
Killian L'HELGOUARC'H
Killian est en dernier semestre d'internat, en SASPAS (Stage Ambulatoire en Soins Primaires en Autonomie Supervisée) à Langogne en Lozère où son temps est partagé entre le service médecine de l'hôpital de proximité, en libéral au cabinet.

Quel fut votre poste au sein de l'ISNI et en quelle année ?
Killian L'HELGOUARC'H.- Je fus président de l'ISNI en 2024/2025 après un mandat à la présidence du Syndicat des Internes de Languedoc-Roussillon (SILR) en 2023/2024. J'étais secrétaire général l'année précédente et vice-président en 2021/2022 du SILR. En 2018-2019, j'ai été trésorier au sein de l'Association Nationale des Étudiants en Médecine de France (ANEMF). Ces différents postes m'ont permis d'avoir une vue d'ensemble du fonctionnement d'un syndicat et d'une association.
Que vous a apporté votre engagement syndical et associatif lors de votre internat ?
K. L.- Cela m'a ouvert l'esprit sur le fonctionnement politico-économique du système de santé au-delà de notre "petite vie" d'interne. Cela m'a aussi apporté de la confiance en moi car nous sommes exposés à nos pairs, aux décideurs et aux médias. J'ai également acquis des compétences managériales et de gestion de projets. Enfin, cet engagement à la présidence fut très intense aussi, émotionnellement et humainement. J'ai eu la chance d'avoir une super équipe avec moi.
La présidence de l'ISNI fut-elle un obstacle dans votre parcours d'interne ?
K. L.- Non. J'ai eu de la chance d'avoir des professeurs qui étaient très ouverts et au fait que ce que je portais à l'ISNI était la voix de tous les internes. J'ai eu aussi la chance d'avoir des stages qui étaient au clair avec mes engagements syndicaux avec des aménagements qui me permettaient de faire les deux.
Cet engagement vous est-t-il toujours utile dans votre parcours ?
K. L.- Tout ce que j'ai appris m'est toujours utile notamment dans le relationnel avec les patients. Cela me permet d'aller un peu au-delà de mon rôle médical lors d'une consultation, en leur expliquant le système de santé dans lequel on est : la raison de la consultation à 30 euros, pourquoi c'est important de ne pas contraindre les jeunes médecins dans leur choix d'installation, etc.
Êtes-vous toujours investi au niveau associatif/syndical ?
K. L.- Je suis toujours investi pour le syndicat de Montpellier. Actuellement, j'essaye de mettre en place pour la fin d'année, une soirée de remise des diplômes de fin d'internat, pour un moment convivial. Cela n'existe pas, à ma connaissance, en France. Enfin, je suis également investi au sein des Shifters, pour la décarbonisation de la société. Et en médecine avec des remplacements quand je peux dans les territoires Lozériens.

Léo DELBOS
Léo est médecin de santé publique au cabinet de la direction déléguée à la gestion et à l'organisation des soins (DGOS) de la CNAM (Caisse Nationale de l'Assurance Maladie).

