Paroles à L'outre-Mer : Hôpital Universitaire de Gynécologie Obstétrique de Befelatanana - Madagascar

Publié le 1652732217000


 
Réalités et perspectives

L’Hôpital Universitaire de Gynécologie Obstétrique de Befelatanana (HUGOB) est une maternité publique de niveau 3, centre de référence national dans le système de santé malgache. Construit en 1958, il est situé en centre ville d’Antananarivo - Madagascar.

L’HUGOB comporte six services dont un service d’obstétrique, de gynécologie, de néonatalogie, d’anesthésie-réanimation, d’imagerie, de biologie et de santé de la reproduction. L’hôpital fonctionne avec 53 médecins dont 24 spécialistes (9 gynécologues obstétriciens, 5 réanimateurs, 3 pédiatres, 5 échographistes, 1 urgentiste, 2 biologistes), 29 généralistes, 98 paramédicaux, 33 personnels administratifs, 55 agents d’appui et dispose de 242 lits.

En 2012, le nombre moyen d’accouchements s’élevait à 9200 soit une vingtaine d’accouchements par jour. Les soins dans les hôpitaux publics sont gratuits mais les patients rencontrent des difficultés dans l’achat des médicaments. Le plus souvent, les patientes se trouvent déjà dans une situation critique une fois arrivées à l’hôpital.
À Madagascar, le taux de mortalité des femmes à l’accouchement reste encore élevé (498 décès pour 100 000 naissances vivantes) selon l’Enquête Démographique de la Santé 2008-2009, 10 femmes meurent par jour suite à des complications lors de l’accouchement. Le recours à l’avortement provoqué reste le facteur important de mortalité maternelle. En outre, la réticence des femmes à accoucher en milieu hospitalier (68 % accouchent à domicile), et l’absence de suivi prénatal contribuent à l’augmentation du taux de mortalité maternelle dans le pays.

Un chiffre encore très alarmant malgré les différents efforts déployés par plusieurs organismes nationaux et internationaux dans le cadre de la réduction de la mortalité maternelle pour atteindre l’objectif 5 du millénaire pour le développement, axés essentiellement sur trois composantes : le planning familial, l’accouchement assisté par des personnels qualifiés et la prise en charge en cas de situation ayant besoin d’une intervention chirurgicale.

Trois femmes sur cinq, soit 76 % ont un problème majeur d’accès aux soins à Madagascar et même dans un grand centre comme l’HUGOB, les personnels médicaux et paramédicaux sont en nombre insuffisant, les matériaux vétustes, les médicaments et l’offre de soins inaccessibles à certaines couches sociales, le retard à la prise en charge et de diagnostic, et l’évacuation sanitaire constituent un frein à la prise en charge des patientes.

Effectuer un stage dans un CHU comme celui de Bordeaux est un grand atout pour les étudiants malgaches, nous permettant de mettre à jour nos connaissances tant sur le plan théorique que pratique, de travailler dans un plateau technique plus avancé que ceux rencontrés dans les pays en développement. Nos soucis seraient d’adapter les acquis aux contextes locaux au retour dans notre pays. Les systèmes de santé sont différents, d’une part le système français avec la sécurité sociale et la gratuité des soins avec une tendance au gaspillage et d’autre part le système malgache où chacun se prend en charge ce qui limite les prescriptions des médecins, seuls les actes strictement nécessaires sont faisables, et en travaillant avec le minimum de matériels et maximum de gestes.

Maminirina Sonia FENOMANANA
FFI en gynécologie,

Maternité CHU Pellegrin
Article paru dans la revue “Association des Gynécologues Obstétriciens en Formation” / AGOF n°07

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