Retour sur le lancement de notre BD - Élémentaire, mon cher gériatre !

Publié le 1700657853000


Il est 16 heures à Nantes, en cette fin de Journée Annuelle des Jeunes Gériatres 2023, et toute l’équipe chargée de la réalisation de la bande dessinée “Élémentaire mon cher gériatre !” est sur scène : Fanny Durig, Florent Guerville, Nathalie Jomard et Matthieu Piccoli de l’AJG sont ravis de vous présenter Carole Maurel, illustratrice, Emmanuelle Perez, éditrice chez The Ink Link, et Patrick Marty, scénariste, parti le matin même du Périgord et avec nous depuis tout juste 5 minutes !

Tout est prêt, nous sommes en direct sur le facebook live (dont vous pouvez retrouver le replay plus bas), et Arnaud Caupenne s’apprête à animer les échanges, bien décidé à nous faire découvrir les coulisses de cette folle aventure…

Pourquoi une bande dessinée sur la gériatrie ?

“Nous faisons le constat que les gens ne savent pas à quoi on sert.”

Que ce soit en dehors de l’hôpital, dans la vie privée, ou avec les patients, Florent témoigne de réactions frileuses et d’idées reçues persistantes, y compris avec certains professionnels de santé : il y a un déficit de connaissances sur la gériatrie.

“Nous avons besoin d'actions de pédagogie, et la BD a ce pouvoir magique de pouvoir faire changer le regard de son lecteur sur un sujet ”.

Comment est née l’idée ?

En 2020, pendant la première vague de Covid, Florent travaille à une plate-forme ville-hôpital qui conseillait téléphoniquement des soignants confrontés à des patients âgés atteints de Covid. Mathilde Puges, la pilote de cette plateforme, fan de BD comme lui, réalise: “On vit un moment historique, il faut absolument raconter ça en BD”. Elle rencontre alors The Ink Link et ensemble, ils réalisent la bande dessinée qui raconte comment "Faire Face" (c'est le titre de l’ouvrage), pour une équipe de soins, à l'arrivée d’une pandémie (https://www.theinklink.org/fr/projets/ faire-face).

Dès lors, proposer à The Ink Link de faire un autre projet de bande dessinée pour expliquer, post pandémie, à quoi sert la gériatrie fut une évidence ; et l’idée a été accueillie avec enthousiasme par l'équipe de l'AJG.

The Ink Link, partenaire du projet

The Ink Link est une association qui utilise le dessin en général et la bande dessinée en particulier pour transmettre des savoirs, vulgariser des connaissances, et faire des plaidoyers pour des institutions, des ONG et des associations qui travaillent dans le milieu de la santé physique ou mentale, l’éducation, l’égalité des droits, la préservation de l'environnement et la valorisation des territoires.

“On utilise le dessin pour mieux faire passer des messages et augmenter le pouvoir d’agir des personnes à qui sont destinés nos ouvrages” explique Emmanuelle, éditrice chez The Ink Link.

L’éditrice, quésako ?

“Comme une cheffe d’orchestre, je rassemble les multiples compétences en jeu et je fais atterrir une idée jusqu’au livre tenu entre ses mains…”

Dans cette démarche de co-construction où chacun apporte son point de vue et son savoir-faire, l’éditrice écoute et fait converger les points de vue :

  • Des experts, ici les gériatres ;
  • du scénariste (Patrick) qui crée une histoire, des personnages et va devoir s'immerger dans un nouvel univers ;
  • de l'illustratrice (Carole) qui va apporter sa touche créative, colorée, visuelle et émotionnelle à l'histoire ;
  • de la graphiste (Claude Combacau) et de la correctrice (Marie-Paule Noël) qui vont concourir à finaliser le livre.

L’éditrice a également pour mission de “remettre systématiquement le destinataire au centre et d’aider l'équipe à faire un pas de côté pour s’adapter à son lectorat, par un travail de vulgarisation qui consiste notamment à dépasser les biais culturels et professionnels : est-ce que le message est acceptable, compréhensible, mémorisable ?”

Enfin, il est temps de décider. Après une série d'allerretour, de propositions, de corrections, quand elle sent que c’est prêt, il faut aider l'équipe à mettre le point final.

Le scénario : quelle histoire raconter ?

