
Bonjour et tout d'abord merci d'avoir bien voulu répondre à nos questions ! Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous parler de votre formation et parcours ?
Bonjour, je suis Léo Barassin, Enseignant en Activité Physique Adaptée (EAPA) au sein du pôle Parasport Santé à l'ISPC.
J'ai suivi un cursus universitaire en sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS), avec une licence en entraînement sportif à l'Université d'Orsay, puis un master en Activité Physique Adaptée (APA) à l'Université de Nanterre, ainsi qu'une licence APA&S (Activité Physique Adaptée et Santé) également à Nanterre. J'ai commencé à travailler à l'hôpital Ambroise Paré (92) en transversalité dans différents services (médecine interne, pneumologie, gériatrie, pédiatrie…).
J'ai rejoint le projet IPS (anciennement ISPC) en mai 2021 avec pour objectif de créer un service dédié à la levée des freins à la pratique d'une activité physique et/ou sportive pour des personnes en situation de handicap.
Au quotidien, à quoi ressemble votre activité ?
Au quotidien, j'évalue les besoins des personnes qui nous sollicitent afin d'identifier et de trouver des solutions aux freins à leur pratique d'activité physique. Cela se fait en service, dans des salles de consultation ou directement sur des lieux de pratique (gymnase, salle d'escalade, base de loisirs…).
Pouvez-vous nous décrire plus en détail en quoi consiste une séance ou consultation d'EAPA ?
Un EAPA est un professionnel qui utilise l'activité physique et sportive comme outil thérapeutique.
Ainsi, un EAPA peut utiliser des outils comme la musculation et le travail cardio-respiratoire pour développer la condition physique de façon analytique. Il peut aussi mettre en place des situations comme des jeux de tennis de table pour développer l'équilibre intrinsèque/ extrinsèque du patient, tout en garantissant une mise en situation ludique qui favorise l'adhérence thérapeutique. Dans d'autres cas, l'EAPA peut utiliser des jeux pour modifier le comportement des personnes, notamment celles souffrant de pathologies psychiatriques ou psychologiques comme des troubles de l'anxiété sociale.
Par exemple, des jeux comme le "chat" avec des règles adaptées peuvent aider à lutter contre ces symptômes. L'encadrement commence aux suites d'une prescription médicale par une évaluation (test de marche de 6 minutes, assis debout, questionnaires…) permettant de déterminer les axes de travail et les objectifs thérapeutique des séances.
Concernant votre activité au sein de l'Unité Parasport-Santé, comprend-t-elle également des interventions auprès de patients âgés ?
Évidemment ! La pratique d'une activité physique est bénéfique à tout âge, et cela est d'autant plus vrai lorsqu'on vieillit. La question que nous traitons au sein de notre service est : comment pratiquer une activité physique en situation de handicap et avec un handicap vieillissant ? Cela est d'autant plus important que l'espérance de vie des personnes en situation de handicap augmente grâce aux progrès de la médecine.
Quel serait pour vous l'apport d'un(e) EAPA dans les différentes unités gériatriques ?
L'apport des séances d'APA encadrées par des EAPA au sein des services gériatriques présente plusieurs intérêts :
- D'un point de vue biologique
- Amélioration de la condition physique (cardio, force, souplesse, équilibre), permettant une meilleure autonomie et une réduction du risque de chute.
- Prévention des maladies chroniques (diabète, hypertension, troubles cardiovasculaires) et des maladies neurodégénératives (Alzheimer).
- Amélioration du métabolisme, avec une réduction de la masse grasse.
- D'un point de vue psychologique
- Réduction du stress et de l'anxiété grâce à la libération d'endorphines, ce qui aide à lutter contre la dépression courante chez les personnes âgées.
- Amélioration de l'estime de soi, favorisée par une mise en réussite lors des exercices proposés par l'EAPA.
- Maintien des capacités cognitives, grâce à des exercices de doubles tâches ou des stimulations cognitives au cours des différentes mises en situation.
- D'un point de vue social
- Renforcement des liens sociaux, facilité par des séances de pratique collective.
- Favoriser la participation à une vie sociale active, hors de l'hôpital, afin de prolonger la pratique découverte en centre au sein de la collectivité ou dans des associations proches de chez la personne.

Existe-t-il des différences entre le court séjour, le SMR et l'EHPAD ?
Oui, la durée moyenne de séjour étant différente entre MCO, SMR et l'EHPAD, la stratégie thérapeutique et les conditions de pratique seront également différentes. Le court séjour (MCO) aura pour stratégie l'enseignement et l'éducation autour des bienfaits de l'activité physique et des bonnes pratiques.
Les séjours plus longs laissent place à des cycles complets avec des axes de travail bien définis en centre SMR, ainsi qu'à un entretien des capacités physiques et cognitives en EHPAD, favorisant un vieillissement en bonne santé.
Enfin, comment vos patients vous perçoivent- ils ?
Les patients que nous encadrons sont généralement très satisfaits d'avoir cette opportunité thérapeutique et se rendent compte qu'ils ont la capacité de réaliser beaucoup de choses, malgré une pathologie, un handicap ou le vieillissement. Ils apprennent également tous les bienfaits d'une pratique régulière.
Léo BARASSIN
Enseignant en activité physique adaptée,
Pôle Parasport Santé – ISPC Synergies
[email protected]
Pour l'association des Jeunes Gériatres

