
Le 18 septembre dernier, lors de la mobilisation devant l'hôpital Saint-Antoine à Paris, Patrick Pelloux a pris la parole lors de l'assemblée générale, entouré d'élu·es et de syndicalistes.
Pourtant, de nombreuses femmes l'ont accusé d'avoir eu des comportements de « prédateur sexuel », notamment envers des collègues à l'hôpital, des faits graves qu'il n'a jamais reconnus. De ces dénonciations sont nés les mouvements #MeTooHopital et #MeTooMedecine.
L'absence de condamnation ne saurait le blanchir : en France, seulement 1 % des violeurs sont condamnés. Les violences sexistes et sexuelles demeurent massivement impunies.
Face à des accusations aussi graves, la prudence n'est pas une option, c'est une responsabilité. L'attitude de Patrick Pelloux interroge la sincérité de ses engagements sociaux, qui ne peuvent se prétendre inclusifs sans être aussi féministes. Nos luttes sociales ne peuvent s'accommoder de la présence d'hommes accusés de violences : les accepter, c'est trahir les victimes. C'est aussi envoyer un message désastreux à nos collègues femmes : celui qu'elles ne peuvent pas lutter à nos côtés en sûreté, ni s'exprimer librement. C'est enfin contribuer à la banalisation des violences sexistes et sexuelles, à la normalisation de la culture du viol, et à l'impunité des agresseurs.
S'engager contre les VSS, c'est reconnaître la légitimité de la parole des victimes et refuser de donner une tribune à ceux qui sont mis en cause.
Il est inconcevable de balayer d'un revers de main de telles accusations.
La convergence des luttes est indispensable : elle nous rend plus fort·es. Mais elle ne doit jamais se faire au prix de nos valeurs, ni au détriment de celles et ceux que nous prétendons défendre.
Aucune lutte ne doit être hiérarchisée, aucune oppression minimisée.
On ne peut ignorer les « antécédents » de certain·es lorsque ceux-ci contredisent nos principes fondamentaux.
Lutter contre le patriarcat, contre les inégalités et les violences qu'il engendre, doit être un socle commun, non négociable — la condition même de notre libération collective.
Nous demandons qu'à l'avenir, Patrick Pelloux, comme toute personne accusée de violences sexistes et sexuelles n'ayant pas pris part à un processus de justice transformative, ne soit plus invité à s'exprimer ni associé à nos luttes.
La cohérence doit guider nos engagements.
Nos luttes sociales doivent être féministes, antiracistes, antivalidistes, pro-queer — ou elles ne seront pas.
Soutien total aux victimes. Nous vous croyons.
Références
- https://www.ladepeche.fr/2024/04/15/metoo-a-lhopital-comment-patrick-pelloux-a-ete-exfiltre-des-urgences-par-lancienne-ministre-de-la-sante-roselyne-bachelot-11892516.php
- https://www.franceinfo.fr/societe/harcelement/l-infectiologue-karine-lacombe-accuse-l-urgentiste-patrick-pelloux-de-harcelement-sexuel-et-moral_6480311.html
- https://www.franceinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/grand-entretien-metoo-a-l-hopital-il-est-important-de-mettre-des-visages-ce-qu-il-se-passe-a-l-hopital-estime-karine-lacombe-apres-ses-accusations-contre-patrick-pelloux_648487 7.html
- https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/face-aux-agressions-sexistes-et-sexuelles-au-sein-de-notre-camp-gardons-la-boussole-de-lautonomie-de-n otre-classe/
Premiers signataires
Assemblée pour des soins antiracistes et populaires
Collectif contre les violences sexistes et sexuelles en santé
SNJMG syndicat national des jeunes médecins généralistes
Observatoire Féministe des Violences Médicales
Stop aux Violences Obstétricales et Gynécologiques
Relève Féministe
NousToutes 93 antiraciste
#NousToutes
POPSICLES
BALANCE TA BANDELETTE
Union syndicale Solidaires
Pour une santé engagée et solidaire
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