
Les 16-17et 18 mai derniers j’ai eu la chance de représenter les internes de gynéco de France pour le 4-countries meeting qui a eu lieu cette année à Munich.
Le 4-countries meeting est une sorte de réunion informelle qui a lieu entre les sociétés savantes de gynécologie-obstétrique de 4 pays européens particulièrement impliqués dans l’avancée des pratiques en gynécologieobstétrique : le Royaume Uni, l’Allemagne, les Pays Bas et la France.
J’ai passé un moment très enrichissant dans une ambiance très chaleureuse en comité assez restreint : 1 à 2 représentants médecins des collèges nationaux, tous accompagnés d’un ou 2 internes ou chefs de clinique.
Pour la délégation française j’ai accompagné le Pr GRAESSLIN, membre du bureau du CNGOF et le Dr DUMINIL de Reims.
Je mesure la grande chance qui m’a a été offerte de partager l’expérience et le point de vue de praticiens de renommée, des personnes incroyables, engagées pour leur profession et qui nous ont apporté une grande motivation pour continuer à nous engager nous-même.
Les discussions ont porté sur les thèmes suivants :
• Politique de chaque pays en termes de diagnostic anténatal et utilisation du NIPT (cell free DNA).
• Académisation de la profession de sage-femme.
• Prise en compte et recommandations de pratique dans chaque pays après la parution de l’article récent sur la prise en charge chirurgicale du cancer du col en faveur de la laparotomie (essai LACC – publication de Ramirez)…
• Organisation de la prise en charge du cancer du sein
• Point de vue des internes sur leur formation et vision de la profession de gynécologue-obstétricien dans le futur. A ce sujet les internes allemands ont du mal à recruter des internes en gyéco–ostérique et ont fait une campagne de pub choc. Les internes des Pays-Bas ont une vision très précise et des propositions innovantes sur les évolutions nécessaires de la formation des internes qui pourraient nous inspirer pour la suite :
1) Patient unique et gynécologue moderne : apprendre des patients, développer et promouvoir le healthy working.
2) Les internes souhaitent que le recrutement des futurs médecins soit plus diversifié pour qu’il n’y ait pas un seul profil de médecin (pourquoi pas des anciens sportifs de haut niveau, des ingénieurs, etc., concept de la passerelle comme en France).
3) Souhait de développer des compétences non médicales au cours du parcours (management, communication, épidémiologie…) individualiser les parcours.
4) Souhait d’apprendre à être plus attentifs aux souhaits du patient, être moins paternaliste et décider ensemble, pour cela demande de cours de communication pour les internes, avec notion de « positive health ».
5) Souhait d’apprendre à communiquer avec les autres disciplines et avec les praticiens en ville, proposition de participer à des organisations pluridisciplinaires, avoir un parcours de formation à l’échelle de la région et pas d’un seul hôpital, aller se nourrir des compétences là où elles sont développées.
6) Innovation : démarche qualité, réalité virtuelle, ICT support.
7) Work/life balance : avoir une balance travail/vie privée plus équilibrée, avec davantage de flexibilité sur les horaires de travail / proposition d’attribuer aux internes un tuteur/mentor qui pourra apporter des conseils personnalisés à l’interne.
CONCLUSION : Idée d’une formation style MONTESSORI pour les internes, image d’un jardin d’enfant où l’interne réalise un parcours d’apprentissage personnalisé, à un rythme qui lui est adapté, et surtout la possibilité d’aller chercher des compétences hors médecine (stage au ministère de la Santé, dans une institution d’éthique, inscription à un master… avec salaire conservé.
Major issue (parce que tout était en anglais ;) « in residency, you need to be aware of developping adapted skills for your future practice ».
Il est prévu que nous préparions un article sur la politique de santé publique concernant l’organisation des soins en gynécéologie-obstétrique dans les différents pays. Nous vous le ferons connaître quand il sera ficelé
Les discussions ont été fructueuses, et à l’instar du CNGOF, les différents collèges des 4 pays se positionnent dans une approche de « reverse mentoring », à l’écoute des futurs gynécologues et de leurs réflexions et propositions ! A ce sujet cette année l’AGOF s’est rapprochée du CNGOF (adhésion mutuelle entre autres) ce qui a permis certaines avancées : proposition par les internes des assos de villes de candidats pour l’académie d’excellence, paricipation des internes aux recommandations annuelles du CNGOF, partenariat renforcé pour le congrès du CNGOF, présence systématique d’un membre de l’AGOF aux assemblées générales du CNGOF. Tout n’est pas encore optimal pour cette année mais les choses devraient s’articuler plus harmonieusement l’an prochain !
Le prochain 4-countries meeting aura lieu à Londres avec pour projet de communiquer davantage, avec notamment des conférences retransmises en ligne, le projet de publications communes au nom du 4-countries.
Merci pour cette formidable expérience !
Mathilde PELISSIE
Interne à Starsbourg, pour l’AGOF
Article paru dans la revue “Association des Gynécologues Obstétriciens en Formation” / AGOF n°17

