Regards Croisés : Interview de Florent et François, leur retour d’expérience sur Keydiag

Publié le 16 mai 2022 à 15:02


Florent, François, vous avez soutenu votre thèse il y a 6 mois, évaluant Keydiag sur une problématique traumatique, lésions du bassin pour Florent, lésions du rachis pour François. Comment vous êtes-vous retrouvés saisis de ces sujets ?
Florent : Dans le contexte des gardes, nous sommes confrontés à des traumatismes sévères du bassin dans les CHU et les centres de référence, pour lesquels il est nécessaire de classer les fractures et d’évaluer la stabilité. Il est difficile de trouver les classifications sur internet, puis de les manipuler et de les appliquer en pratique aux images du scanner. L'intérêt d'avoir un logiciel qui nous donne une trame de lecture, c’est d’être guidé étape par étape, en prenant les lésions les unes après les autres, et de façon interactive, jusqu’à sortir le résultat selon la classification pertinente, par exemple Judet et Letournel pour l'acetabulum. Il s’agissait de mesurer, quantifier scientifiquement les apports de ce logiciel.

Soutenance de thèse le 15 octobre 2020 à Toulouse sur le « compte rendu structuré informatisé visuel des traumatismes du bassin : apports diagnostics et décisionnels »

François : À la recherche d’un travail de thèse, les Professeurs Marie Faruch et Nicolas Sans de Toulouse m’ont fait connaître le Docteur Jean Noël Ravey. Grâce à lui, j’ai découvert Keydiag qu’il gère à Grenoble. Nous avons développé la partie traumatismes du rachis. L’évaluation des comptes-rendus structurés correspondait à la partie résultats de la thèse.

Est-ce que les résultats étaient à la hauteur de vos espérances ?
Florent : Oui, nous avons évalué les CR faits en garde sans le logiciel, et ceux faits à l’aide du logiciel, par des chirurgiens. Le CR est bien meilleur avec l’aide du logiciel car les chirurgiens étaient clairement plus satisfaits des comptes rendus, avec une clarté plus importante, des informations plus pertinentes, plus complètes, et une conclusion qui leur apparaissait plus solide et les aidait davantage pour prendre les décisions thérapeutiques.

François : pas complètement. La crise du COVID nous a retardé sur le développement du logiciel. Nous espérions un compte rendu structuré plus complet. Cependant, les résultats restaient concluants malgré tout. La souplesse de Keydiag nous permettra à l’avenir d’enrichir et d’améliorer cette partie.


Evaluation des CR libres et CR Keydiag par les chirurgiens selon une échelle de Likert (0 = nul ; 1 = insuffisant ; 2 = moyen ; 3 = bon ; 4 excellent) : distribution des notes pour la facilité d’extraction des informations, la qualité linguistique et le degré de confiance


Comparaison entre le CR Libre et le CR Keydiag des critères clés présents pour les fractures de l’acetabulum et de l’anneau pelvien (en %)


 Comparaison des critères clés présents dans le CR classique (libre) et le CR Keydiag, dans les fractures rachidiennes au bodyscanner du déchoquage

 Y a-t-il d’autres fonctionnalités que tu as trouvé intéressantes ?
Florent : Le point intéressant du logiciel, audelà de proposer des résumés de patterns fracturaires os par os, c’est qu’en fonction des différents clics, à la fin des étapes d’analyse des différentes fractures, on se voit proposer un schéma récapitulatif qui divise l’anneau pelvien en hémi-arcs résumant les zones lésées et orientant sur la stabilité. Ce qui permet d’avoir une synthèse visuelle de tout ce qu’on a pu décrire avant, avec le CR textuel à côté. C’est un format qui n’avait pas encore été fait, et qui est une façon efficace de conclure sur la stabilité du bassin dans son ensemble, plutôt que de décrire séparément les lésions sans faire le lien entre elles, quand on ne maîtrise pas bien la classification de Tile.

