Pédiatre libérale

Publié le 1651837554000

 

Dans la Charte Européenne  des « Droits de  l’Enfant et de l’Adolescent  » signée en  septembre 2003  par la « Société  Européenne de  Pédiatrie Ambulatoire  » il est écrit :
« Tous les enfants et les adolescents, sans distinction  d’ethnie, sexe, culture, religion, nationalité,  classe sociale ou handicap physique  ou mental, ont droit d’être pris en charge en  soins ambulatoires par des médecins (idéalement  spécialistes en pédiatrie) compétents en  matière de croissance et de développement,  en médecine préventive, dans la gestion des  maladies aiguës et chroniques. En outre, ces  mêmes praticiens agiront en défenseurs de  l’enfant et de l’adolescent pour tout ce qui  concerne leur santé. »

Le pédiatre libéral met en oeuvre dans sa  pratique cet article de la charte par une activité  diversifiée.

Le champ de compétence du pédiatre est le  développement physique et psychique de  l’enfant dans son environnement familial,  scolaire et social. Sa spécificité se traduit par  un domaine d’intervention très varié au cours  des consultations tel que :  - Les relations mère-enfant, les interrelations  précoces, l’allaitement et la diététique  ;
- La Guidance parentale permettant la  compréhension du comportement de  l’enfant et la mise en place des réponses  adaptées au niveau de développement  de l’enfant et à son environnement.
- Les dépistages sensoriels, vue, audition  et instrumentaux avec des outils  simples, spécifiques et validés ;
- Les dépistages, repérages et le suivi des  troubles du langage et des apprentissages  scolaires : (avec les tests utilisés  dans les dépistages au cabinet) ;
- Le suivi du développement : statural,  pondéral, psychomoteur, cognitif, etc. ;
- La prise en charge des pathologies courantes  : Orl, dermato, ophtalmo, orthopédique,  etc. et des pathologies chroniques  ;
- Le dépistage et la prise en charge des difficultés  de l’adolescent ;
- Les consultations non programmées  (urgences...) ;
- Les vaccinations ;
- Le conseil téléphonique.

Ce champ s’étend à l’intervention en maternité :  35 % (280.000) des 800 000 naissances par an,  se font dans les 176 maternités privées.

Dans ses missions, le pédiatre de ville organise  le parcours de santé autour de l’enfant et  de l’adolescent, et s’articule avec les autres  acteurs et structures de santé publique et de  soin.

Les fonctions du pédiatre ambulatoire et la  reconnaissance de son rôle pivot, ont évolué  avec la création des réseaux de santé en  particulier de suivi des nouveau-nés à risque et des troubles des apprentissages.

Ceux-ci ont favorisé un suivi précoce et  longitudinal des enfants, une amélioration des  liens villes - hôpital et dégagé les moyens de  ces prises en charges. Les réseaux de prises  en charge de l’obésité en pédiatrie ont là aussi  permis d’avoir les moyens d’une réelle prise en  charge pluri-disciplinaire en ville.

 Les possibilités de formation continue sont  riches
Les congrès et journées de formations des  différentes sociétés de pédiatrie intègrent de  plus en plus l’aspect de la prise en charge en  pédiatrie ambulatoire.

Depuis mon installation, il y a plus de 20  ans, la pédiatrie ambulatoire a beaucoup prévalence des pathologies, des problèmes de  développement et de comportement souvent  liés aux changements sociétaux.

L’« Association Française de Pédiatrie Ambulatoire  » (AFPA) a permis une réflexion sur  l’abord de ces pathologies spécifiques en  ambulatoire avec l’élaboration ou l’adaptation  d’outils et de schémas de prise en charge adaptés  à la ville. Elle organise des formations permettant  de se les approprier. L’AFPA permet  également lors de séminaires une mise à jour  des connaissances sur les pathologies courantes  tout en favorisant l’échange d’expérience. Elle mène parallèlement des travaux de  recherche en pédiatrie ambulatoire en lien  avec l’Europe.

L’organisation du cabinet est fondamentale  pour pouvoir faire cohabiter l’accueil des  nouveau-nés : certaines consultations spécifiques  longues et les consultations non programmées  qui sont passées de 50% des consultations,  il y a 8 ans, à 35% actuellement.

En dehors des cabinets de groupe, peu de  pédiatres bénéficient d’un secrétariat au  cabinet, mais pratiquement tous disposent  d’un secrétariat téléphonique. Une enquête du SNPF, de 2004, montrait déjà  que les juniors plébiscitaient l’exercice en  groupe.

Celui-ci permet une meilleure organisation, de  mutualiser les moyens et de dégager du temps  pour la famille en début d’installation ou pour  d’autres activités sans qu’il y ait rupture de  continuité des soins.

Les contraintes légales et ordinales sont  d’assurer la continuité des soins. Il est  obligatoire d’indiquer en cas d’absence entre  8h et 20h les jours de semaines qui ou quelle  structure est joignable en cas d’urgence et  d’indiquer qui assure la permanence des soins  la nuit et les week-end. Il n’y a pas d’obligation  d’assurer la permanence de soin pour les  pédiatres au niveau des cabinets de ville.

Beaucoup de pédiatres sont regroupés  pour leur patientèle en tour de garde non  régulé le week-end à leur cabinet. Quelques  villes assurent une permanence des soins le  week - end en un lieu centralisé avec accès à  un plateau technique.

