Actualités : En guise de prélude… le “micro-trottoir TMO” de la FENAREDIAM - Le choeur des EDN

Publié le 21 août 2026 à 18:04
Article paru dans la revue « GÉNÉRATIONS ENDOC NUT » / Génération Endoc'Nut N°5


Pendant plusieurs semaines, les groupes d'échanges des endocrinologues se sont transformés en véritables cellules de veille. Questions, incompréhension, inquiétude, colère, humour et entraide : derrière les textes officiels, les échanges racontent une autre histoire, celle de leur arrivée dans les cabinets et les services. Nous avons choisi de laisser entendre leurs voix, tout simplement, et d'essayer d'entendre ce qui se cache derrière… sans designer de responsable, d'interpréter ou de commenter. Écoutez simplement monter le chœur des EDN…

Avant le 15 juin : l'attente… et le flou

Qui pourra prescrire ? Dans quelles conditions ?


Avant même l'entrée en vigueur du remboursement, les médecins sont confrontés aux premières questions alors que les modalités restent incertaines.

« Je ne suis même pas au courant des modalités de prescription !!! », « On ne les a pas complètement. », « Le texte actuel est initial et des modifications ont déjà été demandées. », « Attendons le 15/06 pour savoir :), « Je commence les consultations et les soucis commencent pour ce remboursement. Je ne sais pas si je fais partie d'un CSO et donc est-ce que j'ai le droit de prescrire ? ».

Déjà l'inquiétude monte en l'absence d'informations officielles. Seul le bureau de la FENAREDIAM faisait remonter aux presidents de région les bribes d'infos reçues. Qui pourra prescrire ? ; que signifie être « en lien » avec un CSO ? Quels seront les critères exacts ? Que dire aux patients avant même de disposer des réponses ?

Les patients, eux, n'attendent pas et les équipes soignantes sont mises sous pression

L'annonce du remboursement suscite immédiatement des attentes. Et celles-ci arrivent d'abord… au téléphone des cabinets : « C'est l'enfer ! Déjà plus de 20 coups de fil comptabilisés par mes secrétaires aujourd'hui rien que sur ce thème ! », « On va craquer. Les pharmacies et les patients nous harcèlent ».

Les médecins et leurs équipes deviennent ainsi, avant même l'application effective du dispositif, le premier point de contact entre les annonces et les patients.

Déjà, les soignants sont mis sous pression : comment informer sans désinformer ? Comment absorber les demandes ? Quelle place prend cette nouvelle tâche dans des cabinets déjà chargés ?

Des informations parfois contradictoires

Même les modalités pratiques suscitent des réponses changeantes.
« Lilly affirme que pas d'ordonnance d'exception, ils ont vérifié. », « Et Novo dit et écrit exactement l'inverse », « Ma déléguée Lilly me dit que ça a changé dans la journée !! », « Le cadre de prescription des analogues du GLP1 pour l'obésité : une conférence de dissensus ou une différence de consensus », « J'espère que pour notre réunion d'octobre ce sera réglé », « Prévoyez-le pour la réunion de mai 2027. » “Et quid des patients qui l'ont déjà depuis plusieurs mois et qui, par conséquent, ne rentrent plus dans les critères de remboursement après leur perte de poids : est-ce que cela est abordé ?


Après le 15 juin : les textes sont là… les questions aussi

La charte et le lien avec les CSO

Le 15 juin passé, les interrogations ne disparaissent pas : elles changent de nature. « À qui on s'adresse pour demander cette fameuse charte ? », « Les demandes sont récurrentes depuis quelques jours, et on ne peut pas réorienter tous les patients. », « C'est quand même ahurissant parce que je suis conventionnée avec le CSO de ma région mais paraît que ça ne suffit pas », « C'est lunaire. », « C'est le délire cette histoire de CSO parce que moi aussi j'ai l'agrément avec le CSO mais ça ne suffit pas !! », « Bientôt on va devoir repasser un diplôme… ».

Ce que cela soulève : Quelle est la valeur de la charte ? Qui doit la signer ? Les règles sont-elles appliquées de façon homogène ? Quelle reconnaissance pour les Médecins prenant déjà en charge l'obésité ?

Et que fait-on des patients ?

« Ce qui est compliqué c'est dire aux patients à qui je l'ai déjà prescrit qu'ils doivent aller au CHU… », « Ça va […] orienter le mécontentement et l'impatience des patients sur les structures hospitalières déjà débordées. Ce n'est pas cool pour les hôpitaux et les patients. […] En pratique, ce n'est pas possible de surcharger autant la consult hospitalière pour ça. »

Ce que cela soulève : Que faire des patients déjà traités ? Où les adresser ? Comment éviter de créer des files d'attente supplémentaires ?

Puis viennent les pharmacies…


À la pression des patients s'ajoutent rapidement les demandes des offi- cines.

« Vous aussi vous recevez déjà des appels de pharmacies qui veulent les volets à remplir pour des patients qui ne sont même pas dans les critères de remboursement du coup ils veulent pas délivrer à mes patients qui le payent… », « Deux pharmacies ont refusé !! », « J'en peux plus des appels de pharmacies. »

Ce que cela soulève : Quelles pièces sont réellement nécessaires ? Comment éviter les interprétations divergentes ? Qui explique la règle lorsqu'elle n'est comprise ni par le patient ni par l'officine ?


Et l'épuisement des équipes soignantes menace et déborde
« La pression des patients, la pression des pharmacies, la pression du temps, la pression des responsabilités médicales et du risque d'erreur, les contraintes administratives et réglementaires, les enjeux économiques du cabinet, le risque juridique, la nécessité de se former en permanence, les exigences des institutions de santé, ainsi que la charge mentale liée à l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, je ne connais pas d'autre métier qui subisse autant de pression.”, « Tous les jours il faut prendre sur soi. »


Ce que l'on entend, derrière les questions

Ces échanges parlent apparemment de chartes, de formulaires, de CSO, d'IMC, d'AmeliPro ou de pharmacies.

Mais ils racontent aussi autre chose : ils montrent des médecins et leurs équipes d'accueil faisant, une fois de plus, et malgré eux, l'interface entre les patients et le système sans y être préparés : les patients appellent le cabinet, les pharmacies appellent le cabinet, les secrétaires absorbent les questions, les colères et les angoisses, et les médecins doivent expliquer des règles qu'ils sont parfois encore euxmêmes en train de décrypter.

« Une patiente m'a presque insultée hier […] “Vous n'êtes pas comme les autres endocrinologues…” », « Les patients trouvent ceci très injuste surtout s'ils sont déjà traités depuis plusieurs mois. »

Ces échanges montrent également une remarquable capacité d'entraide, de partage et de solidarité qui sont l'essence de la FENAREDIAM : partage des chartes, rédaction de FAQ, tutoriels, webinaires, réponses entre confrères, parfois jusque tard le soir. « Ce groupe est magique »

Ce micro-trottoir ne prétend pas répondre à toutes ces questions. Il les pose. Les pages qui suivent tenteront d'y répondre autant que possible et d'identifier celles qui, aujourd'hui encore, restent ouvertes.

Publié le 1787328242000