
Témoignage du Dr Martine Baspeyras
Soyons honnêtes : je ne rêvais pas de dermatologie, et encore moins d'esthétique. C'est un peu le hasard qui m'a menée là. À mes débuts à l'hôpital Saint-Louis et à Henri Mondor, je faisais surtout de la chirurgie dermatologique. C'était la grande époque des lambeaux généreux et des reconstructions ambitieuses. Les cicatrices ? Majestueuses ! Nous étions de vrais artistes… à grands traits. Et puis, un jour, j'ai voulu améliorer ces cicatrices que je contribuais moi-même à créer. L'esthétique est entrée par cette porte, discrètement, mais pour rester.

Ma spécialité était aussi les dermabrasions du visage entier à la « meule » pour les cicatrices d'acné ; les résultats étaient remarquables, mais les suites lourdes pour le patient et le praticien ; les patients partaient le visage emmailloté de compresses et de bandes, dignes d'un film de momie !
Il y avait aussi les « nettoyages de peau » : on perçait, on grattait, on faisait peler (à l'acide trichloracétique)… pour améliorer nos traitements anti-acnéiques. C'était technique, rigoureux, et déjà esthétique.
Il y a eu l'épilation à l'aiguille, longue, fastidieuse, minutieuse. Heureusement, le laser est arrivé, tel un sauveur high-tech, pour libérer nos yeux et nos patients.
Et puis, les injections sont apparues : pour les rides, mais aussi pour adoucir les cicatrices. Le flou entre thérapeutique et esthétique n'a cessé de grandir. Couperose, acné, lentigos… quand commence la pathologie ? On soigne ou on embellit ? Les deux, très souvent.
Ce DIU, c'est l'occasion de plonger dans ce monde passionnant, entre science et sens artistique. Vous apprendrez à mieux connaître la peau, les phanères et leur entretien. Vous y apprendrez à peler, lisser, injecter, illuminer, et à prendre vos patients en charge de manière globale ; vous leur ferez du bien et ils vous le diront. Nous sommes les spécialistes de la peau dans tous ses états, restons- les !
À la clé, des connaissances solides, des échanges enrichissants, une rencontre avec vos aînés et du compagnonnage pour la pratique, toujours dans la bonne humeur.
Parce que l'esthétique, c'est sérieux mais pas toujours solennel. Ma devise : « faire du travail sérieux sans se prendre au sérieux ».
Et le thème de nos Journées de Dermatologie Esthétique où je vous convie : « l'art du naturel, sublimer sans transformer ».
Au plaisir de vous croiser.
Témoignage du Dr Marco Grassi
« L'esthétique ? Moi, jamais. »
C'est ce que je pensais en début d'internat. Et puis j'ai vu la réalité : une demande croissante, des discours flous et une pratique souvent dévoyée hors du cadre médical. J'ai choisi le DIU de médecine esthétique pour reprendre la main : comprendre, cadrer, pratiquer avec exigence. Cette formation dure un an, organisée en trois sessions de cours réparties entre Paris, Bordeaux et Nice. Des matinées sont consacrées à la pratique, notamment aux injectables, ce qui aide à mieux appréhender les gestes. 10 demi-journées de stage pratique sont à réalisées en cabinet ou à l'hôpital. L'examen final en distanciel a lieu en juin et se compose de QCM, QROC et d'un cas clinique.
Au-delà des techniques, le DIU permet surtout de développer une vraie posture médicale face aux demandes souvent floues des patients.
Cette compétence à part entière est utile quelle que soit l'orientation que l'on choisit pour sa pratique.,
Témoignage du Dr Georgio Chidiac
J'ai choisi de suivre le DIU de dermatologie esthétique, lasers et cosmétologie pour compléter ma formation et intégrer l'aspect esthétique de la dermatologie. Ce diplôme m'a semblé utile pour acquérir des bases claires et solides dans un domaine en plein développement, où il est important de garder une approche médicale rigoureuse face à une offre souvent mal encadrée.
Le DIU s'adresse aux dermatologues diplômés ou en cours de formation. Il se déroule en présentiel sur une année universitaire, avec trois séminaires, de deux à trois jours chacun, répartis entre Paris, Bordeaux et Nice.
Le séminaire de Paris aborde la physiologie cutanée, la cosmétologie, ainsi que les spécificités de la peau noire et de la peau masculine. Le séminaire de Bordeaux approfondit l'usage des injectables (toxine botulique, fillers), les bases théoriques des différents types de lasers, surtout les lasers vasculaires, et inclut une demi-journée de stage d'observation. Le séminaire de Nice est centré sur les troubles pigmentaires et l'utilisation des lasers pigmentaires.
En complément, dix demi-journées de stage sont à effectuer auprès de dermatologues ou de chirurgiens plasticiens accrédités, ce qui permet une première exposition à la pratique sur le terrain. Le diplôme est validé par un examen écrit dans la ville d'inscription.
Ce DIU m'a permis d'acquérir une bonne base en cosmétologie, en indications des lasers et des techniques d'injection, ainsi qu'une meilleure compréhension des aspects réglementaires et éthiques de la médecine esthétique. Cependant, il reste très axé sur la théorie, avec un manque de formation pratique encadrée, notamment d'ateliers où les participants pourraient réaliser eux mêmes des gestes (comme les injections ou lasers) sous supervision.
Au total, ce DIU constitue une bonne introduction théorique à la médecine esthétique, que je conseille surtout aux dermatologues qui n'ont pas eu l'occasion d'avoir une première exposition au domaine durant leur internat ou leur pratique clinique.

Dr Marco GRASSI
Assistant spécialiste
en dermatologie
CHU de Limoges

Dr Georgio CHIDIAC
Dermatologue à Lyon

Dr Martine BASPEYRAS
Dermatologue, Bordeaux
Présidente du SFED