L’organisation dans la tenue du dossier  a été facilitée par l’informatisation et le  développement des systèmes de messagerie  sécurisée dans plusieurs régions. La nouvelle  convention a prévu un système de rémunération  pour ces investissements. L’AFPA propose un  logiciel dédié spécifiquement à la pédiatrie  permettant de participer à des études de  recherche clinique.

 Le contexte de l’exercice se traduit par  quelques chiffres :
- La densité des pédiatres en France  (1 pédiatre libéral pour 4348 enfants  (extrême selon les régions 1 pour 2867  à 1 pour 9091) est inférieure à celle  de la plupart des pays européens (en  moyenne 1 pédiatre pour 2191 enfants,  (extrême 1 pédiatre pour 1149 à 1 pour  2857) l’activité moyenne est de 3682  actes par an par pédiatres (4200 pour  les pédiatres en activité exclusive) avec  97% d’actes cliniques, 3 % d’actes techniques  (vu, audition, cognition, allergologie,  EFR, etc.), le nombre d’actes techniques  est en augmentation et continuera  à croître dans les années à venir avec  l’évolution de la pratique ;
- 52% des consultations concernent les  enfants de 2 ans et moins. Les pédiatres  suivent les enfants et adolescents  jusqu’à 18 ans, à un rythme plus espacé ;
- Le revenu moyen en 2009 est de 62 259 €  en secteur 1 et de 78 685 € en secteur 2 ;
- 2/3 des pédiatres exercent en « S1 » et 1/3  en « S2 », 6 764 pédiatres sont inscrits à  l’ordre en France en 2011 (+139) ;
- 22% ont 55 ans ou plus ;
- 2 563 libéraux (38 %) dont 1 665 exclusifs  et 898 mixtes (+ 7 %) ;
- 4 201 salariés (62%) : + 13 % en 5 ans avec  une saturation proche des postes hospitaliers)  ;
- 8 % sont remplaçants (les pédiatres sont  en 3ème position après les médecins généralistes  et les radiologues)
- Le temps de travail moyen pour un  spécialiste en exercice libéral est de 55  heures pour les hommes et 42h30 pour  les femmes.

Comment se préparer à l’installation :
En attendant le stage en pédiatrie ambulatoire  qui permettra, pendant le cursus, de connaître  toute sa dimension humaine et son intérêt  dans un vrai compagnonnage, le remplacement  peut donner une idée de cet exercice.

Les jeunes pédiatres hospitaliers qui font des  remplacements découvrent le métier que nous  faisons, et sont souvent surpris de la variété  et des possibilités qu’offre la pratique de ville.

Pour en savoir plus, le site de l’« Union  Régional des Professionnels de Santés »  (URPS Médecin) permet d’avoir toutes les  informations nécessaires sur le remplacement  et les différents type d’installation (http://  www.soignereniledefrance.org).

Pour être recevable, la candidature d’un  médecin doit répondre à certains critères :

- Le remplaçant peut être étudiant ou  déjà « Docteur en Médecine » et doit  être qualifié dans la même discipline que  le remplacé ;
- L’étudiant doit être titulaire d’une licence  de remplacement délivrée par  le Conseil de l’Ordre dont dépend sa  faculté. Il doit justifier qu’il est inscrit  en 3éme cycle des études médicales,  qu’il a validé le nombre de semestres  requis dans sa spécialité (attestation  du coordinateur de la spécialité). Il doit  produire une attestation de situation  universitaire délivrée par sa faculté et  avoir rempli un questionnaire fourni par  le « Conseil Départemental de l’Ordre »  (http://www.conseil-national.medecin.  fr/article/les-remplacements-461).

Les étudiants peuvent participer aux soirées de « Formation Médicale Continue », proposées  par les amicales et groupements, ce qui peut leur permettre de rencontrer les pédiatres  installés. Ils sont également bienvenus  dans les congrès organisés par les sociétés nationales  AFPA et SFP.

La pédiatrie libérale a un avenir. La convention  et la loi ont conforté la place du pédiatre  en préservant l’accès direct pour l’enfant de  moins de 16 ans, permettant au pédiatre de  rester positionné en 1er et 2éme recours dans  la prise en charge de la santé de l’enfant. Les  liens avec les PMI, la médecine scolaire et l’hôpital  s’améliorent en partie grâce aux réseaux  qui permettent à chacun de connaître la complémentarité  de chaque exercice et au travail  des instances pédiatriques nationales.

L’augmentation du nombre de DES, passé  de 196 en 2007 à 297 cette année, devrait  permettre l’amélioration de la démographie  des pédiatres libéraux dans les prochaines  années et le remplacement des nombreux  pédiatres qui vont partir à la retraite dans les  10 ans à venir.

 En conclusion.
Un des grand plaisir de la pédiatrie ambulatoire  est de voir grandir les enfants en leur permettant  d’exprimer au mieux leurs capacités  et d’accompagner les parents de la naissance  à l’adolescence sur le chemin de la croissance  et de la structuration de la personnalité.
Cet exercice quotidien est rendu possible par  la connaissance des pathologies et de leurs  répercussions, des différentes étapes du  développement, de ce qui est important dans  l’environnement pour qu’il s’effectue au mieux.  Ce plaisir est à peine entamé par les tracas  administratifs inhérents à toutes les pratiques  médicales actuelles et moins nombreux en  pédiatrie qu’en médecine générale.

Quelques sites :
http://www.afpa.org/
http://www.sfpediatrie.com/
http://www.snpf.fr/
www.repop.fr

Patricia LUBELSKI
Sylvie HUBINOIS
Article paru dans la revue “Association des Juniors en Pédiatrie” / AJP n°04

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