Rythmologie

Publié le 06 Jan 2023 à 14:49
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Échec de resynchronisation cardiaque : quelles sont les alternatives en 2023 ?

Messages clés
• La resynchronisation cardiaque chez les patients qui le nécessitent est associée à une augmentation de la FEVG, une diminution de la morbi-mortalité et une amélioration fonctionnelle.
• On estime un taux de 5 à 7 % d’ échec d’implantation et environ 30 % de patients non répondeurs à la resynchronisation classique.
• La stimulation hissienne peut permettre de corriger un bloc de branche mais est associée à des seuils de stimulation élevés et des problématiques de sur- et sous-détection.
• La stimulation de branche gauche permet d’affiner les QRS avec d’excellents seuils de stimulation.
• Des données de suivi à long terme sont nécessaires et ces techniques doivent être réservées en seconde intention aux échecs de resynchronisation classique.
• Le système WISE-CRT est pour l’instant destiné à une petite niche de patients, mais est une technique prometteuse qui prendra peut-être de l’essor dans les prochaines années.

La resynchronisation cardiaque a été introduite dans les années 1990 en France par S. Cazeau en collaboration avec l’équipe rennaise(1).
La physiopathologie qui sous-tend ce principe est que les patients insuffi sants cardiaques présentent fréquemment d’importants troubles de conduction atrio-ventriculaires, intra et/ou interventriculaires à l’origine d’un asynchronisme de contraction, qui se traduira sur l’électrocardiogramme par un bloc de branche gauche. La resynchronisation cardiaque va permettre le rétablissement d’une contraction synchrone entre les deux ventricules. Elle peut être associée à un stimulateur cardiaque (CRT-P) ou à un défi brillateur (CRT-D) en fonction du profil du patient.
Les indications actuelles de resynchronisation - parues dans les dernières recommandations de l’ESC (European Society of Cardiology) en 2021 - sont les patients présentant une insuffisance cardiaque avec FEVG < 35 % symptomatique (au moins classe II de la NYHA), avec un bloc de branche gauche > 150ms (Ia), un bloc de branche gauche entre 130 et 150 ms, ou un bloc de branche droit (IIa)(2).