Les mediations autour des IFP

Publié le 1651669108000


Psychomotricité pratique : la TGE (Technique Graphique d’Extension)

On le sait bien, les Toulousains ne font pas tout comme les autres, ils mangent des chocolatines au petitdéjeuner et mettent leurs achats dans des poches… En TD, les étudiants en psychomotricité en 2ème année à Toulouse abordent une pratique peu répandue : la TGE.

Origine
Inspirée de la méthode Martenot, la Technique Graphique d’Extension ou TGE a été mise au point par Bernard Coustès, enseignant à l’école de psychomotricité de Toulouse, en 1993. Son objectif était de rééduquer la dysgraphie au moyen d’une régulation tonique.

Mais qu’est-ce que c’est ?
Prenez une salle avec un grand tableau noir, ou un pan de mur recouvert de peinture ardoise, des craies de toutes longueurs et couleurs, et des étudiants en psychomotricité (ou des sujets en rééducation). Pour commencer, après un petit échauffement, il s’agira d’apprendre à tracer des formes simples, avec un certain nombre de contraintes posturales. Par exemple, pour tracer un cercle : la craie est maintenue avec le pouce contre les autres doigts en extension, le sujet se place de côté par rapport au tableau, il lance le bras vers l’avant (antépulsion) et trace le cercle par une rotation complète de l’épaule tandis que le poignet et le coude sont verrouillés en extension. Pour parfaire le résultat, il faut ajuster les paramètres de distance et d’orientation par rapport au tableau et bien contrôler sa posture. Selon le même principe, on apprendra à tracer deux cercles, face au tableau, une craie dans chaque main. D’autres exercices font travailler sur des lignes droites, à l’horizontale ou à la verticale, en essayant de les étendre au maximum, ou sur de petits traits explosifs partant d’un point central. Pour terminer, après l’apprentissage de quelques techniques, la place est laissée à la créativité avec la « recherche des herbes folles » : chacun explore, d’abord pour le plaisir du mouvement et du rythme, puis essaie d’organiser sa production dans un objectif esthétique.

Intérêt en psychomotricité
La TGE permet un travail sur le tonus, le rythme et l’espace. Il ne s’agit pas d’une technique de rééducation de l’écriture à proprement parler, mais peut constituer une première approche (organisation dans un espace graphique). L’intérêt particulier de cette méthode est que le mouvement laisse une trace, qui peut servir de feedback au sujet, et peut être analysée par le psychomotricien.

D’après notre formatrice, les enfants adhèrent bien à la technique en rééducation, car ils peuvent assez rapidement parvenir à des productions qui leur plaisent.

Pour en savoir plus

Giromini, F., Albaret, J-M., Scialom, P. (2015). Manuel d’enseignement de psychomotricité, Tome 2 – Méthodes et techniques (p342-353,) Paris : De Boeck Solal. Coustes, B. (1993). De l’utilisation de la technique graphique d’extension (T.G.E.) dans la rééducation des dysgraphies. Evolutions psychomotrices, n°22, p35-39.

La sophrologie, application au quotidien
La sophrologie pourrait se définir comme une technique dont les 3 piliers sont la relaxation dynamique, la visualisation et la respiration ; et les trois principes : le schéma corporel comme réalité vécue, la réalité objective et l’anticipation positive. Évidemment, elle ne se limite pas à ces quelques mots, et nous le savons vu que nous avons la chance de pouvoir l’expérimenter en travaux pratiques.

Mais sinon, après avoir posé cette présentation très théorique et très pompeuse, la sophrologie ça sert à quoi ? Concrètement, dans la vie de tous les jours ? Évidemment, les bénéfices des séances (qui invitent à développer sa conscience corporelle – on sait que ça fait du bien) sont nombreux, et peuvent intervenir dans de nombreux champs comme la concentration, la qualité du sommeil, la gestion du stress, l’estime et la confiance en soi.

Mais elle ne se limite pas à cela. Par cet article, je souhaiterais vous inviter à pousser les portes des salles de TD et laisser votre expérience en sophrologie s’inviter dans votre vie de tous les jours et devenir des adeptes de la « sophro-minute ». J’aimerais vous présenter quelques techniques qui peuvent s’immiscer dans votre quotidien. Et puisque nous sommes de futurs professionnels, je vous donne même le nom des techniques en jargon de sophrologue, comme ça vous pourrez avoir le plaisir de profiter des bienfaits de la sophrologie, tout en pouvant crâner. Et ça, ça n’a pas de prix.

Sophro Présence du Positif (SPP) ou somatisation du positif
S’il est possible de souffrir d’une maladie psychosomatique, il est également possible de rayonner de bien-être psychosomatique. Cette technique permet donc de somatiser consciemment du positif. Elle se fait en respiration synchronique (un temps d’inspiration, de rétention d’air et d’expiration). Inspiration : présence à ma conscience de mon évocation positive.

Rétention d’air : légère contraction de l’ensemble du corps, présence à ma conscience de mon évocation positive. Expiration : je relâche mes muscles et diffuse le positif dans tout mon corps.

Un moment de joie, un éclat de rire, un joli paysage ? Corporalisezle ! Vous pouvez également le faire en respiration libre, en vous aidant de vos inspirations et de vos expirations pour présentifier le positif.

Sophro Déplacement du Négatif (SDN) ou mise au dehors
Cette technique vise à extérioriser quelque chose qui vous gêne, au niveau corporel, émotionnel ou mental. Elle se fait en respiration synchronique. Inspiration.

