Sondage national du CCF : « remplacement durant l’internat ? »

Publié le 24 May 2022 à 15:44
#Cardiologue

La possibilité de faire des remplacements est un élément important dans l’internat de cardiologie. Ce qui paraissait comme une évidence pourrait être remis en question au travers de l’application de la réforme du 3e cycle (R3C). Alerté par l’ISNI (InterSyndicale Nationale de Internes), le CCF a voulu apporter des données concrètes sur la pratique du remplacement par les jeunes cardiologues. Ce questionnaire a été diffusé sur les réseaux sociaux et complété par plus de 150 jeunes cardiologues répondeurs sur toute la France. 

La « Licence de remplacement » apparait comme un passage quasi-obligé pour les jeunes cardiologues. A ce jour, la quasi-totalité des jeunes répondeurs (98 %) disposent d’une licence de remplacement (ou envisagent d’en demander une) et perçoivent l’activité de remplacement comme une valeur ajoutée voire indispensable pendant l’internat.

 

Les jeunes répondeurs ont actuellement la possibilité d’obtenir la licence de remplacement dès leur 3e année d’internat. La règle, la plus communément admise, est la validation de cinq semestres de DES dont un semestre de réanimation.

La période de Master 2 survient le plus souvent entre la 3e et la 4e année de DES. Elle apparait comme un moment particulier dans la vie d’un interne. Une « année recherche » s’organise autour de l’activité de recherche, de la découverte du fonctionnement d’un laboratoire, de la validation des examens de M2, sans responsabilité clinique au lit du patient, loin des obligations d’un service hospitalier. Dans ce contexte, les remplacements permettent aux internes de « garder un lien avec la cardiologie clinique ». Ainsi, 69 % des internes répondeurs réalisent des remplacements pendant leur année de Master 2. Cette source de revenu représente une sécurité pour l’interne n’ayant parfois pas ou peu de financement (bourse).

L’activité de remplacement se fait dans différentes structures n’étant pas exclusivement privées. Les types d’exercices sont très variés et permettent à chacun de trouver un mode de remplacement : les gardes en USIC (65 % des répondeurs), les consultations (70 % des répondeurs), les échographies cardiaques (60 % des répondeurs), les visites de services médicaux (25 % des répondeurs), l’interprétation d’holter ECG (20 % des répondeurs), la réadaptation cardiaque (11 % des répondeurs).

Le rythme de remplacement est aussi très varié en fonction de chaque interne. Les jeunes cardiologues répondeurs font en majorité plus de 10 remplacements par an. La fréquence moyenne de remplacement est supérieure à un remplacement par mois.

Les zones sous-denses représentent les zones où la densité médicale est faible, et sont accessibles sur les sites respectifs des ARS. Ces zones ne concernent pas que les zones rurales, et sont parfois proches des grandes villes. L’accès aux soins sur le territoire est une problématique qui touche directement les internes avec 65 % des jeunes cardiologues « prêts à remplacer » dans des zones sous-denses. Les mesures incitatives mises en place dans ces zones semblent porter leurs fruits en termes d’attractivité pour les jeunes cardiologues souhaitant remplacer ponctuellement, mais reste ensuite la question de l’installation…

De plus, 87 % des jeunes répondeurs ont été contactés pour une proposition de remplacement grâce au bouche à oreille. Les jeunes praticiens semblent être abordés personnellement dans une relation de confiance avec le cardiologue remplacé. 75 % des jeunes répondeurs peuvent systématiquement joindre un cardiologue référent si besoin. Cette dimension de bienveillance envers les jeunes cardiologues qui vivent leur premier pas en tant que remplaçant, s’avère formatrice.