Visites medicales du travail : l’arbitrage de trop !

Publié le 1653920531000

07 JANVIER 2022

Le report des « visites médicales du travail » en charge des services de prévention et de santé au travail (SPST) au profit de la vaccination vient de faire l’objet d’un amendement du gouvernement adopté par l’Assemblée nationale.

Et ce n’est pas une première ! Déjà par deux fois, en décembre 2020 puis février 2021, des ordonnances ont permis la reprogrammation de ces visites

Or, comment de telles décisions peuvent-elles être prises en l’absence de remontées chiffrées sur le nombre de visites médicales réalisées par les SPST en France, par conséquent sans vision claire de l’activité de ces services et en totale méconnaissance de l’ampleur du temps susceptible d’être dégagé pour la vaccination ?

En pleine crise sanitaire, un tel arbitrage à l’aveugle est plus que problématique !

En effet, comme on le sait, c’est dans l’agilité inédite de l’ensemble des collectifs de travail et leur faculté d’adaptation exemplaire pour faire face à une situation évolutive, incertaine et préoccupante, que l’activité économique de notre pays a trouvé son salut.

Les conséquences en termes de dégradation de la santé des salariés sont malheureusement réelles et bien identifiées : alertes réitérées des différents observatoires sur les risques psychosociaux, augmentation significative des maladies psychiques, sans compter les autres pathologies dues aux mauvaises conditions de travail en situation de continuité de travail à domicile.

Donc, plus que jamais, et en pleine crise sanitaire, il est indispensable de maintenir les visites médicales du travail des salariés et de ne pas les reporter !

Projet de « grande sécu » : une mascarade ! Vous avez aimé la réforme de la retraite… Vous allez adorer «la grande sécu »
À quelques encablures de l'élection présidentielle, les loups n’avancent plus masqués. La situation est exceptionnelle et très préoccupante : comment faire face à la hausse conjoncturelle et structurelle des dépenses de santé liées au vieillissement de la population dans un contexte économique inédit ? En toile de fond de ce vaste chantier sociétal, le HCAAM (Haut conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie) a été saisi pour donner son avis sur la façon de mieux articuler l’Assurance maladie obligatoire (AMO) et l’Assurance maladie complémentaire (AMC). Comment expliquer que le préavis de cette instance ait fuité dans la presse avant diffusion à ses membres et son examen par ces derniers, sauf à penser que les jeux sont truqués ?

« La grande sécu » n’est pas un carré d’as ! Attention, pour la CFE-CGC, cette remise en cause du modèle actuel prônée comme solution miracle ne laissera aux assurés sociaux que leurs yeux pour pleurer !

Il devient évident que l’exercice auquel se livre le HCAAM n’est qu’une mascarade : le renforcement de l’intervention publique dans le financement et la régulation laissera peu de place au choix, par les patients, de leur médecin traitant ou spécialiste voire de l’établissement où ils seront hospitalisés. De surcroît, le chiffrage opaque et incomplet des pistes de solutions envisagées est singulièrement très en deçà des besoins. Il fait apparaitre, de plus, des disparités entre les perdants et les gagnants, ne prend en compte ni les financements nécessaires pour résorber le déficit conjoncturel de l’Assurance maladie, ni les besoins en financement à moyen et long terme des frais de santé de demain.

Et qui va payer l’addition ? C’est vous ! À l’évidence, ces travaux conduits essentiellement sous l’angle économique du « quoi qu’il en coûte » augure d’une « grande sécu » au rabais et davantage fragilisée, à l’image du modèle anglo-saxon ouvert à tous mais de piètre qualité. Elle met à mal les avantages de la synergie entre AMO et AMC qui a fait ses preuves et qui permet des économies d’échelle au travers la mutualisation.

« La grande sécu » base qui plus est sa construction sur le principe de vases communicants utopiques entre le système actuel et le système de demain, tant en termes de ressources financières que de moyens humains.

Après les travaux houleux et infructueux engagés sur le sujet de la retraite dite universelle, nous nous attaquons à la santé dite universelle. Or, s’il est bien une vérité, c’est que la santé n’a pas de prix !

Fichage de l'opinion politique et syndicale : Attention danger !
La CFE-CGC condamne avec force l’élargissement par décrets de la collecte de données des fichiers visant à prévenir les atteintes à la sécurité publique (les fichiers PASP, GIPASP et EASP). Désormais, les citoyens susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique ou la sûreté de l’État pourront être fichés au regard de leur « appartenance » syndicale, « opinions » politiques, ou encore « convictions » philosophiques ou religieuses, alors qu’auparavant ce fichage ne faisait référence qu’à la notion « d’activités ».

Une différence de taille et passée en quasi-catimini, puisque l’éclairage de la CNIL a été demandé sur des textes ne mentionnant pas l’extension de cette portée. Pour la CFE-CGC, ces décrets bafouent le fonctionnement de nos institutions, et portent une atteinte grave au fonctionnement démocratique de notre pays.

Au-delà de la disproportion manifeste des moyens mis en œuvre pour garantir la sécurité publique de nos concitoyens, ce procédé traduit le manque de confiance du gouvernement dans nos institutions, et dans les femmes et les hommes qui les composent.

La CFE-CGC, syndicat indépendant politiquement, a toujours considéré la diversité des opinions et des idées comme sa plus grande richesse. Le respect des libertés individuelles, le droit d’exprimer et d’affirmer son point de vue, le droit de manifester son désaccord, constituent le socle des droits fondamentaux de notre démocratie. Surveiller désormais les « habitudes de vie » de chacun est non seulement une atteinte grave à la défense de nos libertés individuelles, mais peut potentiellement conduire à une manipulation d’opinions, comme nous le démontrent certains États totalitaires, aux pratiques dénoncées par le même gouvernement qui en prépare pourtant le terreau.

Aussi, face à ce grand danger et au nom de la préservation de notre pluralité d’opinions, ciment de notre République, la force de notre nation qui, dans sa constitution, reconnaît aux individus qu’« ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité », la CFE-CGC mettra en œuvre tous les moyens juridiques à sa disposition pour que cette richesse puisse continuer de s’exprimer, et que le pays des Droits de l’Homme demeure celui de la Liberté, de l’Égalité et la Fraternité.

Pierre Jan
Relations Presse et institutionnelles

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Tél. : 01 55 30 12 92 - 06 32 05 69 02

Article paru dans la revue « Syndical Général des Médecins et des Professionnels des Services de Santé au Travail » / CFE CGC n°66

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