Medecin hospitalier… chez le patient

Publié le 11 May 2022 à 15:52
#Médecin Polyvalent

Yann Barthélémy, jeune praticien, est médecin coordonnateur de l’HAD du CHU de Grenoble Alpes. Il fait équipe avec Virginie Broussoux, interne en médecine générale qui passe son stage de 5e semestre au sein de ce service hospitalier particulier qu’est l’hospitalisation à domicile.

Virginie Broussoux
Interne en médecine générale
H.- Comment avez-vous connu l’HAD ?
Virginie Broussoux.-
Un peu par hasard… Suite à ma grossesse, je ne pouvais pas faire un stage en médecine de ville car je devais être en surnombre sur un stage hospitalier.

H.- Connaissiez-vous l’HAD avant le stage ?
V.B.- Très peu ! Je ne me souviens pas de cours ou de mention de l’HAD lors de mes études médicales. Au cours de tous mes stages, en externat ou en internat, l’HAD n’a été évoquée qu’une seule fois. C’était en pédiatrie car je devais organiser le retour à domicile d’un enfant souffrant d’une pyélonéphrite chez qui il fallait poursuivre un traitement antibiotique intraveineux. Aujourd’hui, je me dis que nous manquons encore d’informations sur les possibilités qu’offre l’HAD, y compris les médecins traitants en activité ! Pourtant, ce dispositif pourrait les soulager dans le suivi des patients complexes.

H.- En quoi ce stage a-t-il fait évoluer votre pratique médicale ?
V.B.- J’ai appris à gérer les visites à domicile pour des patients aux pathologies complexes. J’ai découvert aussi le travail en équipe avec le médecin traitant et les autres professionnels de santé. De façon plus globale je connais désormais le fonctionnement de l’HAD, quelles prises en charge peuvent y être proposées mais aussi les limites, en particulier sur le plan psycho- social. En effet, j’ai été confronté à des prises en charge techniquement réalisables pour lesquelles le patient et/ou sa famille s’oppose au retour à domicile pour différents motifs (isolement, manque de ressources, appréhension…). Ces connaissances me seront utiles dans l’exercice de la médecine générale.

Yann Barthélémy
Médecin coordonnateur de l’HAD du CHU de Grenoble Alpes.

H.- Quel est votre rôle en tant que médecin coordonnateur de l’HAD ?
Yann Barthélémy.- Il n’y a pas de modèle unique de service d’hospitalisation à domicile. Le rôle du médecin coordonnateur peut donc être différent d’une HAD à une autre. En tant que médecin hospitalier, j’évalue le patient avant qu’il ne rentre en HAD et je définis son projet de soins avec le médecin traitant et avec le spécialiste si le patient était déjà hospitalisé. Je réalise un suivi du patient durant son séjour en HAD, conjointement avec son médecin traitant et les éventuels spécialistes. Je prononce les décisions de sortie.

H.- Quels sont les pathologies traitées en HAD ?
Y.B.- Elles sont très variées ! Il y a une grande part d’oncologie, que ce soient des chimiothérapies, des soins palliatifs ou une fin de vie à domicile. En HAD, nous réalisons aussi des pansements lourds et complexes ou avec aspiration active par pression négative, des alimentations artificielles, des traitements hospitaliers…

H.- Quelles sont les spécificités de l'HAD ?
Y.B.- Le rôle propre de l’HAD est de réaliser des prises en charge de nature hospitalières (complexité, technicité…) au domicile du patient. Pour cela, nous réalisons une prise en charge globale du patient. Nous travaillons en pluridisciplinarité avec notamment des assistantes sociales, des psychologues, des kinésithérapeutes, des diététiciennes… Les différents professionnels interviennent au domicile du patient et nous réalisons des staffs hebdomadaires pour le suivi.

H.- Pourquoi accueillir des internes en stage à l’HAD ?
Y.B.- C’est très enrichissant pour les internes en médecine générale qui découvrent ainsi les visites à domicile de patients aux pathologies lourdes et complexes. Il y a aussi le rapport au patient qui change. Si à l’hôpital le patient se retrouve seul face à une équipe médicale, là c’est l’inverse ! C’est nous qui sommes seul face au patient, à sa famille et à leur environnement.

Article paru dans la revue “Le magazine de l’InterSyndicale Nationale des Internes” / ISNI N°18

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