La psychiatrie publique en colère

Publié le 02 Aug 2022 à 16:42
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#Psychiatre de l'enfant et de l'adolescent

APPEL À JOURNÉE D’ACTION ET DE GRÈVE

Communiqué de presse · 10 juin 2022

L’IDEPP, le SPEP, le SPH et l’USP lancent la mobilisation face à la gravité de la situation que traverse notre discipline. Jamais dans son histoire, depuis la libération, la psychiatrie n’a connu un tel danger : l’effondrement est proche.

Les crises auxquelles est confrontées notre pays (vagues COVID successives, guerre en Europe, etc.) ont eu des répercussions très importantes chez nos concitoyens, notamment les plus jeunes avec des vagues d’adolescents arrivant à nos urgences pour geste suicidaire, angoisse majeure, dépression, décompensations, etc.

Notre système de soins, déjà en extrême difficulté avant ces évènements, se trouve aujourd’hui submergé par la déferlante et s’effondre littéralement. Nous ne sommes plus en capacité d’assumer les missions de service public qui sont les nôtres.

Par ailleurs nous constatons, sur tout le territoire national, des difficultés sans précédent avec :
- Effondrement du nombre des psychiatres dans le service public (+ de 30 % des postes vacants) et fuite des médecins vers le libéral.
- Déficit de personnel soignant en psychiatrie.

Les conséquences pour la prise en charge des usagers sont dramatiques :
- Destruction d'une politique de secteur public de psychiatrie d'intérêt général par la fermeture de structures ambulatoires (CMP, HDJ, CATTP), de lits et d’unités d’hospitalisation devant l’impossibilité de trouver des soignants et des médecins pour les faire fonctionner.
- Engorgement des urgences du fait de l’augmentation majeure de la demande de soins psychiatriques et de l’incapacité des structures d’amont à y répondre. Les patients en attente demeurent alors sur des brancards ou dans des bureaux transformés en « chambre ».
- Délai de consultations et de prises en charge qui ne cessent d’augmenter avec répercussion anxiogène pour les patients et leurs familles.
- Nécessité de « prioriser » les demandes de soin devant l’inadéquation des moyens.
- Perte de sens pour les soignants et les médecins : sentiment fort d’insatisfaction, désintérêt, voire rejet.
- Dégradation des soins portés aux patients, majoration des tensions et des recours à l’isolement/contention.
- Dégradation des conditions de travail et de vie.
- Épuisement des équipes, multiplication des arrêts de travail et des départs de l’hôpital public.

L’IDEPP, le SPEP, le SPH et l’USP lancent un appel solennel face à cette catastrophe en santé publique, afin que tout soit mis en œuvre pour éviter le naufrage annoncé.

C’est une urgence républicaine ! Elle risque de devenir une urgence humanitaire.

Dans ces conditions, les syndicats soussignés, ensemble, appellent tous les psychiatres publics a une grande journée d’actions et de grèves le 28/06/2022 dont les modalités de déroulement exactes seront rapidement communiquées à l’ensemble de la profession.

Norbert SKURNIK
Président de l’Intersyndicale de la Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP)

Marie-José CORTÈS
Présidente du Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH)

Michel TRIANTAFYLLOU

Président du Syndicat des Psychiatres d’Exercice Public (SPEP)

Delphine GLACHANT
Présidente de l’Union Syndicale de la Psychiatrie (USP)

Article paru dans la revue “Le Syndical des Psychiatres des Hôpitaux” / SPH n°21

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