Mot d’un interne en FST sommeil

Publié le 27 May 2022 à 08:15
#Psychiatre de l'enfant et de l'adolescent

 

Le sommeil et la psychiatrie, un lien pas évident à faire ?

Et pourtant…
Quand on parle Rêve on pense immanquablement à notre cher Sigmund Freud qui a consacré une bonne partie de sa vie à l’étude et à l’interprétation de la vie onirique de ses patients.

Au-delà de cet aspect, certes fascinant et qui continue à intéresser les Somnologues d’aujourd’hui ; le monde du sommeil est à la croisée des chemins de la psychiatrie, de la neurologie, de la pneumologie, de l’ORL et de multiples autres spécialités.

Comment me direz-vous, et bien tout simplement par la diversité des pathologies rencontrées allant de la simple apnée du sommeil (SAOS) aux parasomnies les plus complexes en passant par la narcolepsie,l’hypersomnie idiopathique ou encore le syndrome des jambes sans repos

Enfin, c’est aussi un excellent terrain de jeu pour les jeunes chercheurs, le sommeil restant actuellement un des domaines les plus mystérieux et surtout les plus importants de notre vie : nous passons quasiment 1/3 de notre vie à dormir !

Les projets de recherche sont ainsi nombreux et florissants et les bourses pour les réaliser très accessibles.
La maquette de la FST comporte deux stages en centre du sommeil d’une durée de 6 mois chacun.

Les projets de recherche sont ainsi nombreux et florissants et les bourses pour les réaliser très accessibles. La maquette de la FST comporte deux stages en centre du sommeil d’une durée de 6 mois chacun.

Pour exemple, à Grenoble, le laboratoire est principalement dirigé par des pneumologues et est également centre de référence dans la prise en charge du syndrome d’apnées du sommeil (SAOS). Et pour autant en tant que jeune interne de psychiatrie j’y ai été très bien accueilli et ai pu me confronter à toutes les pathologies du sommeil.

Une journée type en sommeil commence généralement par la lecture des polysomnographies de la nuit (PSG, pour les intimes et rien à voir avec un club de foot parisien pour les petits rigolos). En gros, chaque laboratoire enregistre chaque nuit 4 à 8 patients selon les centres, qui sont équipés d’un dispositif permettant d’enregistrer l’EEG, la FC, la saturation, les mouvements de jambe et bien sûr sont filmés en permanence au cours de la nuit…
L’après-midi est dévolue aux futures entrées de la nuit et/ou à la consultation en fonction des jours.
Les infirmiers sont très aidants dans la lecture des PSG le matin et équipent les patients pour la nuit lors des entrées de fin d’après-midi.

Enfin, concernant les débouchés ; si le sommeil est vraiment votre « dada » (comme moi) des postes sont disponibles pour s’y consacrer à plein temps. Ce sont majoritairement des postes de physiologie mais dans lesquels vous garderez bien sûr votre qualification et vos compétences de psychiatre.

De même, en privé, de plus en plus de laboratoires de sommeil voient le jour et il est possible d’y travailler à mi-temps ou à temps complet, d’y développer des consultations de psychiatrie orientées vers le sommeil (TCC insomnie par exemple).

En somme vous l’aurez compris, si vous aimez l’interdisciplinarité, la recherche et que vous avez envie de vous investir dans un domaine fascinant où vos qualités de psychiatre seront valorisées, n’attendez pas que Morphée vous prenne dans ses bras pour y songer, choisissez le sommeil dès aujourd’hui !

Antoine JAFFIOL
Docteur junior en psychiatrie/médecine du sommeil

Hôpital Femme/Mère Enfant de Lyon
VP Partenariats AFFEP

Article paru dans la revue “Association Française Fédérative des Etudiants en Psychiatrie ” / AFFEP n°29

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