santé et le bien-être de mon patient comme ma priorité ;
JE RESPECTERAI l’autonomie et la dignité de mon patient ;
JE VEILLERAI au respect absolu de la vie humaine ;
JE NE PERMETTRAI PAS que des considérations d’âge, de maladie ou d’infirmité, de croyance, d’origine ethnique, de genre, de nationalité, d’affiliation politique, de race, d’orientation sexuelle, de statut social ou tout autre facteur s’interposent entre mon devoir et mon patient (…) ;
JE N’UTILISERAI PAS mes connaissances médicales pour enfreindre les droits humains et les libertés civiques, même sous la contrainte."
Les réactions de la communauté médicale ne se sont pas faites attendre, et ont été vives. La communauté médicale mondiale, sous l’égide de l’Association Médicale Mondiale, condamne activement une telle situation, le non respect de la liberté d’expression et l’atteinte aux droits fondamentaux de l’Homme dont a fait preuve le gouvernement turc.
Le vendredi 2 février, 3 membres de l’Association Médicale Turque ont été relâchés, puis les 8 autres le lundi 5 février, mais, ils restent cependant sous contrôle judiciaire.
QUÉBEC
Les internes québécois (appelés médecins résidents) sont en conflit avec leur gouvernement concernant le temps de travail, les congés pour études, les congés maternité, et leur rémunération. Actuellement les internes travaillent en moyenne 72 heures par semaine, ceci n’incluant pas le temps de préparation à leurs examens de certification, pour un salaire de 44 552$, en première année. Ce salaire avoisine, selon le Dr Lemieux, président de la Fédération des Médecins Résidents du Québec, le salaire minimum au Canada de 12$ de l’heure. D’autre part, les résidentes, pendant les congés maternité ne touchent pas leur pleine rémunération.
Par conséquent, les résidents demandent la reconnaissance de congés pour étude, une revalorisation salariale globale, et un salaire à taux plein pour les résidentes en congé maternité. En négociation depuis mars 2015, la Féderation des Médecins Résidents du Québec, qui regroupe les quatre associations de médecins résidents liés aux établissements du réseau universitaire de santé de Montréal, McGill, Sherbrooke et Laval à Québec et représente quelques 3 600 membres, a annoncé l’adoption, le 5 février dernier, d’une résolution visant à mettre en place des moyens de pression sur le gouvernement afin de se faire entendre. Les médecins résidents de la province se disent prêts à aller jusqu’à la grève générale.
Audrey FONTAINE,
Vice-présidente Affaires Internationales, ISNI
Article paru dans la revue “Le magazine de l’InterSyndicale Nationale des Internes” / ISNI N°19

