
Définitions et bénéfices démontrés
On définit l'activité physique comme tout mouvement corporel produit par les muscles squelettiques, qui entraîne une dépense énergétique supérieure à celle du métabolisme de repos.
Elle intègre :
- Les activités physiques de la vie quotidienne (domestiques, déplacements actifs, trajets du quotidien dans le cadre professionnel ou scolaire).
- Les exercices physiques : activité physique structurée, planifiée, répétitive dont l'objectif est l'amélioration ou le maintien d'une ou plusieurs composantes de la condition physique.
- Les activités sportives plus communément appelé sport.
Les bienfaits de l'activité physique ne sont plus à démontrer, surtout chez nos patients âgés. Elle diminue le risque de chutes, ralentit le déclin cognitif et a des effets bénéfiques cardio-pulmonaires. Elle a aussi un impact sur l'inflammation, l'immunité, les cancers, le sommeil. Elle réduit l'anxiété et les symptômes dépressifs. L'ANSES met à jour régulièrement sa revue de la littérature sur le sujet et conclue encore que les données scientifiques sont suffisamment robustes pour considérer les effets favorables de l'activité physique comme bien supérieurs aux effets néfastes (blessures, risque de mort subite, etc.) [1] .
Dans le cadre de son rôle démontré en prévention secondaire, la loi du 2 mars 2022 a permis de créer et d'encadrer la promotion de l'activité physique adaptée (APA) chez des populations à risque. L'APA correspond à des activités physiques « dispensées par des personnes qualifiées, dans des conditions prévues par décret ». Les personnes âgées font partie de la liste des personnes éligibles à la prescription d'activité physique adaptée [2], notamment les personnes âgées qui sont dites « inactives ».
L'inactivité physique se définit par un niveau insuffisant d'activité physique régulière de l'individu qui n'atteint pas le seuil d'activité physique d'endurance aérobie recommandé pour la santé par l'OMS. Les principaux facteurs liés à l'inactivité physique sont le surpoids, le manque de temps et les obstacles perçus à l'activité physique. Il est important de la distinguer de la sédentarité, facteur de risque indépendant [3] . La sédentarité correspond au temps passé assis ou allongé entre le lever et le coucher. Une personne peut donc être très active mais également très sédentaire. Les principaux facteurs associés à la sédentarité sont l'avancée en âge et le surpoids.
Actuellement, 35 % des personnes de plus de 65 ans ne pratiquent aucune activité physique ou sportive et un quart cumulent inactivité physique et sédentarité [1] .
Initiatives locales et rôle du prescripteur
En France, le Programme National Nutrition Santé, plus connu sous le nom du programme « Manger-bouger », a été instauré en 2001 et est réactualisé régulièrement depuis. Dans le cadre de ce programme, la Stratégie Nationale Sport-Santé de 2019-2024 a pour objectif global d'améliorer l'état de santé de la population en agissant sur des déterminants majeurs : l'activité physique et la nutrition. En 2016, la Loi Sport-Santé de modernisation du système de santé français a été mise en place pour permettre l'instauration d'une politique de promotion de l'activité physique sur ordonnance par les médecins dans le cadre du parcours de soins. Elle s'adresse plus particulièrement aux patients atteints d'une affection de longue durée (ALD). Plus récemment, la Loi du 2 mars 2022 en France fait suite à la Loi Sport-Santé de 2016, visant à démocratiser le sport en France. Cette loi permet la prescription d'activité physique adaptée élargie aux patients en perte d'autonomie.
De multiples initiatives locales ou nationales existent pour favoriser l'activité physique chez les séniors. Par exemple, l'association Siel Bleu est établie dans chaque département en France avec un interlocuteur départemental. Cette association à but non lucratif vise à promouvoir l'activité physique chez les patients en perte d'autonomie, la promotion d'une meilleure alimentation et l'adoption d'un comportement éco responsable. En Pays de la Loire, l'association « On y va » recense et met en relation les médecins avec toutes les initiatives locales grâce à des fiches de prescription et un numéro unique pour conseiller la pratique la plus adaptée. En Île de-France, des ateliers en présentiel ou distanciel pour le maintien de l'autonomie des personnes âgées ont été créés par le PRIF. Globalement, au niveau national, il existe plus de 500 maisons sport-santé réparties sur l'ensemble du territoire, proposant de l'APA à prix abordable pour nos patients.
