Prix de thèse de l’AIH - Étude de vie réelle de l’injection de lymphocytes T spécifiques d’un virus (VST) chez des patients présentant une immunodépression post-allogreffe de cellules souches hématopo

Publié le 1712221627000
Article paru dans la revue « AIH-Revue Sang » / AIH Sang N°1


ON BEHALF OF THE SFGM-TC: REAL-LIFE USE OF THIRD-PARTY VIRUS SPECIFIC T-CELL TRANSFER IN IMMUNOCOMPROMISED TRANSPLANTED PATIENTS

L’allogreffe de cellules souches hématopoiétiques (allo-SCT) offre une option curative pour de nombreuses pathologies hématologiques mais la déplétion T ex vivo ou in vivo utilisée pour réduire l’incidence de la maladie du greffon contre l’hôte (GVH) peut entraîner des complications infectieuses sévères, notamment virales. De 2016 à 2022, notre groupe a traité et recueilli les données de 29 patients ayant bénéficié de l’injection de VST comme traitement d’une infection virale par l’Adénovirus (AdV), le cytomégalovirus (CMV) et/ou l’Epstein-Barr virus (EBV) sévère ou réfractaire aux thérapeutiques habituelles depuis plus de 14 jours, après une allo-CSH afin d’évaluer leur sécurité et leur efficacité.

La production des VST a été réalisée à partir du même donneur que la greffe pour 13 patients, ou à partir d’un donneur haplo-identique en tierce partie pour 16 patients. Cette production était basée sur la technique de sécrétion de cytokine IFN-γ par les lymphocytes T spécifiques du virus permettant leur isolement immunomagnétique. Une GVH aiguë > grade II ou une GVH chronique > grade NIH 2 rendait le patient inéligible aux VST. Tous les traitements immunosuppresseurs étaient permis et la dose de corticostéroïde était obligatoirement réduite à <1mg/kg/jour dans la plupart des cas. La durée médiane entre la greffe et la réplication virale était de 46 jours (étendue de 0-1372 jours).

Les VST ont été injectées dans un délai médian de 50 jours (10-310 jours) après la documentation de la réplication virale. Trente-quatre injections ont été réalisées avec une dose moyenne de 1.43 x (± 3.06) 104 CD3+ T-cells/kg, sans effet indésirable immédiat. Nous avons observé une recrudescence de GVHD aiguë chez deux patients ainsi qu’un cas supposé de GVH chronique pulmonaire sévère de novo, dans les 2 mois post-injection. À 3 mois post-injection, le taux de réponse cumulative était de 62 % (n=18/29) et aucune réactivation virale n’était observée dans l’année suivant l’injection des VST. La survie à 3 mois et 12 mois post-injection était respectivement de 55.2 % (95% CI [39.7-78.4]) et de 29 % (95% CI [13.2- 63.5]). La charge virale haute (>5log) était le seul facteur associé de manière significative à une mortalité plus importante. Il s’agit d’une étude de vraie vie rapportant le traitement par 34 injections de VST chez des patients infectés par l’AdV, le CMV et/ou l’EBV post-alloSCT, mettant en évidence la sécurité et l’efficacité des VST ainsi que l’importance de la rapidité de leur mise en place dans le processus thérapeutique.


Esther HAZANE LEROYER
Hématologue
CHRU de Nancy

 

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