La face cachée des discriminations

Publié le 11 May 2022 à 00:48
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#Gynécologue-obstétricien

Le SYNGOF a été interpellé par AIDES au sujet de la discrimination faite aux femmes séropositives lors de leur prise de rendez-vous chez nos confrères.

Le rapport d'AIDES démontre qu'il reste encore un long chemin à parcourir. Il décrit le refus de soins de la part de gynécologues. L'association AIDES rapporte des refus de soins gynécologiques. Pour objectiver ce refus un testing a été fait auprès de 290 gynécologues tirés au sort. En région Centre deux villes sont concernées par l'étude, Tours et Châteauroux. Sur la période du 7 au 10 avril 2015, 154 cabinets de gynécologie ont été contactés pour demander un rendez-vous pour un frottis chez une patiente HIV +, puis un rendez-vous sans parler de séropositivité.

AIDES écrit que pour les gynécologues, leur nombre est insuffisant avec de véritables inégalités d'accès sur le territoire. Il précise que le refus de soins dans les cabinets de gynécologie reste beaucoup plus faible que chez les dentistes. Le tiers des cabinets dentaires testés refusent de recevoir des patients HIV +.

Dans le cadre du projet de santé AIDES a rédigé plusieurs amendements afin de faire entrer dans la loi un ensemble de mesures qui permettraient de mieux qualifier le refus de soins, d'en observer la réalité et de faire en sorte que les personnes qui en sont victimes puissent mieux se défendre et faire valoir leurs droits.

Répartition des refus de soins de la part des cabinets de gynécologie
• 6% de refus de soins directs ou déguisés
• 17,2% de pratiques discriminatoires

Refus déguisés : horaires contraignants, dépassements, orientation vers d'autres confrères.
La FNCGM a fait une enquête (ci-dessous) du 31 mars au 23 avril 2016 à laquelle elle a reçu 284 réponses de gynécologues. Voici les réponses :

1 - Recevez-vous des nouvelles patientes pour une CS de prévention avec frottis ?
2 - Comment les patientes obtiennent un rendez-vous ?
3 - Avez-vous formé votre secrétariat vis-à-vis de ce problème ?
4 - Avez-vous refusé des patientes séropositives à votre cabinet ?
5 - Quelles pistes apporter pour améliorer l'accès aux patientes HIV + chez le gynécologue ?

Qui donne vos rendez-vous ?
Si oui, pouvez-vous préciser :
• 15% des gynécologues n'ont pas de secrétariat et prennent les rendez-vous eux-mêmes,
• 82,4% des gynécologues ont un secrétariat sur place ; personnel ou partagé,
• 26,3% des gynécologues ont un secrétariat téléphonique,
• 18,5% des gynécologues ont une prise de RV par internet, Qui acceptent des nouvelles patientes ?
• 98% des gynécologues

Quel est le délai pour obtenir un RV ?
59% proposent un RV à quelques jours
• 4% à 2 mois

Qui suit des patientes HIV positif ?
• 77,90%

Cette CS est-elle plus longue ?
• Oui pour 49%

Conclusion
AIDES avait écrit dans son rapport que le nombre insuffisant de gynécologues est la principale cause d'inégalités d'accès sur le territoire à ces spécialistes .

L’enquête de la FNCGM révèle que 19% des gynécologues qui ont répondu ne suivent pas les femmes séropositives en ville. Le biais de ce testing par l’association AIDES concerne la demande de RV pour un frottis chez une femme porteuse de ce virus.

Le fait d’annoncer que la patiente est porteuse du virus sous-entend obligatoirement qu’elle bénéfice d’un suivi médical par un médecin traitant. Un courrier d’adressage au gynécologue devrait se justifier et serait susceptible de modifier la réponse à la demande de rendez-vous.

Dans ce contexte, les soins à ces patientes nécessitent une coordination ville-hôpital, généraliste-gynécologue pour améliorer la prise en charge de ces femmes.

* Gynécologue médicale, Secrétaire générale du Syngof et Présidente du Collège de Gynécologie du Centre Val de Loire.

Article paru dans la revue “Syndicat National des Gynécologues Obstétriciens de France” / SYNGOF n°106

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