Mot d’une interne en option psychiatrie de la personne âgée

Publié le 1653632330000

 

Depuis 2017 et la réforme du 3è cycle des études médicales, cette nouvelle option est accessible aux internes. En cours d’évolution, la maquette comprend deux stages de psychiatrie de la personne âgée, un stage à orientation gériatrique et un stage à valence psychiatrie de la personne âgée en plus du cursus de psychiatrie adulte. Les premiers internes à valider ce cursus ont validé leur thèse en 2021 et termineront leur internat en 2022. Ceci avec la question de l’attractivité toujours au premier plan.

Solitude, ennui, placement en EHPAD sans accord du patient, troubles psycho-comportementaux de la démence, psychopharmacologie obscure, fatalité du vieillissement et de la tristesse, deuils multiples, voici des thèmes qui reviennent quand on parle de psychiatrie de la personne âgée à nos co-internes non encore convertis. Malgré ces représentations, ces craintes, des internes sont intéressés par l’option psychiatrie de la personne âgée. Souvent, on observe un engagement dans cette option après un premier stage, durant lequel la richesse et la diversité de la prise en charge des personnes âgées auront convaincu l’interne. La plupart des enquêtes à l’étranger sur le travail en PPA et son attractivité mettent en avant la diversité, la transversalité et la complexité de cette discipline. Des notions solides autour des maladies neurodégénératives, sans être au niveau du neurologue, sont importantes à acquérir, idem pour la gériatrie.

Le recrutement reste délicat. Là où beaucoup d’unités de pédopsychiatrie, d’addictologie, de psychiatrie adulte, ont des difficultés à recruter des psychiatres sur des postes vacants. En psychiatrie de la personne âgée, certains secteurs n’ont aucun dispositif en place. Un objectif de formation d’un nombre suffisant d’internes est nécessaire pour couvrir les besoins du territoire. Afin de mettre en lien les internes de psychiatrie de la personne âgée et leur permettre de partager autour de leur formation, organiser leur maquette, une nouvelle association a vu le jour en 2019 : l’ANIPPA. Des internes ont ainsi pu compléter leur maquette au sein de différentes régions. Des cours sont aussi régulièrement partagés avec l’aide des enseignants de PPA. De cette façon, il est possible de favoriser un travail commun entre enseignants de PPA et futurs psychiatres de PPA.

L’âgisme est aussi un frein au développement des soins des personnes âgées. Après plus d’une année de pandémie où les personnes âgées ont été parmi les populations les plus touchées, il en est actuellement peu question dans les médias. La solitude durant les confinements, même en EHPAD, a été un sujet de préoccupations. Sur les réseaux sociaux des vidéos et photos de retrouvailles entre générations d’une même famille ont été largement partagées. Pourtant lors des liaisons en EHPAD, des visites à domicile, le ressenti des principaux concernés ne va pas dans le sens d’un intérêt augmenté pour la personne âgée, pour une réflexion sur les enjeux du vieillissement.

Dans ce contexte, une nouvelle réforme est en cours qui permettra une inscription à l’option plus tardive dans le cursus. En espérant que l’accès aux stages sera renforcé pour permettre aux maximums d’internes de découvrir ce domaine de la psychiatrie.

Ilia HUMBERT
Interne en Psychiatrie

Présidente de l'AFFEP
Vanessa PAGEOT
Pour l'AFFEP

Article paru dans la revue “Association Française Fédérative des Etudiants en Psychiatrie ” / AFFEP n°29

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