Retour sur le premier Consortium de la recherche en kinésithérapie (COREK)

Publié le 09 Apr 2024 à 17:46
Article paru dans la revue « SNIFMK / L’institulien » / SNIFMK L'Institulien N°14

Figure 1

Les 23 et 24 novembre 2023, l’équipe de l’université de Grenoble sous la houlette de Nicolas PINSAULT, directeur de l’IFMK de Grenoble, de Léo DRUART, enseignant et auteur d’une thèse sur l’effet placebo1 et d’Amélie KECHICHIAN, enseignante et auteure d’une thèse sur l’accès direct et la délégation de tâches médicales en kinésithérapie2, accueillait le premier COREK, acronyme de Consortium de la REcherche en Kinésithérapie3.

Léo présentait cette rencontre en répondant à Sophie CONRAD dans kiné actualité [2] « Dans un contexte d’universitarisation des professions de santé et de développement de la discipline des sciences de la rééducation comme entité scientifique, un certain nombre de confrères s’investissent dans des projets de recherche mais ces stratégies sont souvent individuelles et dépendantes de dynamiques locales. Certains se sentent isolés alors qu’ils rencontrent les mêmes difficultés ou les mêmes contraintes que d’autres. Avec ce consortium, notre objectif était avant tout de mettre en relation les acteurs de la recherche en kinésithérapie, d’échanger sur les dynamiques locales à l’œuvre sur le plan national, là aussi pour tisser des liens, et de proposer des pistes d’actions pour accélérer le développement de la recherche en kinésithérapie »4 .

Le but du COREK est de consacrer un temps dédié aux échanges sur la manière dont la recherche en kinésithérapie est réalisée et sur les acteurs de cette recherche.

Plus de 70 participants étaient présents et représentaient une bonne partie des acteurs français. Les profils des participants étaient variés : il y avait des kinésithérapeutes titulaires d’une HDR (habilitation à diriger des recherches) des confrères ayant achevé une thèse, des doctorants, des enseignants et des directeurs d’IFMK (figure 1 et 2).

Figure 2

Une plénière d’introduction a permis au Professeur Peggy GATTIGNOL de présenter la CNU 91 dont elle assure la présidence et au Professeur François COURAUD, conseiller santé auprès du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, de présenter les premières tendances des conclusions de la mission AMMIRATI. Ces 2 présentations sont accessibles en ligne à l’adresse URL : https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=JgOFLyVU-hE5 .

La suite du consortium s’est structurée autour de deux ateliers (figure 3) entrecoupés d’une soirée conviviale. Ces ateliers ont permis aux participants de donner des éléments de réponse aux deux questions : “Quels statuts pour les kinésithérapeutes en recherche ?” et “Identité et structuration de la recherche disciplinaire”.

Figure 3

À la première question, les participants ont retenu une même réponse : le statut à privilégier devrait permettre d’être à la fois chercheur, clinicien et enseignant, tout en soulevant les limites de cette triple casquette. La seconde question a quant à elle fait émerger de multiples pistes de réflexion (figure 4). Plusieurs propositions ont émergé parmi lesquelles la création d’une association nationale, ou simplement le regroupement des personnes qui travaillent sur le même sujet, afin de fédérer les énergies. Le cadre législatif dans lequel les kinésithérapeutes peuvent faire de la recherche pourrait être amélioré, ainsi que les modes de financement. Autre point a été soulevé : la création des réseaux pour « faciliter le lien entre les cliniciens et les chercheurs, afin par exemple de trouver des cabinets volontaires pour participer à un projet » (tableau 1).

Au terme de l’évènement, les participants ont pu se prononcer sur les axes à prioriser pour la structuration de la profession. Et s’il y avait bien une proposition qui a fait consensus, c’est celle d’organiser une seconde édition du CoReK !