Livre blanc 2018 pour la STSS

Publié le 11 May 2022 à 18:31
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#Recrutement
#TempsDeTravail
#Management
#Coordination
#Médecin Polyvalent

L’ambition a été clairement affichée par le  Gouvernement : ouvrir l’ensemble des dossiers et  proposer une refonte ambitieuse du système de  santé pour répondre à 5 prérogatives :

  1. Améliorer la qualité et la pertinence des soins ;
  2. Revoir le financement et la régulation des financements pour valoriser plus efficacement les bonnes pratiques et promouvoir l’innovation ;
  3. Numériser la santé ;
  4. Améliorer la formation d’un point de vue humain et retracer les lignes des métiers de la santé ;
  5. Promouvoir l’accès aux soins sur le territoire.

Face à ce défi, le bureau de l’ISNI a voulu un diagnostic  des dysfonctionnements quotidiens du système  de santé actuel. Petit aperçu d’une proposition  d’ordonnance pour demain…

Territorialité et démographie
Sortons des propositions démagogiques de coercition,  les déserts médicaux sont partout (cf. la carte  de l’Île-de-France ou des Pays de la Loire). 25 %  des postes de Praticiens hospitaliers ne sont par  pourvus !

Or, les besoins réels ne sont actuellement pas  connus. Il n’existe pas de carte, ni définition spécialité  par spécialité, des besoins en personnel. Il faut  commencer par définir les objectifs en fonction  de la qualité des soins attendus sur le territoire  (par exemples, une maternité de niveau 1 à moins  x temps ; ou le délai d’attente normal attendu pour une consultation programmée chez le cardiologue…).

Le cas échéant cela veut dire ouvrir les  capacités de formation et y mettre les moyens.  Ces critères doivent permettre de se fixer des objectifs  à 10 ans de retour à l’équilibre, territoire  par territoire, filière de soins par filière de soins.

Il paraît évident que personne n’ira s’installer dans  un territoire qu’il ne connait pas dans un exercice pour lequel il n’a pas été formé. En ce sens, les  stages chez les praticiens libéraux ou dans le  privé doivent être généralisés à l’ensemble des  spécialités. Les externes en font aussi la demande.  Le cas échéant, il faut prévoir des internats ruraux  de qualité. Un minimum de formation à la gestion  d’un cabinet ne serait pas non plus de trop.

Pertinence et proximité
Les ordonnances Debré qui centralisent la médecine  française autour des CHU doivent être revues.  Il faut savoir créer des filières de soins territoriales  nivelées en niveaux de recours de l’ambulatoire  à la médecine de pointe. Cela implique que  l’ensemble des praticiens doivent se connaître  et travailler ensemble. On ne peut plus continuer  à penser la médecine en autarcie dans son service  ou son cabinet. Cela implique la création de postes  de praticiens territoriaux et de managers médicaux  et paramédicaux de filières au-dessus des  services. Cette organisation par niveau de compétence  doit pouvoir être identifiée par tous via une  plateforme nationale numérique.

Enseignement et recherche en santé
Tous les hôpitaux peuvent avoir des prérogatives  d’enseignement et de recherche. La distinction  CH/CHU n’est, de fait, plus pertinent. Des enseignants  libéraux doivent pouvoir émerger dans  toutes les spécialités : « Mettre de l’universitaire  partout où il y a de la santé. ».

La fonction d’enseignement doit sortir de la triple valence enseignement-recherche-pratique.  Elle doit pouvoir se faire en bivalence sur du temps  contractualisé et formalisé avec l’université potentiellement  sur des contrats à terme. Idem pour  le post-internat.

Il faut développer une recherche de la médecine  de terrain : recherche en pédagogie médico-paramédicale,  recherche en soins extrahospitaliers,  formation et recherche autour de la DATA en médecine,  formation au management médicale et à  la coordination des soins. Ces départements de  recherche doivent être ouverts au monde paramédical  et à la société.

Corriger le système de financement
« Pour redonner du sens à leur engagement quotidien,  les professionnels ont besoin de reconnaissance  sociale, que leur travail soit valorisé à sa  juste hauteur, et que leur service ait les moyens de  soins de qualité sans que ce soit au détriment des  soignants. ».

La valeur de la ressource médicale et paramédicale  étant le temps donné aux patients, ainsi que le niveau  du recours dans un parcours gradué, il serait  donc logique que ceux-ci soient l’indicateur principal  de facturation. De plus, la consultation de base  doit être de 50 euros.

A l’hôpital, une ligne de financement claire est  indispensable. Tous les soins de support doivent  être valorisés : rééducation, prise en charge sociale,  éducation thérapeutique, etc.

Le temps de travail des médecins et universitaires  doit être mieux contractualisé. Les internes  doivent pouvoir se voir payer leur temps additionnel.  De manière générale, la permanence des soins  médicale et paramédicale doit être défiscalisée.

Se doter des outils du 21ème siècle
Le message est simple, le Dossier médical n’a que  trop trainé. Il n’est pas normal que les libéraux  soient les otages de logiciels métiers qui ne se  parlent pas entre eux et que les hôpitaux fonctionnent  sur des systèmes informatiques en vase  clos. A l’heure de la DATA et du mouvement géographique  des patients, nous ne pouvons plus travailler  de cette façon.
Si nous ne proposons rien alors la démagogie l’emportera.

Participez au débat en rejoignant votre association  de ville ou de spécialité !

Retrouvez le livre blanc de l’ISNI sur notre site :
http://www.isni.fr/wp-content/uploads/2018/06/LIVRE_BLANC_ISNI_201805.pdf

Article paru dans la revue “Le magazine de l’InterSyndicale Nationale des Internes” / ISNI N°20

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