Présentation d’une ville : Paris

Publié le 09 May 2022 à 23:48
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#Radiothérapeute

Au début du XIIème siècle, Saint Bernard crut apercevoir dans Paris le spectre d’une nouvelle Babylone. Ville alors deux fois corrompue, mentalement, par l’émergence de la philosophie, et moralement, par la complaisance vis-à-vis des plaisirs qu’elle offre à l’envi. Tout fervent religieux de cette époque, surtout s’il est moine, comme Rupert de Deutz, affronte la transformation de la société parisienne vers l’idéal différent des intellectuels de l’époque.

Ce premier mouvement de scepticisme évaporé, le choeur des louanges de la ville monte en puissance dans la seconde moitié du siècle, lorsque le développement de Paris s’accélère : la renaissance urbaine s’accompagne d’une renaissance intellectuelle jusqu’à ce que Balzac compare Paris à un véritable océan : « Jetez-y la sonde, vous n’en connaîtrez jamais la profondeur ». Aujourd’hui, si Paris offre une grande variété de possibilités dans la formation et la recherche, c’est grâce au nombre sans égal en France de services d’accueil et d’enseignants disponibles pour les internes.

Formation
L’Université de Paris accueille chaque année entre 22 et 25 internes en oncologie qui choisissent librement entre les 2 options précoces : oncologie radiothérapie et oncologie médicale. L’internat en Île-de-France est riche d’une grande diversité tant dans les modalités d’exercices professionnels que dans la multiplicité des techniques de traitements accessibles. L’offre de stages est très variée et s’articulent entre le secteur public ou parapublic non lucratif (CHU, CH, ESPIC, CLCC) et le secteur libéral lucratif. Ce panel de choix offre aux internes une formation complète sur les différentes techniques de radiothérapie. Parmi elles : la RCMI dans toutes ses modes de délivrance, la tomothérapie hélicoïdale, la radiothérapie en condition stéréotaxique, la contacthérapie, et la curiethérapie en grains d’iode, la curiethérapie HDR, et PDR, et bientôt l’IRM Linac à l’hôpital Pitié-Salpêtrière. Un cyclotron est aussi accessible pour la protonthérapie sur le site d’Orsay de l’Institut Curie.
Les avantages de l’Île-de-France ne s’arrêtent d’ailleurs pas à la disponibilité de ces techniques, ils s’appliquent aussi à l‘apprentissage de pratiques cliniques très diverses, aux participations de RCP nombreuses et variées, et au large choix de DU, DIU… disponibles, permettant aux internes de la région et à ceux qui souhaitent y réaliser un inter- CHU de progresser dans leur formation.
Concernant l’enseignement, les phases socles, comme les phases d’approfondissement peuvent suivre des cours deux fois par mois en plus des accès aux enseignements disponibles sur la plateforme SIDES. Ces cours sont dispensés de manière pluridisciplinaire par les nombreux enseignants de toutes les spécialités d’Île-de-France.

Recherche
La variété des sujets abordés (radiobiologie, radiophysique, imagerie, épidémiologie, statistiques, intelligence artificielle, etc.) permet un vaste panel de choix de thématiques et de laboratoires d’accueil pour un master 2 ou un doctorat.

Il est donc possible de s’engager dans plusieurs projets, qu’il s’agisse de recherche fondamentale, de recherche clinique ou de recherche translationnelle : mieux comprendre les effets biologiques des différents types de radiations ionisantes ; accroître l’efficacité et la tolérance du traitement dans le cadre d’essais cliniques ; participer au développement technologique et évaluer les nouvelles modalités de traitement ; développer la recherche sur les traitements médicamenteux associés à la radiothérapie pour renforcer son efficacité, etc.

La recherche clinique est d’ailleurs une des missions prioritaires de l’Île-de-France. Les centres investigateurs spécialisés en cancérologie, au sein des établissements de santé (CHU, CLCC) ont un vaste champ d’action dès les essais précoces (CLIP2) provenant de laboratoires pharmaceutiques, de sociétés de biotechnologies, mais également de laboratoires académiques.

Par ailleurs, la ville offre un accès privilégié aux sites intégrés de recherche sur le cancer (SIRIC) et via le cancéropôle d’Île-de-France. Leur objectif : offrir à la recherche translationnelle en cancérologie de nouvelles conditions opérationnelles afin d’optimiser et d’accélérer la production de nouvelles connaissances et de favoriser leur diffusion et leur application en oncologie, notamment en ce qui nous concerne, en oncologie radiothérapie.

Plusieurs pôles multidisciplinaires de recherche d’excellence sont ainsi basés dans la région. Le site des Cordeliers à Paris et le plateau de Saclay constituent, par exemple, des clusters scientifiques et technologiques, reconnus au niveau international, regroupant Universités, centres de recherche labellisés et partenaires privés. Ainsi Paris restera la seule ville du pays où l’on monte d’où qu’on vienne et si Paris n’a pas été bâtie en un jour, il demeure certain qu’il y a encore beaucoup à réaliser.

Charles LASAR
Interne en 3ème semestre de radiothérapie
Contact : [email protected]

Article paru dans la revue “Société Française des Jeunes Radiothérapeutes Oncologues” / SFJRO n°01

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