François : La centralisation des connaissances en radiologie type « wikipédia », intégrées aux algues est très bien (NDLR : algue : modèle de raisonnement arborescent dans Keydiag permettant de structurer un compte rendu). L’intégration future de l’intelligence artificielle dans Keydiag est prometteuse.


Représentation schématique finale des lésions selon les concepts d’arc antérieur/postérieur et d’hémi-bassin droit/ gauche avec justification et proposition automatique de la classification de Tile.


Ecran d’indexation du wiki des connaissances ostéo-articulaires

Que retiens-tu du travail de fabrication « d’algue » ?
Florent : C’est vraiment une réflexion sur les classifications différente de ce que nous faisons habituellement, il fallait développer une logique en images, avec des contraintes informatiques que nous avons résolu avec l’aide d’ingénieurs. J’ai apporté ma contribution pour le côté médical, mais il y avait toute une équipe derrière qui gérait le côté informatique, pour construire une phrase à chaque étape de la description des lésions.


Photo d’écran de l’algue « bassin traumatique »

François : Un goût de violette, et la bonne ambiance !

Un dernier commentaire pour la route ?
Florent : Je pense que cela peut aider les internes et même tout le monde dans des situations que l’on ne rencontre pas souvent. On est guidé dans l’interprétation, c’est une approche nouvelle de la façon d’interpréter les images et de produire le compte rendu, qui associe dans le même temps la compréhension de ce qu’on voit, et la rédaction du CR écrit.

François : Contactez Jean Noël pour des conseils mode chapeau Kawaii, ou éventuellement pour une thèse !


Au finish de la thèse, algues surprises (à la violette)

REGARDS CROISÉS

Témoignage d’Ugo Pirocca, Président de l’UNIR

Bonjour Ugo, pourquoi avoir réalisé ce partenariat entre l’UNIR et Keydiag ? Dans quel but ?
Pour plusieurs raisons, cela faisait un moment que keydiag était en lien avec l’UNIR et il était temps qu'il soit finalisé. Plus sérieusement les radiologues ont toujours été vecteurs d’innovation, de plus le métier évolue très vite avec diverses solutions qui apparaissent tous les jours. Il nous paraît essentiel que les jeunes radiologues puissent prendre en main et accéder à ces logiciels. De plus, cela permet indirectement d’apporter un soutien des jeunes radiologues à nos confrères qui proposent ces solutions. Une des autres raisons est que le radiologue doit rester maître de sa technologie et de son environnement, dans ce contexte les comptes rendus sont une part importante de notre métier. La vision de Keydiag devrait permettre d’accéder à des comptes rendus de qualité même quand ce n'est pas la surspécialité du radiologue, c’est-à-dire qu’un radiologue qui n’est pas surspécialiste dans un organe peut avoir du mal à ce que son compte rendu soit le plus pertinent possible. Grâce à Keydiag une partie de cela devrait évoluer.

Quelle utilisation comptes-tu faire personnellement de Keydiag ?
Améliorer la qualité de mes comptes rendus dans certains types de pathologie.
Une aide-mémoire sur certaines pathologies, pour ne pas avoir à croiser un ensemble d'informations, ce qui devrait améliorer mon flux de travail.

Y a-t-il des fonctionnalités que tu as trouvé particulièrement intéressantes ?
Les algues, je les trouve intuitives et ludiques, et elles permettent d'accélérer la réflexion de comment je vais tourner ma phrase et si je n’ai rien oublié de regarder sur une pathologie donnée. 

Un dernier mot ?
J'espère que vous trouverez ce partenariat intéressant et que vous serez contents de l’outil que l’UNIR et Keydiag mettent à votre disposition pour progresser dans votre métier de médecin radiologue. N’hésitez pas à nous faire des retours.

UNION NATIONALE DES INTERNES ET JEUNES RADIOLOGUES

Article paru dans la revue “Union Nationale des Internes et Jeunes Radiologues” / UNIR N°42

Publié le 1652706165000