Actualités : L’ISNI aussi présente aux Caraïbes

Publié le 18 août 2025 à 15:26
Article paru dans la revue « ISNI / ISNI » / ISNI N°35


Le président de l'ISNI, Killian L'Helgouarc'h est parti à la rencontre des internes en médecine des Antilles en Guadeloupe, Martinique et en Guyane Française. Il revient sur ces dix jours aux côtés du Bureau des Internes des Caraïbes.

Pour mieux se rendre compte de la réalité des internes des Caraïbes, Killian L'Helgouarc'h, président de l'ISNI 2024/2025 s'est rendu sur place. Un voyage de 10 jours, du 10 au 20 janvier dernier. « Je souhaitais voir leurs conditions de travail, et ce dans les trois DOM-TOM car leur réalité est différente d'un département à l'autre », explique-t-il. Pour chaque visite, il rencontre le bureau des internes, les responsables du CHU et ceux de la faculté. En commençant par la Guadeloupe. Accueilli par la présidente du syndicat local, il répond aux préoccupations des internes sur la 4e année en médecine générale mais aussi sur le temps de travail et l'accès aux soins. « Le temps de travail est la préoccupation principale d'autant plus que le CHU n'a toujours pas mis à disposition des internes le logiciel de décompte du temps de travail ! C'est toujours au chef de service de le remplir... Nous avons d'ailleurs une procédure en contentieux avec le CHU de Guadeloupe », souligne Killian L'Helgouarc'h. De manière générale, il constate que le CHU comme l'ARS ne sont pas très réceptifs sur le bien-être des internes. « Le CHU de rattachement des Caraïbes est celui de la Guadeloupe. Ils ont un "vivier" d'internes pour leurs services sans bouger beaucoup... », se désole-t-il.

Martinique : une volonté de construire des solutions

En Martinique, « le sentiment fut complètement inverse ! », se souvient le président de l'ISNI. Au CHU il est accueilli par le directeur général qui lui exprime sa volonté de construire des solutions pérennes avec les internes en médecine. « Ils ont conscience qu'ils partent de loin... Ils sont particulièrement attentifs à l'accueil des internes par exemple », précise-t-il. À l'ARS, même sentiment positif : « l'ARS nous a présenté leur plan en dix étapes pour l'accueil et l'installation des internes et des jeunes professionnels de santé, rapporte le président de l'ISNI. Ils ont, par exemple, monté une conciergerie depuis un an afin de les aider à trouver un logement, un travail pour leur conjoint, une place en crèche pour les enfants, etc. ».

Il observe une contrainte inédite pour les internes en médecine lors de chaque changement de terrain de stage : celle du coût du déménagement. « Chaque semestre, pour changer de terrain de stage, ils ne font pas une heure de voiture mais plusieurs heures d'avion ! Et s'ils souhaitent faire suivre leur voiture par bateau, cela leur coûte 500 euros l'aller et autant le retour ! ». L'ISNI et le bureau des internes des Caraïbes (BIC) ont demandé une prise en charge de ces frais. « L'ARS de Martinique fut à l'écoute de cette proposition pour une prise en charge partielle alors que l'ARS de Guadeloupe refusa de discuter du sujet en arguant que c'était de la responsabilité du CHU... », regrette-t-il. Les internes doivent également anticiper les frais du billet d'avion aller-retour entre la Guadeloupe et la Martinique (environ 250 euros) et ceux pour la Guyane, entre 500 et 600 euros.

Le soir, le président de l'ISNI est invité à une soirée des internes. Il y rencontre notamment les jeunes radiologues qui ne comprennent pas pourquoi leur spécialité ne fait pas partie du dispositif de l'exercice en zone sous-dense. « Nous avons fait remonter cette situation injuste », annonce Killian L'Helgouarc'h. Dernier interlocuteur rencontré pendant le séjour martiniquais : La Médicale. « Notre partenaire est très présente dans les DOM-TOM. Ils nous alertent sur certaines situations vécues par les internes, c'est un lien important » .

Un hôpital au cœur de l'Amazonie

En Guyane, à l'hôpital de Cayenne, les internes évoquent les mêmes sujets de préoccupations : le temps de travail, l'accès aux soins et la 4e année en médecine générale. « Nous avons été accueilli par le nouveau directeur général de l'ARS, le syndicat local des internes mais aussi par l'URPS », indique le représentant de l'ISNI. En Guyane, il constate une ville dynamique, grâce au centre spatial de Cayenne. « J'ai eu des retours très positifs de médecins installés. Ils m'ont confié qu'ici, ils pouvaient construire des projets professionnels plus facilement qu'en métropole comme un centre ophtalmologique par exemple », rapporte-t-il. Mais ce qui l'a marqué, c'est son passage à l'hôpital Saint-Laurent du Maroni, en plein cœur de l'Amazonie, à l'ouest du département, à la frontière avec le Surinam. Un établissement peu connu en métropole alors que c'est « l'une des plus grandes maternités de France », précise le président de l'ISNI.

L'internat en médecine aux caraïbes

Sarah Ouedraogo, interne en 4e semestre d'ORL et chirurgie cervico-faciale, est présidente du Bureau des Internes des Caraïbes. Le BIC représente entre 300 et 400 internes sur la subdivision Antilles-Guyane : Guadeloupe, Martinique, Guyane et Saint-Martin.

Cette visite de l'ISNI était-elle attendue ?
Sarah Ouedraogo.- Oui. C'est la première fois qu'un président de l'ISNI nous rendait visite officiellement. Cette visite fut importante pour les internes des Caraïbes et pour nous en tant que syndicat local. Car l'ISNI est une force reconnue au niveau national et, par cette visite, cela a permis de rappeler que le BIC bénéficiait de cette force.

Quelles sont les spécificités de l'internat aux Caraïbes ?
S. O.- Les internes bénéficient d'un très bon encadrement au sein de « petites » équipes avec un réel compagnonnage plus qu'une hiérarchie. Cet accompagnement et cette proximité sont appréciés par les internes car cela les met en confiance dans leur exercice médical. Sans compter qu'en dehors du cadre professionnel, les internes de notre subdivision bénéficient d'un cadre de vie exceptionnel. De manière à faire un choix éclairé, j'invite tous les internes intéressés à nous contacter en amont pour mieux saisir nos atouts mais aussi nos contraintes.

Quelles sont les contraintes de l'internat aux Caraïbes ?
S. O.- La principale contrainte, évidente, est celle de l'éloignement avec l'Hexagone qui n'est pas toujours bien vécu. Il faut aussi prendre en compte que nous pouvons manquer de moyens matériels et humains. L'accès aux soins est aussi très compliqué pour la population, notamment en Guyane.

Que souhaitez-vous dire aux Institutionnels qui vous lisent ?
S. O.- Je déplore le problème sanitaire récurrent lié aux coupures d'eau, malgré le fait qu'un accès continu à l'eau potable devrait être garanti, comme partout en France. À cela s'ajoutent d'autres scandales sanitaires et notamment la pollution au chlordécone. Il faut donc investir davantage, à la fois dans la prévention mais aussi au niveau sanitaire.
Enfin, comme dans tous les hôpitaux français, nous avons aussi besoin de plus de matériel et de médecins.

Pour contacter le Bureau des Internes des Caraïbes :
[email protected]

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