La vérité dans un centre ne l'est pas dans un autre

Publié le 19 oct. 2026 à 18:02
Article paru dans la revue « ISNI / ISNI » / ISNI N°38

Arthur CASTAGNEDOLI est interne en 8ème semestre de chirurgie viscérale à Marseille. L'année dernière, il a choisi de faire un InterChu au CHU de Rangueil à Toulouse, en chirurgie hépatobiliaire et transplantation hépatique. Il nous raconte.

Pourquoi quitter Marseille pour faire un semestre au CHU de Toulouse ?

Arthur CASTAGNEDOLI .- J'étais déjà externe à Marseille avant d'y faire mon internat. J'avais envie de découvrir autre chose, de voir d'autres pratiques, d'autant plus que dans ma formation c'est fortement conseillé de voir d'autres façons de travailler car la vérité dans un centre ne l'est pas dans un autre. Au départ, je pensais faire mon InterChu à Paris, Lyon ou Lille. En 4e semestre, alors que j'étais en service de transplantation hépatique à La Timone, j'ai commencé à évoquer avec une de mes cheffes ce parcours. Elle connaissait Toulouse et m'en parlait de manière positive. Je me suis renseigné sur le service, j'ai demandé aux internes sur place les spécificités, l'organisation, etc. Tout cela a décidé mon choix.

Combien de temps en amont avez-vous commencé les démarches pour votre Interchu ?

A. C.- Je m'y suis pris une année en amont, en 5e semestre pour le 7ème : il faut déposer le dossier 7 mois avant la date du début de l'interChu et il faut du temps pour réunir toutes les pièces au niveau de l‘hôpital et de la fac d'origine mais aussi au niveau des structures de la ville d'accueil, ainsi que de l'ARS. D'ailleurs, je n'avais pas saisi que je devais faire toutes ces démarches en double ! Quand j'ai envoyé tous les documents de Marseille à Toulouse, ils m'ont dit « Très bien, il faut faire la même chose avec notre subdivision maintenant ! »

C'est sensiblement les mêmes documents nécessaires dans chaque subdivision mais avec d'autres spécificités.

Que vous a apporté ce semestre au CHU de Toulouse ?

A. C.- La pratique. On fait le même métier mais avec une organisation différente. Que ce soit sur le plan administratif ou médical. J'ai pu découvrir lors de mon interChu une autre façon de travailler, qui m'a beaucoup apporté et que j'espère transmettre dans ma future pratique.

Le réseau. La médecine et particulièrement la chirurgie digestive est un petit monde. Quand on va en congrès, on entend tout le temps les mêmes noms et c'est bien de savoir ce qu'ils font. Par exemple, j'ai remarqué que certains articles que je lisais étaient signés par mes chefs de service à Toulouse, d'autres par ceux de Marseille. Je ne sais pas si je serai amené à travailler avec eux mais je trouve intéressant de connaître au moins les gens.

Comment ça se passe pour vos indemnités, logement, transport ?

A. C.- Je n'ai pas eu d'indemnités [NDLR : en plus de l'indemnité habituelle reçue par tous les internes de 84,22 euros brut mensuel, en interChu ou pas]. Pour trouver un logement, je l'ai trouvé via le Facebook des internes de Toulouse .

Aviez-vous des connaissances dans la ville rose ?

A. C.- Non, que ce soit sur le plan privé ou professionnel, je ne connaissais personne. Mais cela ne m'a pas dérangé et j'étais dans un service où l'on travaillait beaucoup. On était 5 internes dans chacune des trois unités de chirurgie digestive avec un planning de garde et d'astreintes. J'étais assez proche de mes co-internes, on était un groupe soudé.

Autre chose à savoir sur l'InterChu ?

A. C.- Un des points stratégiques à prendre en compte c'est la liste d'attente de certains services. Dans ma spécialité par exemple, certains centres à Paris sont très demandés en interChu à tel point que la liste d'attente peut être de 2 ou 3 ans ! Selon les stats, à Marseille, la première demande d'InterChu est acceptée à 85 %, la deuxième à 50 %. L'interChu en tant que Docteur Junior, du moins dans notre spécialité, est rarement accepté. Si on cumule les interChu, il faut un dossier solide et bien justifier son choix.

Quelle sera la suite de votre parcours ?

A. C.- À partir de novembre 2026, je fais un master 2 en ingénierie thérapeutique au sein d'un laboratoire d'imagerie interventionnelle et thérapeutique à Marseille pour un projet de recherche : réduire les lésions d'ischémie-reperfusion sur un modèle de perfusion porcine. En parallèle, je ferai des astreintes et des gardes à la Timone à la fois pour garder le lien avec les patients, les équipes et pour améliorer la rémunération peu élevée pendant l'année recherche. Ensuite, je serai Docteur Junior, toujours sur Marseille.

Publié le 1792425725000