Communications orales : Calcium

Publié le 20 janv. 2026 à 13:58
Article paru dans la revue « GÉNÉRATIONS ENDOC NUT » / Génération Endoc'Nut N°4

Efficacité et sécurité à long terme du Palopegteriparatide dans l'hypoparathyroïe : résultats à 4 ans de l'étude de phase II PaTH Forward (Pr Peter KAMENICKY) et à 3 ans de l'étude de phase III PaTHway (Pr GAGNON Claudia)
 
L'hypoparathyroïdie primaire est une pathologie chronique parfois difficile à contrôler avec la supplémentation vitamino-calcique. Le Palopegteriparatide est une prodrogue de la PTH (1-34) liée à une molécule de polyéthylène glycol assurant une longue demi-vie.

PaTH Forward (phase II) : résultats à 4 ans

A 4 ans, la supplémentation vitamino-calcique a été arrêtée chez 93 % des 59 patients inclus, avec un bon contrôle de la calcémie et de la calciurie. On observait une augmentation puis une stabilisation des marqueurs de remodelage osseux dans les valeurs hautes de la normale et une normalisation de la DMO au rachis. La fonction rénale s'améliorait significativement d'environ 10 mL/min. Le profil de sécurité était globalement bon à long terme avec des effets indésirables (EI) non graves rapportés chez 27 patients, n'ayant pas conduits à un arrêt du traitement. Deux patients ont cependant présenté un effet indésirable grave (hyper ou hypocalcémie sévère).

PaTHway (phase III) : résultats à 3 ans

96 % des 73 patients ont pu arrêter la supplémentation vitamino-calcique et 88 % avait des calcémies dans les plages cibles. Le DFG s'améliorait de 9 mL/min en moyenne et de 14 mL/min chez les patients avec DFG initial inférieure à 60 mL/min. La calciurie des 24h restait normale à 3 ans. Les patients rapportaient une amélioration significative de leur qualité de vie et de leurs symptômes se maintenant à 3 ans. Deux patients ont présenté un effet indésirable grave en raison d'une hypercalcémie sévère ayant nécessité une hospitalisation. Les autres effets indésirables étaient de gravité légère à modérée : réaction au site d'injection (25 %), hypercalcémie (13 %), nausées (8,8 %), céphalées (7,5 %), hypocalcémie (6,3 %), tachycardie orthostatique (5 %).

Take home message : L'efficacité du Palopegteriparatide semble se maintenir à long terme et permettre une amélioration de la fonction rénale, des symptômes et de la qualité de vie. Le traitement est dans l'ensemble bien toléré mais il est impératif d'adapter la supplémentation vitamino-calcique lors de la titration pour prévenir la survenue d'hypocalcémies ou d'hypercalcémies sévères.

Hypercalcémie hypocalciurique familiale (HHF) et première description d'un phénotype dentaire
Dr ATTIA Amina

Contexte : La HHF est caractérisée par une hypercalcémie chronique modérée, une calciurie non élevée et une PTH inadaptée. Il s'agit du principal diagnostic différentiel de l'hyperparathyroïdie primaire (HHP).

Étude : Étude de cas de patients HHF pour améliorer le diagnostic différentiel avec l'HHP et la prise en charge des patients atteints d'HHF.

Résultats : L'étude a inclus 24 patients atteints d'HHF et 7 apparentés non atteints. Seulement un quart des patients avaient une hypercalciurie et la moitié une fraction d'excrétion du calcium (FeCa) supérieure à 1 % (en zone intermédiaire). Le score Pro-FHH étaient, en revanche, en faveur du diagnostic chez l'ensemble des patients. Dans cette cohorte, 4 patients étaient traités par Cinalcalcet pour des symptômes ou des complications de leur hypercalcémie. Parmi les patients atteints, l'un présentait des problématiques dentaires invalidantes faisant découvrir une amélogénèse imparfaite (affection génétique entraînant un défaut de développement de l'émail dentaire avec conséquences fonctionnelles et esthétiques). Il s'agissait d'un patient porteur d'une HHF de type 2. Une amélogénèse imparfaite a été retrouvée chez l'ensemble de ses apparentés atteints d'HHF mais chez aucun des sujets indemnes suggérant un lien fort entre ces deux pathologies.

Take home message : HHF n'est donc pas toujours hypocalciuriante, asymptomatique et bénigne.

Importance de la densitométrie osseuse de l'avant-bras dans l'hyperparathyroïdie primaire
Dr LOISON Mélanie

Contexte : L'ostéoporose est une complication très fréquente de l'hyperparathyroïdie primaire justifiant la réalisation d'une densitométrie osseuse (DMO) aux 4 sites (hanche, col du fémur, rachis lombaire et 1/3 proximal du radius). Cependant cette dernière est souvent manquante.

Étude : Prévalence de l'ostéoporose du 1/3 proximal du radius dans une cohorte chirurgicale monocentrique.

Résultats : Une ostéoporose a été diagnostiquée chez 47 % des 400 patients inclus et représentait la seule indication opératoire dans 14 % des cas. Parmi les 185 patients ayant bénéficié d'une DMO aux 4 sites, 52 % présentaient une ostéoporose dont 33 % sur au moins 2 sites, 1,6 % en fémorale seulement, 6 % en lombaire seulement et 11 % à l'avant-bras seulement. Ces derniers étaient significativement plus jeunes, moins ménopausiques et avaient une hypercalcémie plus marquée. L'ostéodensitométrie s'améliorait de façon significative sur tous les sites en post-opératoire.