Rétention d’air : légère contraction de l’ensemble du corps, présence à ma conscience de ce que je veux mettre au dehors. Expiration : je relâche mes muscles et je me débarrasse de ce qui me gêne en l’envoyant au loin grâce à mon souffle.

Le stress des partiels, une douleur après avoir cogné votre petit orteil ? Extériorisez-le ! Certains proposent également d’imaginer que le souffle de l’expiration est noir ou gris.

Jacobson ou tension/détente
cette technique vise à prendre conscience de son corps dans la contraction ainsi que dans la détente. En respiration synchronique généralement mais elle peut aussi se faire en respiration libre. Inspiration. Rétention : légère contraction dans l’ensemble de mon corps, ou bien d’une zone en particulier Expiration : je relâche.

Vous vous sentez crispé ? Vos épaules sont constamment relevées ? Utilisez cet exercice pour vous détendre !

La Sophro Protection liminale du sommeil (SPLS) ou technique de détente
On peut piocher une petite technique dans la séance d’origine qui est très riche ! Cela peut se faire en respiration libre, en respiration synchronique ou en respiration en carré par exemple, c’est-à-dire avec un temps d’inspiration, un temps de rétention d’air, un temps d’expiration et un temps d’apnée. 

1) Associez à vos inspirations un mot ou une image qui vous évoque le calme, la détente. Ne pensez à rien de particulier sur les temps d’expiration
2) Associez à vos expirations un autre mot ou une autre image qui vous évoque les mêmes choses. Ne pensez à rien de particulier sur les temps d’inspiration
3) Associez vos évocations à la fois sur l’inspiration et sur l’expiration. Pensez à cette technique les soirs où le sommeil a du mal à venir ! Ou pour faire un sommeil flash entre midi et deux …

Exercice des narines Alternées
c’est un exercice tiré du yoga. Il se fait généralement en position assise, les coudes appuyés sur les cuisses et le dos penché en avant. Il s’agit de poser son index entre les deux yeux tout en laissant le pouce à proximité d’une narine et le majeur à proximité de l’autre narine. On va jouer avec l’ouverture et la fermeture des narines de la manière suivante : 
1) Obturez une narine avec le pouce et expirez par la narine libre. Puis inspirez par cette même narine.
 2) À la fin de votre inspiration, obturez votre narine avec le majeur et libérez l’autre narine en enlevant votre pouce. Expirez par la narine libre. Inspirez par la même narine
3) Après votre inspiration, obturez votre narine avec le pouce et libérez l’autre en enlevant le majeur. Expirez par la narine libre. Inspirez par la même narine. À répéter plusieurs fois. Marre des révisions ? Ou peut-être de votre maître de stage… Faites une pause d’une minute de narines alternées !

Voilà quelques « petits trucs » à appliquer au quotidien. Bien sûr, il y en a d’autres, mais c’est déjà un début ! A utiliser sans modération, avec les yeux ouverts ou fermés. On notera juste que la respiration synchronique est fortement déconseillée pour les femmes enceintes. Je vous souhaite de belles vacances pleines de sophro !

La méthode Dalcroze
Emile Jacques-Delacroze est un compositeur, musicien et pédagogue, né à Vienne en 1865. Il est le créateur d’une méthode unique, en lien avec notre future profession et la thérapie en général. : La méthode Dalcroze.

Cette méthode fut et reste une vision neuve et révolutionnaire de l’apprentissage musical. Elle se base sur la perception corporelle et sur la rythmique pour apprendre le mouvement musical au sens d’une partition, à travers le mouvement corporel.

La méthode permet l’expérimentation de la création physique avec comme « matières » l’espace, le temps et l’énergie musicale. A travers cette performance réalisée par le corps, une prise de conscience de soi et des autres se dégage. Le corps en action devient alors méthode d’apprentissage.

A l’ISRP, les ateliers Rythme du corps de première année sont basés sur cette méthode. Grâce aux mouvements naturels tels que la marche dans une salle, nous cherchons tout d’abords à réveiller nos muscles. Puis, petit à petit nous cherchons à caler nos pas sur le rythme de la musique qui se joue dans la salle afin de vivre entièrement la musique qui se joue. Chacun se crée alors une image mental de cette dernière. On tente de dessiner mentalement la musique, de se l’approprier et de transposer chaque note en geste corporel. L’impact de notre poids sur le sol, durant toute la séance, nous aide à :

  • Prendre conscience de la métrique.
  • Chercher la tension musculaire ou au contraire nous relaxer, pour plus d’ampleur.
  • Prendre conscience de l’espace sonore, de l’espace du corps

Toute la motricité est donc monopolisée. De multiples partitions corporelles/ chorégraphies sont alors possibles, seul ou à plusieurs, dans l’espace proposé. La musique, alors lue par tout le corps, devient limpide, plus facile à assimiler, à apprendre.

L’attention, la concentration et la mémoire sont fortement réquisitionnées lors de cette pratique. La thérapie est alors à sa place lorsqu’elle emprunte le « chemin Dalcroze » puisqu’elle mobilise et sensibilise l’individu et lui permet d’être en accord avec lui-même.

Le plaisir se mêle à la rigueur, le jeu à l’exigence, le désir au mouvement. L’Harmonie avec un grand H. Une méthode malheureusement peu connue des IFP, alors à étudier et à vivre sans aucune modération !

Victoria Songy
1ère année ISRP Marseille

Article paru dans la revue “Bulles de psychomot’” /ANEP n°6

L'accès à cet article est GRATUIT, mais il est restreint aux membres RESEAU PRO SANTE

Publié le 1651669108000