
Pour aider les autres, par conviction, pour les rencontres, pour l'enrichissement intellectuel, Vincent Guillet, interne en 6e semestre de biologie médicale à Paris est engagé au niveau associatif et syndical depuis sa 2e année de médecine. Il raconte ses expériences.

Par conviction
En 2e année de médecine, il aide un ami, désormais interniste à Brest, pour rédiger un polycopié pour le tutorat, puis on lui propose de prendre sa "succession" dans l'association. Une première expérience qui lui met le pied à l'étrier. Cette grande équipe d'étudiants bénévoles organise 4 examens blancs par an, pour 2500 étudiants de 1ère année. Un travail d'envergure mais qu'il ne regrette pas. D'ailleurs, il a continué à garder contact avec nombre d'entre eux qui ont choisi d'autres spé : HGE, radio, psychiatrie, médecine légale, MG ou réa. Son engagement dans le tutorat fut aussi motivé par la défense de l'égalité des chances face au système privé des prépas. « Tous les étudiants ne peuvent pas s'offrir une prépa à 3000 euros le semestre. Nous, nous ne demandions que 10 euros de cotisation annuelle », fait-il remarquer.
En 3e année, Vincent s'investit à l'ANEMF en tant que vice-président chargé des partenariats, l'occasion de rencontrer des entreprises et de découvrir un autre milieu que celui universitaire ou hospitalier. « L'ANEMF est présente sur toute la France, nous sommes amenés à bouger, à rencontrer les associations locales et à créer des collaborations dans plein de domaines, en France et à l'international ».

S'investir sans se griller les ailes
Si Vincent a levé le pied pendant la préparation des ECN, il s'est engagé sur tous les fronts dès sa première année d'internat. L'un de ses rôles fut référent de sa spécialité à Paris au sein de son syndicat local, le SIHP. Être référent consiste à faire le lien entre les souhaits des internes, les Doyens, l'ARS, le coordonnateur du DES et les terrains de stage. « La biologie médicale est une spé à part, partagée entre pharmacie et médecine. On échangeait régulièrement avec les référents pharmaciens, pour faire correspondre au mieux l'offre de stage », précise-t-il.
Puis, en deuxième année d'internat en 2022/2023, il intègre le bureau de l'ISNI en tant que VP en charge de l'enseignement supérieur. Il suit notamment l'évolution du Centre National d'Appui (CNA) mis en place en 2019 et reformé en Coordination Nationale d'Accompagnement des Étudiants en Santé (CNAES) en 2021. « Il était essentiel que les internes continuent à être représentés dans la gouvernance de ce dispositif », explique-t-il. Le CNA est une plateforme d'écoute et de soutien pour tous les étudiants en santé. Parallèlement, Vincent représente la biologie médicale à l'ISNI en tant que VP chez Les Biologistes Médicaux. Comment arrive-t-il à tout concilier ? « Les réunions et les auditions me prenaient deux demi-journées par semaine en plus du travail de fond. », décompte-t-il.
« J'avais peu de temps libre avec la multiplication des casquettes, mais chacun de ces engagements m'a beaucoup apporté ».
Et ces projets en 2025 ? « Je me consacre à la recherche ! », répond-il du tac-au-tac. Vincent prendra une année de césure pour réaliser un Master 2 en Microbiologie. Avec en ligne de mire une carrière hospitalo-universitaire. « À la fin du lycée je voulais déjà travailler en biologie moléculaire. Je cherchais une formation transversale, ce que me proposait la médecine. J'avais découvert l'hospitalo-universitaire lors d'un stage à l'Institut Cochin qui m'a tout de suite conforté dans mon choix. J'aimais cette complémentarité entre les consultations à l'hôpital, les cours et la recherche », se souvient-il.
Et que dire aux jeunes internes qui hésiteraient à s'engager au sein de leur syndical local ou de spé ? « Faites un essai, venez en renfort ponctuellement. Toutes les énergies sont les bienvenues et vous ferez de belles rencontres. Lancez-vous dans un projet qui fait sens pour vous : pour moi c'était juste aider un ami à rédiger un polycopié. La suite c'est une aventure ! ».


