Neuroradiologie : Tour de France des Surspécialités

Publié le 1652708339000


Pourquoi choisir votre surspécialité ?
C’est évidemment la plus belle des surspécialités ! C’est celle qui offre la plus grande richesse sémiologique. Il y a surtout une corrélation anatomo-clinico-radiologique unique : on sait ainsi où chercher une lésion avec précision, car une lésion dans le lobe pariétal droit, dans le thalamus gauche ou dans le tronc cérébral n’auront pas du tout la même clinique. De plus, iI y a un éventail très large de pathologies avec à ma connaissance la plus grande variation des étiologies des maladies, que l’on ne trouvera sans doute pas dans les autres surspécialités : Au-delà du classique tumoral, inflammatoire ou infectieux, nous avons d’innombrables pathologies vasculaires - ischémique et hémorragiques - métaboliques ou encore neurodégénératives… La variété vient aussi de la couverture dans l’ensemble de la sphère tête / cou / orbites, mais aussi de tous les âges de la vie, depuis le diagnostic anténatal jusqu’à un âge (très) avancé, allant jusqu’à celui de la mort cérébrale. Enfin, il y a bien sûr la possibilité de faire à la fois du diagnostic et de l’interventionnel, notamment avec l’essor de la thrombectomie. 

Quelles seront les grandes lignes du programme en phase de consolidation ?
Je vous réfère à l’e-learning de phase de consolidation du CERF, en notant que le programme est très différent entre neuroradiologie diagnostique et interventionnelle en phase de consolidation.

Quelles sont les futures techniques d’imagerie en diagnostic et en interventionnel ?
Depuis le développement de l’IRM, il n’y a pas eu de nouvelle technique d’imagerie utilisée par les radiologues à travers le monde, à ma connaissance… Le scanner et l’IRM restent et resteront les techniques principales pour les années à venir. Quant à l’interventionnel, il y a une innovation constante, avec de nouveaux matériels qui sont mis au point tous les ans… 

En quoi consistera le métier de demain dans votre surspécialité ?
On va continuer à lire des scanners et des IRM et j’espère que l’on continuera de voir les malades. Si la téléradiologie peut faire partie du futur, il me semble très important de rester à proximité des patients, et des correspondants cliniciens. L’éloignement risque de nous faire disparaitre. Quant à la place de l’intelligence artificielle, je pense qu’elle aidera surtout les autres disciplines, les cliniciens, notamment dans les sites où il n’y aura plus - ou moins - de radiologues. On peut bien sûr imaginer que l’IA aidera le neuroradiologue pour la pathologie commune et fréquente (SEP, AVC, etc.) mais il devra rester expert dans son domaine.

Quels sont pour vous les débouchés de votre surspécialité dans le public ? Le privé ?
Le mixte ? L’universitaire ?
Les débouchés en neuroradiologie sont très nombreux, tout comme dans toutes les surspécialités radiologiques à mon sens, puisque la démographie des médecins-radiologues est catastrophique. En région Occitanie par exemple, dans les années qui viennent, elle ne permettra le renouvellement que d’un départ en retraite sur 3. Les postes seront donc très nombreux, offrant accès à toutes les possibilités d’exercice. J’ai peur qu’il y ait d’ailleurs plus de postes que de candidats pour les carrières universitaires. L’exercice exclusif de la neuroradiologie en libéral est possible et existe concrètement à Toulouse par exemple, mais se fait plutôt en groupe, dans une grosse structure. Le volume d’examens (et d’examens normaux notamment) peut y être très important, ainsi que la rémunération qui va avec. Dans le public et en CHU, on concentrera les dossiers les plus difficiles et intéressants. Les centres de référence abondent de dossiers et de cas rares.

Article paru dans la revue “Union Nationale des Internes et Jeunes Radiologues” / UNIR N°43

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