C’est quoi la chirurgie aortique de demain ?

Publié le 15 Nov 2022 à 14:25
#Chirurgien
#Urgences
#Chirurgien Digestif
#Chirurgien Général
#Chirurgien Vasculaire
#Neurochirurgien
#Chirurgien orthopédiste
#Chirurgien dentiste

 

Pr Stéphan Haulon et Pr Jean-Philippe Verhoye ont accepté de répondre à deux questions simples : la chirurgie aortique en 2022 et celle de demain.

Stéphan Haulon est chef de service à l’hôpital Marie Lannelongue, spécialisé dans les endoprothèses aortiques. Il forme des spécialistes du monde entier aux techniques de chirurgie aortique mini-invasive.

Des endoprothèses sur-mesure

J’ai commencé la chirurgie mini-invasive endovasculaire complexe (endoprothèses fenêtrées et branchées) en 2002. À cette époque, j’étais plutôt un précurseur. Les premiers articles évaluant cette technique pour les anévrismes juxta et para rénaux ont démontré un bénéfice pour les patients fragiles considérés à « haut risque pour une chirurgie ». On a ensuite développé des solutions pour traiter des lésions aortiques plus complexes, telles que les anévrismes thoracoabdominaux, de la crosse, et les dissections chroniques. Aujourd’hui, la chirurgie endovasculaire mini-invasive est une alternative à la chirurgie conventionnelle pour le traitement des anévrismes aortiques complexes. Les endoprothèses sont fabriquées sur-mesure, et nécessitent donc un délai de fabrication. Pour les urgences, des endoprothèses multibranches qui s’adaptent à un grand nombre de patients sont maintenant disponibles. Cette révolution de la chirurgie aortique nécessite une formation adaptée des jeunes chirurgiens. Je pense qu’il est essentiel qu’ils maîtrisent à la fois la chirurgie ouverte et la chirurgie mini-invasive endovasculaire. Ces deux techniques sont complémentaires et nécessaires à la prise en charge de nos patients. Enfin, s’ils en ont l’occasion, je conseille aux jeunes chirurgiens de voyager dans le cadre professionnel. De voir ce qui se pratique dans les autres centres et dans les autres pays, c’est indispensable de se nourrir de l’expérience des autres !

Pr Jean-Philippe Verhoye est chef de service au CHU de Rennes. Il est président de la Société Française de Chirurgie Thoracique et Cardiovasculaire.

Une chirurgie de l’instantanéité

Aujourd’hui, sur l’ensemble du territoire, nous avons de nombreux services et de grands centres qui pratiquent la chirurgie aortique. L’intérêt, pour les internes en chirurgie, c’est de se former auprès d’équipes composites en chirurgie ouverte et mini-invasive. Grâce à cette complémentarité, les équipes peuvent s’adapter aux besoins de tous les patients.

Aujourd’hui encore, la chirurgie aortique reste une passion, une chirurgie de l’instantanéité. Ce sont des interventions à haut risque. Certes, les techniques endovasculaires comportent moins de risques immédiats mais nécessitent un contrôle technologique très sophistiqué, il y a moins de risques immédiats mais il y a aussi moins de visibilité sur le matériel posé.

Je crois que l’avenir passera toujours par la question « Qu’est-ce que l’on peut apporter au patient ? ». Nous sommes à une époque charnière avec les nanotechnologies. Nous vivons et nous vivrons des avancées importantes sur le plan génétique, pharmacologique et immunologique. Peut-être qu’un jour on se dira : « Vous vous rendez compte ! Avant, ils ouvraient les malades pour les soigner ! » Car les avancées seront telles que l’on pourra agir sur les maladies sans intervention chirurgicale.

Peut-être qu’un jour on se dira : « Vous vous rendez compte ! Avant, ils ouvraient les malades pour les soigner ! »

 Article paru dans la revue “ Les Jeunes Chirurgiens” / CNJC n°1

L'accès à cet article est GRATUIT, mais il est restreint aux membres RESEAU PRO SANTE

Publié le 1668518743000