Recherche en cardiovasculaire : histoire d’une fondamentaliste de L’INSERM

Publié le 24 May 2022 à 10:40
#Innovation
#Cardiologue


Interview de Delphine MIKA,
Représentante du réseau avenir du GRRC de la SFC, par Sophie RIBEYROLLES

Sophie Ribeyrolles : Bonjour Delphine, merci infiniment de nous accorder de ton temps pour nous faire découvrir ta discipline.

Delphine Mika : Bonjour Sophie, merci au CCF d’être à l’initiative de cette interview au cours de laquelle j’espère faire passer ma passion pour la Recherche en Cardiologie.

S.R : Pour commencer, peux-tu nous expliquer en quoi consiste la recherche fondamentale et qu’entend-on par le terme « translationnel » ?

D.M : La recherche fondamentale à l’INSERM (Institut National pour la Santé et la Recherche Médicale) c’est avant tout le désir d’accroître les connaissances en sciences de la vie et de la santé pour améliorer la compréhension des phénomènes biologiques, et notamment du fonctionnement de l’organisme humain et de ses pathologies. S’investir dans ce domaine me semble essentiel, parce que sans recherche il ne peut y avoir de développement et d’innovation. La recherche translationnelle est à l’interface entre recherche fondamentale et recherche clinique pour un transfert des connaissances et des technologies innovantes vers des applications diagnostiques ou thérapeutiques. Elle se développe grâce à un partenariat étroit entre chercheurs et cliniciens assurant un flux des connaissances de la paillasse vers le patient et du patient vers la paillasse.

S.R : Peux-tu nous parler de ton parcours ?

D.M : J’ai suivi le Master 2 « Biologie, Santé : Physiopathologies » à l’Université François-Rabelais (Tours), c’est alors que mon intérêt pour la recherche cardiovasculaire s’est précisé. J’ai rejoint le laboratoire de Signalisation et Physiopathologie Cardiovasculaire (INSERM UMR-S 1180, Université Paris-Sud) pour une Thèse de science portant sur la régulation neurohormonale de la fonction cardiaque. J’ai obtenu mon doctorat fin 2010. C’est à partir de ce moment que la course aux publications commence! L’expérience à l’étranger m’est alors apparue incontournable !

S.R : Où es-tu partie ? Combien de temps ?
Partir à l’étranger fait souvent peur, le recommandes-tu ?

L’obtention d’une bourse de l’American Heart Association m’a permis de partir aux USA à l’Université de Californie, San Francisco (UCSF). Je recommande vivement l’expérience à tous! Quatre années riches de rencontres, de découvertes, d’ouvertures aux autres… le tout en anglais !


Légende : Delphine a passé 4 ans à l’Université de Californie de San Francisco (UCSF).

On grandit beaucoup, tant sur le plan professionnel que personnel. Je suis revenue en France en 2015 et j’ai été recrutée à l’INSERM en tant que Chargée de Recherche en 2017 pour développer mon projet autour de la régulation de l’activité automatique cardiaque dans l’U1180. Il s’agit d’une structure avec une belle production de connaissances qui réunit innovation thérapeutique, enseignement et recherche.

S.R : De quelles passerelles dispose-t-on en tant que médecin pour découvrir plus concrètement la recherche ?
Peut-on obtenir facilement des bourses ?

D.M : Le médecin a la possibilité de se former à la recherche pendant son internat, en suivant un Master 2. Les fondations ou institutions privées de recherche (Fédération Française de Cardiologie FFC par exemple) proposent chaque année des bourses de Master 2. Il est également possible de postuler à l’Année recherche auprès de l’ARS.

  • Pour plus d’infos sur le Master 2 voir l’article dédié dans le 1er numéro du Journal du CCF de septembre 2017 ; pages 27 et 28.

S.R : Quel est ton quotidien de chercheuse ?

D.M : Il n’y a pas une journée qui ressemble à la précédente, zéro routine ! Le quotidien du chercheur consiste à concevoir des projets de recherche, à participer à des expertises d’évaluation de la recherche, à demander des financements. Il s’agit également d’exploiter et de diffuser les connaissances scientifiques (publications, valorisation, participation aux congrès, collaborations…) mais également de former par la recherche et d’enseigner. Ce qui est formidable dans la recherche c’est que l’on ne cesse d’apprendre, de créer, d’échanger et de se projeter sur de nouvelles pistes… c’est fascinant ! Et la recherche cardiovasculaire a un potentiel dont on ne connaît pas encore les limites.

S.R : As-tu un contact avec les patients ?

D.M : Le contact entre le chercheur et le patient se fait par l’intermédiaire du clinicien. Je n’ai pas de contact direct avec les patients.

S.R : La recherche semble parfois un peu lointaine aux internes et aux médecins en général, pourrait-on selon toi améliorer la communication entre le corps soignant et les chercheurs ? Y a-t-il des journées de rencontre organisées dans ce but ?

La recherche n’est pas un domaine isolé et elle doit rester proche des préoccupations cliniques. La communication entre le corps soignant et les chercheurs doit se faire au laboratoire, pendant les congrès, à l’hôpital par la participation des chercheurs aux staffs médicaux… Le besoin de croiser les savoirs est évident ! Dans ce sens, le Réseau Avenir (groupe de jeunes fondamentalistes du GRRC) est en étroite collaboration avec le CCF pour assurer l’échange des idées, des connaissances...

Par exemple, chaque année nous organisons un weekend commun CCF-Réseau Avenir du GRRC, autour d’un thème choisi. Les éditions 2016 et 2017 ont connu un réel success ! Les 2 groupes travaillent aussi ensemble pour proposer des sessions translationnelles : topos fondamentaux et topos cliniques, pour les congrès cardiovasculaires, notamment les JESFC 2019.

Article paru dans la revue “Collèges des Cardiologues en Formation” / CCF N°3

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