“Tout commence par le désir. Quand les gériatres ont énoncé leurs thèmes, j'ai plongé dans toutes ces questions. Si le sujet peut ne pas paraître sexy de prime abord, c'est excitant parce que c'est un pari !”

C'est toujours compliqué d'écrire des histoires, explique Patrick, le scénariste des aventures de Tante Rose, même si pour lui c'est une passion. Il propose une structure du récit tout en apportant de l’humour, des repères liés au monde de la BD, aux personnages de fiction, pour amener de la légèreté à cet ouvrage, qui a pour objectif principal d’être un point d'entrée dans des problématiques liées à la gériatrie.

“Il fallait trouver cette fenêtre vers le monde du vieillissement et la rendre agréable, pour qu'on ait envie de l'ouvrir. On m'a donné une blouse blanche, j'ai joué au docteur et j'ai pris un grand plaisir à suivre le travail de gériatrie. J'ai notamment été marqué de voir à quel point vous (les gériatres) étiez, je dirais même “physiquement”, à genoux devant certains de vos patients. Il y a une position du corps vers les gens qu'on va soigner qui est très significative. Une approche humaine, très empathique.”

Le choix d’un format adapté au plus grand nombre

Le sujet est vaste et le temps n’est pas infini. La mission de The Ink Link consiste aussi à poser un cadre, un chemin de fer pour définir le format et le rythme de création de l'ouvrage.

Le 100 % BD n’était adapté ni au sujet, ni au lectorat. Pour conserver une scientificité, les gériatres tenaient à compléter les planches avec des textes pédagogiques, liés aux dessins. L’équipe a ainsi opté pour une alternance de 8 planches de BD et des focus explicatifs sur ces 8 thèmes. “On espère ainsi toucher un public qui ne lit pas forcément de BD, explique Fanny, mais qui serait prêt à lire une page pour qu'on allume quelque chose dans leur esprit et qu'ensuite, ils aillent plus loin.”

L’émotion et la dynamique apportées par les dessins

Carole est l’illustratrice de l’ouvrage. Elle intègre l’aventure après l’écriture des scénarios : “Le projet était déjà bien écrit. Il y a eu des ajustements ensuite sur l’étape de crayonné, au story board, notamment pour coller au plus près des actes médicaux”.

Pour créer ses personnages, Carole a pris le temps de découvrir un monde qui lui était relativement étranger, même si, ayant des grands-parents concernés par les difficultés liées au vieillissement, c’est un sujet qui l’interpelle.

"Un sujet terriblement universel. Un sujet tabou… Et pourtant, il faut l’affronter !"

Ainsi naissent Tante Rose, son camarade Pierre, et Docteure A. Jigé, entourée d'une équipe avec kiné, assistante sociale, infirmière, aide-soignante, psychologue et diététicienne. Des personnages réalistes et divers, en qui chacun peut se reconnaître.

La présence de Sherlock et Watson résulte des premières observations de Patrick sur le terrain car un mot revient souvent dans les échanges : “enquête”. Associé au monde médical, le personnage de Watson trouve son look et sa place sous les crayons de Carole : “Ces deux personnages sont connus de pratiquement tout le monde. C’est un point d'entrée, une facilité pour illustrer les situations choisies et se laisser doucement entraîner vers des thèmes délicats liés au vieillissement”.

L’importance des textes explicatifs

À chaque planche de dessins a été associée une page de textes pédagogiques qui a permis de compléter les propos des personnages. Cet espace a permis de préciser les situations, de détailler des points importants, d’expliquer l’apport des équipes de gériatrie et de transmettre les valeurs qui animent les équipes. Comme le précise Matthieu, l’idée est de montrer "qu’il n'y a pas qu'un médecin dans son coin, mais toute une équipe derrière".

À vous de jouer !

“Élémentaire mon cher gériatre ! Des clés pour mieux soigner ensemble” est désormais entre vos mains. L’objectif est de toucher le public le plus large : à la fois du côté des professionnels de santé non formés à la gériatrie, et aussi en direction des personnes âgées et de leurs aidants.

“Nous comptons sur votre aide, rappelle Nathalie, vous pouvez devenir les ambassadeurs de cet ouvrage : parlez-en autour de vous, sollicitez-nous si vous avez des idées pour augmenter sa diffusion”.

Article paru dans la revue « La Gazette du Jeune Gériatre » / AJG N°34

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