Quel fut votre poste au sein de l'ISNI et en quelle année ?
Léo DELBOS.- En 2022, je fus secrétaire général adjoint de l'ISNI puis secrétaire général l'année suivante. En 2024, je fus premier vice-président de l'ISNI. En parallèle, j'ai été secrétaire général au Collège de Liaison des Internes de Santé Publique, le CLISP, en 2022.
Que vous a apporté votre engagement syndical et associatif lors de votre internat ?
L. D.- Cela m'a beaucoup apporté et sur différents plans. Le premier est celui humain : on rencontre beaucoup de personnes, de confrères et consoeurs qui partagent la même volonté d'agir soit sur une formation, soit sur les conditions de travail, ou le système de santé pour le rendre meilleur. D'un point de vue humain, c'est très, très riche même si pas toujours facile puisqu'on peut aussi avoir des divergences de point de vue, mais cela enrichit les débats finalement.
Par ailleurs, sur le plan de la connaissance du système de santé, j'ai été confronté à différents mécanismes institutionnels que l'on doit maîtriser, les projets de lois de finances au Parlement, les arrêtés et décrets côté gouvernemental ou encore les négociations conventionnelles avec l'Assurance maladie par exemple.
Enfin, le troisième point, c'est le travail en équipe, apprendre à collaborer avec plusieurs personnes, manager, faire de la gestion de projets complexe avec des impératifs, des deadlines, des urgences tout en jonglant avec son internat. Cela nous apprend à être « couteau suisse » et c'est très motivant.
Cet engagement vous a-t-il été utile dans votre parcours ?
L. D.- Cet engagement a donné du sens et m'a permis de répondre à des difficultés que j'avais pu vivre ou que des amis avaient vécu lors de l'internat. Cela permet de se saisir de ces enjeux et de ne pas rester « simple observateur ». L'expérience acquise pendant ces années, je m'en souviendrai toute ma vie.
Êtes-vous toujours investi au niveau associatif/syndical ?
L. D.- Aujourd'hui, je ne suis pas investi au sein d'un syndicat mais je n'écarte pas à l'avenir un engagement au sein d'une association sur des thématiques de santé publique, cela pourrait être intéressant. J'encourage les internes à s'investir dans leur association de spécialité, syndicat de ville ou à l'ISNI car c'est une aventure humaine très riche ! L'engagement associatif partage les valeurs du compagnonnage où l'on accompagne et transmet aux autres, ce qui est très important dans nos études et notre parcours de médecin.
Nawale HADOUIRI-PIROCCA
Nawale est praticienne Hospitalo-Universitaire (PHU) en Médecine Physique et Réadaptation (MPR) - Neurologie au CHU Dijon depuis mars dernier après une mobilité post doctorale aux Hôpitaux Universitaires de Genève.

Quel fut votre poste au sein de l'ISNI et en quelle année ?
Nawale HADOUIRI-PIROCCA.- En 2019/2020, j'étais 1ère Vice-Présidente et VP à l'enseignement supérieur et à la recherche. En 2020/2022, j'étais chargée de mission pour le pôle recherche. J'ai aussi été présidente de l'Association des Jeunes en Médecine Physique et de Réadaptation (AJMER) et présidente du syndicat de ma ville, Besançon.
Que vous a apporté votre engagement syndical et associatif lors de votre internat ?
N. H.-P.- Il m'a surtout apporté des connaissances dans le fonctionnement du milieu hospitalier et du microcosme médical. Je suis une fervente défenseuse du service public et mes engagements ont renforcé cette conviction.
Grâce à mes années syndicales, j'ai gagné en organisation, en capacité de charge de travail, et j'ai appris à structurer des projets et autres demandes par exemple pour améliorer les conditions d'exercice et parcours de soins de patients.
Globalement, mon expérience est positive. Mais mon engagement a aussi déplu à certains, ce qui a été un peu problématique quand on veut faire une carrière hospitalo-universitaire. Sans oublier qu'être engagée peut se révéler parfois ingrat car on essuie du mécontentement si l'on a pas réussi à faire aboutir telle ou telle action.
Cet engagement vous a-t-il été utile dans votre parcours en termes de contacts, d'expériences, de connaissance de la législation ?
N. H.-P.- Je n'ai pas fait de réseautage pendant mes années à l'ISNI, en revanche, j'ai noué de belles amitiés ! J'ai développé des aptitudes dans la communication et je suis toujours très active sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, j'ai créé un compte de vulgarisation médicale appelé @dr_nawell2.0. J'y partage le quotidien d'un médecin et j'en profite pour faire connaitre ma spécialité. Ce n'est pas une activité rémunérée mais je me plais beaucoup à continuer ce travail de transmission pédagogique.
Êtes-vous toujours investie au niveau associatif/syndical ?
N. H.-P.- Aujourd'hui, je me consacre à ma pratique médicale. Le seul engagement associatif que j'ai pris, de manière ponctuelle, est celui à l'association Donner des ELLES à la santé.

