
Depuis 2018, les internes en génétique se retrouvent chaque semestre pour des consultations simulées avec des acteurs amateurs et un metteur en scène professionnel. Comment s'organisent-ils pour préparer ces ateliers ? Comment arrivent-ils à fédérer tous les internes ? Retour d'expérience avec Margot Comel, co-présidente de la Société des Internes et jeunes Généticiens de France (SIGF) et Lucie Rouaux, Vice-Présidente représentation.
Comment sont préparées ces consultations simulées avec les acteurs ?
Margot Comel.- En amont, le PUPH et l'équipe médicale travaillent avec le metteur en scène et les acteurs sur des situations précises, notamment des profils ou des comportements de patients que l'on peut rencontrer : un couple en confl it qui se hurle dessus et s'accuse mutuellement, une personne complètement mutique, une qui part dans une attaque de panique, une autre encore qui est déficiente intellectuelle, etc.
Une fois leur rôle attribué, comment se déroulent les consultations simulées ?
M. C.- Tous les internes en génétique se retrouvent par promotion, je tiens à préciser que nous sommes des petites promos de 15 à 25 internes. Le lieu ressemble à un hôpital avec un long couloir où nous attendent les faux patients et/ou les faux parents. Nous avons des box attribués avec une situation donnée. L'ensemble de la consultation simulée est filmé.
N'est-ce pas gênant d'être filmé?
M. C.- Non, c'est tout l'intérêt, car ce qui compte pendant ces exercices est davantage la forme que le fond. À l'issue de la simulation nous avons deux débriefings. Le premier à chaud avec les acteurs qui nous donnent leurs ressentis, le second avec certains acteurs, des psychologues, des représentants des associations de patients, d'autres médecins spécialistes. Enfin, lors d'une autre session, nous rejouons certaines scènes compliquées du quotidien entre internes.
Vous souvenezvous de consultations simulées plus compliquées que d'autres à mener ?
Lucie Rouaux.- Faire face à une personne déficiente mentale est un exercice aussi délicat car nous devons tout mettre en oeuvre pour être compris. Nous passons alors beaucoup par le dessin, comme des cellules qui se divisent. C'est ce que nous faisons aussi en « vraie » consultation. Dans notre spécialité, nous avons de longs temps de consultations car la génétique est très technique et nous devons parfois réunir toute une famille pour les examens : les parents mais aussi les grands-parents, la fratrie, les enfants, etc.
Y a-t-il des axes à améliorer ?
M. C.- Je n'en vois qu'un seul : le remboursement des déplacements des internes ! Nous venons de toute la France pour nous rejoindre à Paris ou Nantes. Ces consultations simulées font partie de notre formation et tous les frais de transport restent pourtant à notre charge ce qui n'est pas normal.
Autre chose à ajouter ?
M. C.- Notre spécialité est une petite spécialité, qui se concentre dans les grands CHU mais qui n'atteint pas malheureusement les plus petits CHU. Notre spécialité a seulement 30 ans, mais cette jeunesse est aussi une force car les universitaires, comme le collège de spé, sont jeunes et dynamiques.
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