
Ce début d'année 2026 fut bien chargé syndicalement. Nous avons commencé sur les chapeaux de roue dès janvier en joignant nos voix à celles de nos séniors et de leurs syndicats.
Nous nous sommes alors mobilisé·es contre des mesures visant à réduire notre liberté de prescription en durcissant encore davantage les contrôles de ces dernières. En effet, plusieurs médecins se sont déjà vu imposer des Mises Sous Objectifs (MSO) ou Mises Sous Accord Préalable (MSAP) sous prétexte d'être « gros·ses prescripteur ·rices d'arrêts de travail » comparativement à leurs collègues exerçant dans le même secteur, compliquant leur pratique et limitant leur autonomie.

Premièrement, cette comparaison entre praticiens est un non-sens puisque deux médecins exerçant dans un même bassin de population peuvent avoir des pratiques totalement différentes. Il suffit que l'un·e ait une majorité de pédiatrie et/ou de gériatrie pour que son nombre de prescriptions d'arrêts de travail soit réduit tandis que l'autre pourrait avoir une patientèle majoritairement composée de personnes professionnellement actives et se retrouve de facto à prescrire davantage d'arrêts de travail.
Mais, dans le principe même, ces mesures sont la preuve évidente d'une méconnaissance de nos pratiques par des politiques qui ont une volonté de prendre des décisions économiques au risque de la destruction de notre profession et du système de soins tout entier ! Tout·e médecin a suivi des études longues et rigoureuses, tout·e médecin sait si son ou sa patient·e est en capacité ou non de poursuivre son activité professionnelle. Les prescriptions découlent d'une expertise médicale acquise durant notre formation et ne devraient pas être soumises à une régulation autre que le sens clinique du médecin. Considérer les médecins comme fraudeur·euses et empêcher les arrêts de travail nécessaires ne peut contribuer qu'à aggraver la santé d'une population qui a déjà de grandes difficultés pour accéder aux soins !

