Tordons le cou aux idées reçues : pourquoi chercher des informations médicales n'est pas toujours une mauvaise idée

Publié le 1667211629000

On a tous entendu cette petite phrase souvent de façon péjorative aussi bien de la bouche de patient-es mais surtout principalement de soignant-es "il ne faut jamais regarder sur internet !"

Mais qu'en est-il réellement ? Tout est-il vraiment bon à jeter sur Internet en termes de santé et d'auto-diagnostic ?

Il est courant d'entendre que quel que soit le symptôme saisi, la réponse sera un cancer, qu'en est-il réellement ?

On estime à 70 000 le nombre de recherches en santé sur Google chaque MINUTE. Selon une série de tests réalisés par des chercheurs en soumettant des symptômes d'une maladie à Internet, la recherche a été probante dans 36 % des cas menant au bon diagnostic.

On notera cependant que le taux de bonne réponse est un peu meilleur (de l'ordre de 60 %) quand il s'agit d'indiquer une situation urgente nécessitant un passage aux urgences, ce qui est tout de même plutôt rassurant.

La pertinence varie en effet de 15 à 50 % selon une revue de la littérature de la HAS.

Les informations recherchées concernent principalement une maladie, un traitement, des conseils hygiéno-diététiques ou encore les alternatives thérapeutiques.

Le mode de recherche est principalement via un moteur de recherche pour 60 à 92 % des patients.

Contrairement aux idées reçues, 59 % des patient-es utilisent des sites médicaux spécialisés et seulement 20 % des forums ou des blogs. On est donc loin du cliché des patient-es qui se soignent seul-es sur Doctissimo qui est encore bien trop souvent répandu par les soignant-es sûrement inquiet-es d'une perte d'asymétrie dans le mode relationnel.

Il nous apparaît intéressant cette inversion de balance rendant la relation plus équilibrée entre soignant-e et soigné-e avec une équitable répartition du savoir entre les 2 parties rendant plus facile la décision éclairée

Si Internet peut être un vecteur pour cela, il nous apparaît intéressant d'y associer les soignant-es pour conseiller aux patient-es les meilleures ressources quand on sait que seul 33 % des patient-es ont osé parler de leurs recherches Internet à leur médecin.

Les patient-es seraient majoritairement demandeurs d'en discuter avec leur médecin afin d'avoir des compléments d'information aux sujets des données trouvées sur Internet.

Les médecins sont quant à eux inquiet-es de l'incapacité des patient-es à discerner les informations erronées ou bien encore (notamment dans la population des oncologues) que ces recherches puissent majorer l'anxiété des patient-es seul-es face à ces informations.

Un des autres avantages d'Internet soulevé par les patient-es est l'accessibilité 24h/24 sans avoir peur de déranger.

Mais alors comment faire pour améliorer ces recherches sur Internet et les rendre plus fiables ?

Côté patient-es :

Pour commencer, on vous conseille d'utiliser des mots clés et expression sur des moteurs de recherche, de faire usage de synonymes voire d'acronymes qui peuvent améliorer la recherche, en privilégiant quand c'est possible les termes techniques

Il est également recommandé d'effectuer des recherches sur des sites médicaux spécialisés, auprès de sociétés savantes ou encore d'institutions officielles (type HAS, Santé Publique France par exemple).

Une bonne façon de faire le tri est lire beaucoup, ce qui permettra de recouper les infos, critiquer les incohérences et dégager les idées qui reviennent le plus.

Enfin, l'idée est de pouvoir (dans la mesure du possible) évoquer vos recherches et lectures auprès de vos soignant-es afin d'avoir leur avis et pouvoir poser les questions résiduelles.

Côté soignant-es

Il est important d'en parler avec les patient-es en consultation, interroger leurs connaissances avec bienveillance. Beaucoup de patient-es auront fait des recherches sans oser en parler par peur du jugement, il est important de faire le premier pas et de pouvoir accompagner leurs recherches

Il est important d'en parler avec les patient-es en consultation, interroger leurs connaissances avec bienveillance. Beaucoup de patient-es auront fait des recherches sans oser en parler par peur du jugement, il est important de faire le premier pas et de pouvoir accompagner leurs recherches

Il est important d'en parler avec les patient-es en consultation, interroger leurs connaissances avec bienveillance. Beaucoup de patient-es auront fait des recherches sans oser en parler par peur du jugement, il est important de faire le premier pas et de pouvoir accompagner leurs recherches

Enfin, il convient d'accepter ce qui peut venir des patient-es y compris si cela va à l'encontre de l'idée qu'on avait de la pathologie, savoir se remettre en question et accepter une idée qui ne serait pas sienne. Pour rappel, il est normal pour un médecin de ne pas tout savoir, la réaction saine est de l'accepter et orienter en conséquence.

LE SNJMG

Article paru dans la revue “Le Bulletin des Jeunes Médecins Généralistes” / SNJMG N°34

 

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Publié le 1667211629000