Imagerie thoracique : pourquoi choisir votre sur-spécialité ?

Publié le 1652708520000


L’imagerie thoracique est une spécialité extrêmement riche et variée. Elle recouvre des pathologies multiples et souvent sévères (infectieuses, inflammatoires, tumorales, vasculaires, congénitales), dans des situations à la fois d’urgence et chroniques. L’imagerie est au coeur de la prise en charge de maladies pulmonaires ayant connu de véritables révolutions thérapeutiques au cours des dernières années, notamment le cancer pulmonaire (thérapies ciblées, immunothérapie) et les pneumopathies infiltrantes diffuses (médicaments antifibrosants).

Ce qui rend l’imagerie thoracique passionnante, c’est le raisonnement diagnostique qui s’apparente souvent à une enquête policière, requérant précision et rigueur dans l’analyse sémiologique, et esprit de synthèse dans l’interprétation et l’intégration aux données cliniques.

A côté de l’activité diagnostique, il existe un volet interventionnel thoracique axé sur l’oncologie (biopsies pulmonaires et médiastinales, ablations tumorales percutanées) et les urgences vasculaires (embolisations d’hémostase, angioplasties veineuses caves).

Au total, l’imagerie thoracique est source de grandes satisfactions pour le radiologue, tant dans la démarche intellectuelle que dans l’impact de son activité diagnostique ou interventionnelle sur la prise en charge du patient. 

Quelles sont les grandes lignes du programme en phase de consolidation ?

C’est un programme d’enseignement « niveau expert » qui comporte quatre modules principaux. Une première partie est dédiée à l’imagerie avancée du cancer pulmonaire et au dépistage par scanner faible dose. Une deuxième partie couvre les pneumopathies infiltrantes diffuses, des plus fréquentes aux plus rares. Une troisième partie détaille les pathologies vasculaires pulmonaires. Enfin, la dernière partie est dédiée à la pathologie médiastinale, diaphragmatique et congénitale, ainsi qu’à l’IRM pulmonaire. Comme pour les autres surspécialités d’organe, cet enseignement théorique donnera lieu à un contrôle des connaissances et devra être couplé à un stage de 6 mois dans un service spécialisé pour permettre à l’étudiant de valider « l’école d’imagerie thoracique ».

Quelles sont les futures techniques d’imagerie en diagnostic et en interventionnel ?

En TDM thoracique, les protocoles faible dose voire ultra-faible dose connaissent un essor grandissant, autorisé par le contraste naturel du parenchyme pulmonaire et les reconstructions itératives. Le scanner spectral et le scanner à comptage photonique trouveront probablement de plus en plus d’indications dans les années futures. Du point de vue du post-traitement, les logiciels de détection et de volumétrie automatique des nodules pulmonaires se développent rapidement, apportant un gain de temps précieux au radiologue de plus en plus confronté à la découverte de ces anomalies et à leur suivi. Les logiciels de quantification automatiques des maladies bronchiques et parenchymateuses permettent une évaluation plus objective des anomalies constatées visuellement. En IRM pulmonaire, de nouvelles techniques permettent d’obtenir des résolutions spatiales satisfaisantes sur le parenchyme, avec des temps d’acquisition raisonnables. Enfin en imagerie interventionnelle, la palette des techniques d’ablation percutanée s’agrandit tandis qu’émerge l’angioplastie des artères pulmonaires très prometteuse dans l’hypertension pulmonaire thrombo-embolique.

En quoi consisterait le métier de demain dans votre sur-spécialité ?

Le radiologue avec spécialisation thoracique saura d’abord choisir les meilleures modalités (techniques, protocoles) pour explorer les anomalies suspectées. Il pourra s’appuyer sur les nouveaux outils de détection et de quantification automatique des anomalies bronchiques et parenchymateuses, mais sa valeur ajoutée résidera dans son sens clinique et son regard critique vis-à-vis de ces nouveaux outils. Il nous semble important que le radiologue thoracique de demain possède une certaine compétence en imagerie cardiaque tant sont étroites les interactions anatomiques et physiopathologiques entre coeur et poumons. Il travaillera en étroite collaboration avec les médecins cliniciens (pneumologues, internistes, cardiologues, hématologues, urgentistes…) pour exploiter au maximum les capacités diagnostiques de l’imagerie. Il participera aux réunions pluridisciplinaires. Enfin il s’inscrira comme un acteur incontournable du dépistage scanographique du cancer du poumon, seule stratégie susceptible d’en faire chuter drastiquement la mortalité.

Quels sont pour vous les débouchés de votre surspécialité dans le public ? Le privé ?

Le mixte ? Une carrière universitaire ?

L’imagerie thoracique est une spécialité qui se prête à tous les modes d’exercice et qui n’est pas réservée aux CHU. L’expertise d’un radiologue thoracique est très recherchée dans les grosses structures libérales, notamment celles avec une importante activité pneumologique. Dans les centres hospitaliers et de nombreuses cliniques, le radiologue thoracique participe aux réunions de concertations pluridisciplinaires, notamment en oncologie thoracique et pour la prise en charge des pneumopathies infiltrantes diffuses. Ses compétences sont par ailleurs très appréciées dans toutes les structures accueillant des urgences (dyspnée aiguë, douleur thoracique, hémoptysie, polytraumatismes…).

Enfin les candidats à une carrière universitaire sont les bienvenus. Ils auront l’opportunité d’assouvir leur passion pour l’imagerie thoracique dans le soin, la recherche et l’enseignement. La Société d’Imagerie Thoracique est une société d’organe dynamique qui accueille avec enthousiasme les jeunes radiologues intéressés par cette spécialité, quel que soit leur lieu et leur mode d’exercice.

Article paru dans la revue “Union Nationale des Internes et Jeunes Radiologues” / UNIR N°43

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