Take home message : L'ostéoporose isolée au tiers inférieur du rachis n'est pas rare et est parfois la seule indication opératoire confortant sa réalisation dans le bilan d'hyperparathyroïdie primaire.

Communications orales : Calcium

Fiabilité de la calciurie lors des tests de charge calcique
Pr FIGUERES Lucile

Contexte : L'index de Nordin (rapport CaU/CreatU à jeun) est une aide au diagnostic étiologique des hypercalciuries et d'hyperparathyroïdie. Il est augmenté dans les hypercalciuries rénales et résorptives alors qu'il est normal dans les hypercalciuries absorptives. Plusieurs seuils ont été proposés mais c'est celui de 0,33 mmol/mmol qui est retenu habituellement.

Étude : Étude bi-centrique (HCL et CHU de Nantes) chez 392 patients pour déterminer la corrélation entre l'index de Nordin et le diagnostic retenu à l'issue du test de charge calcique.

Résultats : Une hypocalciurie de concentration était plus fréquente à Lyon où les patients étaient à jeun strict qu'à Nantes où les patients buvaient avant le test. L'index de Nordin augmentait significativement dans les deux centres entre le 1er prélèvement (basal) et le 2ème (position assise à Nantes et demi-assise dans un lit à Lyon) avec un écart plus important à Lyon (0,12 mmol/mmol contre 0,09 mmol/mmol). À Lyon, entre le 1er et le 2ème prélèvement (position allongée), on constate une augmentation de la calcémie ionisée et un freinage de la PTH de 19 % avant même le début du test de charge calcique. Dans les deux centres, il existait une discordance dans la conclusion (absorptif vs résorptif/ rénal) de plus de 20 % entre les deux prélèvements. La différence était semblable quel que soit le seuil choisi (de 0,25 mmol/mmol à 0,45 mmol/mmol) et la conclusion était plutôt portée sur le deuxième prélèvement.

Take home message :  Cette étude souligne l'importance des conditions de réalisation du test de charge calcique dans l'interprétation des résultats de la calciurie.

Risque d'hyperstimulation osseuse chez les patients traités au long court par la PTH (1-34) pour une hypoparathyroïdie chronique
Dr FISCHLER Rebecca

Contexte : Le traitement par PTH recombinante entraîne une augmentation du remodelage osseux dont les conséquences à long terme ne sont pas connues.

Étude : Étude multicentrique chez 41 patients traités par Tériparatide depuis au moins 2 ans pour une hypoparathyroïdie chronique afin d'évaluer la prévalence de l'hypermétabolisme osseux par scintigraphie osseuse.

Résultats : 25 des 41 patients inclus présentaient un hypermétabolisme osseux à la scintigraphie. Ils avaient des doses de PTH recombinante significativement plus élevée que les autres, en revanche ils ne présentaient pas plus de douleurs osseuses. Les calcémies ne permettaient pas de les différencier, en revanche la magnésémie était significativement plus basse et les marqueurs de remodelage osseux plus élevés chez les patients avec scintigraphie osseuse pathologique. Un modèle prédictif à trois variables (magnésémie, crosslaps et ostéocalcine) permettait de prédire l'hypermétabolisme osseux dans 97 % des cas et celui à deux variables (magnésémie et crosslaps) dans 87,5 % des cas.

Take home message : Cette étude souligne la fréquence importante de l'hypermétabolisme osseux chez les patients traités par Teriparatide au long court. Des modèles prédictifs basés sur la magnésémie et le crosslaps semblent performants et utilisables en pratique pour rechercher cette atteinte.

Le théâtre du vécu dans l'hypoparathyroïdie post-chirurgicale : approche inédite et efficace dans l'acceptation de la maladie
Dr GHANDER Cécile

Qu'est-ce que le théâtre du vécu ?

Il se déroule en 3 étapes :

1. L'écriture du texte permettant au patient d'exprimer son vécu de la maladie.
2. Mise en scène de ce texte avec l'aide d'un dramaturge professionnel et confection de scènes par des comédiens.
3. Le patient devient le spectateur de son vécu.

Comment cela a été rendu possible ?

Grâce à la Compagnie Mona Lisa Klaxon et un financement. 10 patients ont pu participer à cette expérience.

Et les résultats ?

Très positifs pour les patients qui constataient une acceptation de leur maladie.

Hyperparathyroïdie persistante après transplantation rénale
Dr ESSALHI Hafsa

Contexte : Un certain nombre de patients vont conserver une hyperparathyroïdie après transplantation rénale avec des risques de complications : hypercalcémie, dysfonction du greff on, risque de fracture, risque cardio-vasculaire, impact sur la qualité de vie, diminution de la survie globale.

Étude : Identification des facteurs prédictifs cliniques et biologique à l'hyperparathyroïdie persistante après transplantation rénale dans une cohorte monocentrique rétrospective.

Résultats : Plus de 80 % des patients gardent une hyperparathyroïdie primaire après greffe dont 35 % avec hypercalcémie. La situation biologique entre 3-6 mois post-greffe semblait prédire l'évolution. En effet, les patients qui conserveront une hyperparathyroïdie avaient des taux de PTH et des calcémies plus hautes et des phosphorémies plus basses que les autres patients. La PTH pré-opératoire était significativement plus élevée chez les patients qui garderont une hyperparathyroïdie.

Take home message : Une PTH très élevée en pré-opératoire pourrait prédire l'évolution vers une hyperparathyroïdie persistante en postopératoire d'une greffe rénale tous comme la PTH, la calcémie et la phosphorémie dans les 3 à 6 mois post-opératoire.

Communications orales : Calcium

Julie BLERVAQUE
Docteur Junior EDN
Grenoble

Publié le 1768913918000