
On ne construit rien de solide contre les concernées. Pourtant, c'est ce que l'on a tenté de faire en imposant une 4e année au DES de Médecine Générale !
Imposée, elle l'a été en 2022 dans le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour l'année 2023, déposé en pleine crise du système de santé. Sans dialogue avec les représentantes étudiantes.
Ce passage en force, sur une réforme aussi lourde, est une faute.
Depuis, rien n'a été fait pour permettre que cette réforme, votée, soit appliquée.
Aucun texte, et des ministres de la Santé changeant tous les 2 mois, remettant à chaque fois le travail sur cette année à zéro, et laissant les internes de Médecine Générale et les étudiantes dans le flou le plus total concernant leur avenir proche !
Le 29 janvier 2025, l'ISNAR-IMG a porté une grève nationale, pour exiger le report de la réforme. Nous dénoncions un calendrier intenable, l'absence de recrutement suffisant de Maîtres de Stage des Université (MSU) pour nous accueillir, une absence d'objectif pédagogique et des incertitudes totales sur le statut des futures Docteures Juniors Ambulatoires (DJA).
Mais rien n'y a fait. L'acharnement politique a pris le dessus sur la raison pédagogique.

Pierre et Paul à Paris le 29 janvier 2025
Alors aujourd'hui, puisqu'elle nous est imposée, nous nous battons pour qu'elle soit la moins pire possible. Pour qu'elle ne soit pas une année d'exploitation déguisée. Pour qu'elle offre une formation réelle, encadrée, construite, au service du futur médecin généraliste.
Ce combat, il faut encore le mener chaque jour. En juin 2025, une nouvelle grève a été organisée face à un modèle de rémunération précarisant proposé pour les DJA. À l'opposé de notre exercice futur, le Gouvernement avec l'appui de la Conférence des Doyennes et des Doyens souhaite nous imposer une rémunération par salariat, et non pas une rémunération à l'acte comme prévue par la Mission Quatrième Année (ou Mission 4A), formée de membres qualifiés et ayant remis un rapport au Gouvernement.

Les futures généralistes sont une nouvelle fois reléguées au second plan, ni les internes, ni les enseignantes ne sont écoutées !
C'est inacceptable.
Nos demandes sont pourtant simples et vont dans le sens des recommandations du rapport :
• Une rémunération mixte avec une part fixe et une part à l'acte, au plus proche du modèle professionnel libéral que nous aurons une fois diplômées.
• Des MSU en ambulatoire. Pour ne pas nous voir imposer de retourner à l'hôpital contre notre gré, faute de terrain de stage.
• Le strict respect de nos droits, de notre formation, de notre temps de travail.
• Une possibilité de participation sur la base du volontariat à la Permanence Des Soins en Ambulatoire.
• La possibilité d'effectuer cette 4e année dans une autre circonscription, permettant un choix du lieu de stage en accord avec le projet professionnel et la vie personnelle des internes.
Ces conditions ne pouvant pas être appliquées pour novembre 2026, nous exigeons fermement le report de cette réforme bâclée.
Car au fond, cette réforme pose une question essentielle : veut-on former des médecins généralistes compétentes, épanouies, bien encadrées ? Ou veut-on en faire une main d'oeuvre bon marché pour remplir les trous d'un système sous tension ?
Nous avons choisi notre camp. L'ISNAR-IMG continuera à se battre pour que la Médecine Générale reste un choix, pas une impasse.
Rédigé par
Bastien BAILLEUL, en juillet 2025