Il est essentiel de penser à prescrire l'activité physique. Depuis la loi de 2016, cette prescription est valorisée, en particulier lorsqu'elle est réalisée par écrit. Sous cette forme, elle s'avère être un puissant levier de motivation et favorise l'adhésion des patients. Des études menées au Danemark et en Nouvelle-Zélande ont montré qu'une prescription écrite d'activité physique a, en moyenne, deux fois plus de chances d'être suivie d'effet qu'un simple conseil oral [4, 5] .
Recommandations actuelles
Actuellement, l'OMS recommande depuis 2010 :
- 150 min d'endurance d'intensité modérée ou 75min d'activité d'intensité intense/semaine. Durée à majorer si souhait d'un effet bénéfique supplémentaire sur la santé.
- Par périodes d'au moins 10 minutes.
- Activités pour l'équilibre : 3 jours par semaine.
- Renforcement musculaire : 2 jours par semaine.
- Si objectif impossible à atteindre en raison de l'état de santé : être aussi actif physiquement que l'état de santé le permet.

Concrètement, quel programme doit-on prescrire ?
- Un programme d'entraînement multivarié combinant entraînement contre résistance (cf. bibliographie « Musculation du sujet âgé »), travail en équilibre et souplesse et exercices aérobies.
- Privilégier la durée à l'intensité. Grossièrement, l'intensité s'évalue selon le niveau d'essoufflement (de léger à intense selon que le patient est capable de chanter, parler ou incapable de parler).
- Respecter la fatigue, les douleurs et la spécificité des pathologies du patient.
- Prendre en charge les addictions qui diminuent la forme physique, type alcool et tabac.
- Y associer des conseils nutritionnels : objectif 1,5 g/kg de protéines avec des apports caloriques à 35 à 40 Kcal/kg chez le sujet âgé actif. Favoriser la prise de poids : il n'y a pas de prise de muscle sans prise de poids ! Et la contre-apposée est également vraie.
- Durée de prescription préconisée de 3 mois avec bilan initial de 2 à 3 séances/semaine et au moins 1 jour de repos entre 2 séances.
Aides à la prescription
Beaucoup de programmes et d'application existent déjà. Voici quelques liens et des QR codes vers des outils déjà bien faits sur le sujet.

Bibliographie
[1] Actualisation des repères du PNNS - Révisions des repères relatifs à l'activité physique et à la sédentarité. Anses - Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail 2016. https://www.anses.fr/fr/content/actualisation-desrep%
C3%A8res-du-pnns-r%C3%A9visions-des-rep%C3%A8res-relatifs-%C3%A0-l%E2%80%99activit%C3%A9-physique-et-
%C3%A0 (accessed May 26, 2025).
[2] Décret n° 2016-1990 du 30 décembre 2016 relatif aux conditions de dispensation de l'activité physique adaptée prescrite par le médecin traitant à des patients atteints d'une affection de longue durée. 2016.
[3] Consultation et prescription médicale d'activité physique à des fins de santé. Haute Autorité de Santé n.d. https://www.has-sante.fr/ jcms/c_2876862/fr/consultation-et-prescription-medicale-d-activite-physique-a-des-fins-de-sante (accessed May 26, 2025).
[4] Sørensen J, Sørensen JB, Skovgaard T, Bredahl T, Puggaard L. Exercise on prescription : changes in physical activity and healthrelated quality of life in five Danish programmes. Eur J Public Health 2011;21:56–62. https://doi.org/10.1093/eurpub/ckq003.
[5] Swinburn BA, Walter LG, Arroll B, Tilyard MW, Russell DG. The green prescription study: a randomized controlled trial of written
exercise advice provided by general practitioners. Am J Public Health 1998;88:288–91. https://doi.org/10.2105/ajph.88.2.288. www.assojeunesgeriatres.
Dr Jérémie HUET, CCU-AH Gériatrie, CHU de Nantes
Camille LE MÉE, Médecine Générale, CHU de Nantes
Joséphine BOUCHAND, Médecine Générale, CHU de Nantes
Célie LETELLIER, Médecine Générale, CHU de Nantes
Pour l'association des Jeunes Gériatres

